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arcaneslyriques
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Cercle littéraire "Arcanes Lyriques" retranscription des réunions.
Catégorie :
Blog Littérature
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13.07.2007
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MALHORNE

Publié le 23/04/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
MALHORNE
Malhorne


Malhorne est une tétralogie écrite par Jérôme Camut et parue aux éditions Bragelonne entre 2004 et 2006. Elle mêle plusieurs styles, dont le roman historique, le thriller, le fantastique et la science fiction (avec super-héros), voire même la mythologie sumérienne.


Voici les noms des 4 tomes :

Malhorne – Livre 1 - Le Trait d’union des mondes (2004)

Malhorne – Livre 2 – Les eaux d’Aratta (2004)

Malhorne – Livre 3 – Anasdahala (2005)

Malhorne – Livre 4 – La Matière des songes (2006)


Jérôme Camut, l’auteur


Jérôme Camut est né en 1968 à Rueil-Malmaison (92). Il a grandi à Angoulême avant de revenir en région parisienne pour entrer à l’école de réalisation audiovisuelle de Paris. Il vit aujourd’hui à Paris où il écrit des scénarios pour le cinéma et la télévision. Malhorne, qu’il a commencé à écrire en 1997, est son premier roman. Nathalie Hug l’a contacté en 2004, après avoir lu Malhorne, et ils sont, depuis, inséparables au point d’écrire ensemble.


Jérôme Camut a écrit, avec sa compagne, Nathalie Hug :

Les voies de l’Ombre - Tome 1 - Prédation (2006)

Les voies de l’Ombre - Tome 2 – Stigmate (2007)

Le Tome 3 va sortir en octobre 2008

Ce cycle est publié par les éditions Télémaque.


Jérôme Camut et Nathalie Hug ont également fait publier par les éditions Calman-Lévy :

Les éveillés (2008)


Malhorne, la tétralogie


Tout commence avec la découverte, par l’ethnologue Franklin Adamov, d’une statue en Amazonie. Elle représente un homme de type européen assis et armé d’une épée. Elle porte une signature : Malhorne. La datation est formelle : elle a été sculptée au 16e siècle. Or, à cette époque, aucun Européen n’avait encore posé le pied en Amérique du Sud… Une deuxième statue est repérée à l’autre bout du monde. Elle est identique à la première et date du 18e siècle. D’après les examens, elle a été sculptée par la même personne, mais, donc, à deux siècles d’intervalle… Ceci n’est que le premier des nombreux mystères abordés par la tétralogie Malhorne.


Les thèmes évoqués sont nombreux et semblent à première vue très éloignés les uns des autres : la réincarnation, la protection de l’environnement, la disparition de l’homme de Neandertal, l’inconscient collectif, etc.


L’histoire est riche en rebondissements. Chaque question trouve sa réponse et pose à son tour une ou plusieurs autres questions. Le lecteur avance d’un mystère à l’autre, sans se perdre malgré la complexité globale de l’histoire, grâce à la grande rigueur de sa construction. Tout concourt à ce qu’on n’ait plus envie de poser les livres avant de les avoir finis.


Jérôme Camut développe au fil des tomes une théorie globale qui répond à de nombreuses questions fondamentales que se posent l’homme et qui s’inscrivent dans l’espace et le temps.


Pour qualifier la série Malhorne en quelques mots, je dirais qu’elle est imaginative, dense, foisonnante, teintée d’humour caustique et même, sous une grosse couche de pessimisme, d’espoir.


Par contre, dans le premier tome, il m’a semblé que la psychologie des personnages était plutôt ténue et les dialogues assez superficiels. Mais je n’ai plus eu ce sentiment ensuite.


En tout cas, les thèmes traités, comme la réincarnation, la –plus que nécessaire- protection de l’environnement et la disparition de l’homme de Neandertal, voire même l’inconscient collectif m’ont toujours intéressés et la manière dont ils sont traités correspondent assez à mes propres points de vue. L’existence d’un personnage de type super-héros a également contribué à l’intérêt que l’histoire a suscité chez moi.


Bref, une tétralogie dont je recommande la lecture, car l’histoire est à la fois originale et passionnante.


Webographie


Site personnel de l’auteur et de Nathalie Hug :

http://www.jeromecamut.com/


Site de l’auteur lié au personnage Nemo de Malhorne :

http://www.nemo-onthenet.com/


Pages sur l’auteur et Malhorne sur le site de l’éditeur :

http://www.bragelonne.fr/auteurs.php?id_auteur=31


Interviews de l’auteur :

http://climaginaire.joueb.com/news/camut-jerome

http://www.lelitteraire.com/article2130.html

http://www.sfmag.net/article.php3?id_article=663


Rachel Gibert pour la réunion du 20 avril 2008



L'HISTOIRE DU FORGERON

Publié le 16/04/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
L'HISTOIRE DU FORGERON
L’histoire du forgeron


par Anatole LE BRAZ (1859-1926)


Fanch ar Floc’h était forgeron à Ploumilliau. Comme c’était un artisan modèle, il avait toujours plus de travail qu’il n’en pouvait exécuter. C’est ainsi qu’une certaine veille de Noël, il dit à sa femme après le souper :

– Il faudra que tu ailles seule à la messe de minuit avec les enfants : moi, je ne serai jamais prêt à t’accompagner : j’ai encore une paire de roues à ferrer que j’ai promis de livrer demain matin, sans faute et, lorsque j’aurai fini, c’est, ma foi, de mon lit que j’aurai surtout besoin.

À quoi sa femme répondit :

– Tâche au moins que la cloche de l’Élévation ne te trouve pas encore travaillant.

– Oh ! fit-il, à ce moment-là, j’aurai déjà la tête sur l’oreiller.

Et, sur ce, il retourna à son enclume, tandis que sa femme apprêtait les enfants et s’apprêtait elle-même pour se rendre au bourg, éloigné de près d’une lieue, afin d’y entendre la messe. Le temps était clair et avec un peu de givre. Quand la troupe s’ébranla, Fanch lui souhaita bien du plaisir.

– Nous prierons pour toi, dit la femme, mais souviens-toi, de ton côté, de ne pas dépasser l’heure sainte.

– Non, non. Tu peux être tranquille.

Il se mit à battre le fer avec ardeur, tout en sifflotant une chanson, comme c’était son habitude quand il voulait se donner du coeur à l’ouvrage. Le temps s’use vite lorsqu’on besogne ferme. Fanch ar Floc’h ne le sentit pas s’écouler. Puis, il faut croire que le bruit de son marteau sur l’enclume l’empêcha d’entendre la sonnerie lointaine des carillons de Noël, quoiqu’il eût ouvert tout exprès une des lucarnes de la forge. En tout cas, l’heure de l’Élévation était passée qu’il travaillait encore. Tout à coup, la porte grinça sur ses gonds.

Étonné, Fanch ar Floc’h demeura, le marteau suspendu, et regarda qui entrait.

– Salut ! dit une voix stridente.

– Salut ! répondit Fanch.

Et il dévisagea le visiteur, mais sans réussir à distinguer ses traits que les larges bords rabattus d’un chapeau de feutre rejetaient dans l’ombre.

C’était un homme de haute taille, le dos un peu voûté, habillé à la mode ancienne, avec une veste à longues basques et des braies nouées au-dessus du genou. Il reprit, après un court silence :

– J’ai vu de la lumière chez vous et je suis entré, car j’ai le plus pressant besoin de vos services.

– Sapristi ! dit Fanch, vous tombez mal, car j’ai encore à finir de ferrer cette roue et je ne veux pas, en bon chrétien, que la cloche de l’Élévation me surprenne au travail.

– Oh ! fit l’homme, avec un ricanement étrange, il y a plus d’un quart d’heure que la cloche de l’Élévation a tinté.

– Ce n’est pas Dieu possible ! s’écria le forgeron en laissant tomber son marteau.

– Si fait ! repartit l’inconnu. Ainsi, que vous travailliez un peu plus, un peu moins !... D’autant que ce n’est pas ce que j’ai à vous demander qui vous retardera beaucoup ; il ne s’agit que d’un clou à river.

En parlant de la sorte, il exhiba une large faux dont il avait jusqu’alors caché le fer derrière ses épaules, ne laissant apercevoir que le manche, que Fanch ar Floc’h avait au premier aspect pris pour un bâton.

– Voyez, continua-t-il, elle branle un peu : vous aurez vite fait de la consolider.

– Mon Dieu, oui ! Si ce n’est que cela, répondit Fanch, je veux bien.

L’homme s’exprimait, d’ailleurs, d’une voix impérieuse qui ne souffrait point de refus. Il posa lui-même le fer de la faux sur l’enclume.

– Eh ! mais il est emmanché à rebours, votre outil ! observa le forgeron. Le tranchant est en dehors ! Quel est le maladroit qui a fait ce bel ouvrage ?

– Ne vous inquiétez pas de cela, dit sévèrement l’homme. Il y a faux et faux. Laissez celle-ci comme elle est et contentez-vous de la bien fixer.

– À votre gré, marmonna Fanch ar Floc’h à qui le ton du personnage ne plaisait qu’à demi.

Et, en un tour de main, il eut rivé un autre clou à la place de celui qui manquait.

– Maintenant, je vais vous payer, dit l’homme.

– Oh ! ça ne vaut pas qu’on en parle.

– Si ! tout travail mérite salaire. Je ne vous donnerai pas d’argent, Fanch ar Floc’h, mais, ce qui a plus de prix que l’argent et que l’or : un bon avertissement. Allez vous coucher, pensez à votre fin et, lorsque votre femme rentrera, commandez-lui de retourner au bourg vous chercher un prêtre. Le travail que vous venez de faire pour moi est le dernier que vous ferez de votre vie. Kénavo ! (Au revoir.)

L’homme à la faux disparut. Déjà Fanch ar Floc’h sentait ses jambes se dérober sous lui : il n’eut que la force de gagner son lit où sa femme le trouva suant les angoisses de la mort.

– Retourne, lui dit-il, me chercher un prêtre.

Au chant de coq, il rendit l’âme, pour avoir forgé la faux de l’Ankou.




Anatole LE BRAZ, La légende de la mort
chez les Bretons armoricains, 1893.







LA PLEUREUSE

Publié le 09/04/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
LA PLEUREUSE
La Pleureuse

De Renée Vivien ( 1877-1909)

Elle vend aux passants ses larmes mercenaires,
Comme d'autres l'encens et l'odeur des baisers.
L'amour ne brûle plus dans ses yeux apaisés
Et sa robe a le pli rigide des suaires.

Son deuil impartial, à l'heure des sommeils,
Gémit sur les anciens aux paupières blêmies
Et sur le blanc repos des vierges endormies,
Avec la même angoisse et des gestes pareils.

Le vent des nuits d'hiver se lamente comme elle,
Pleurant sur les pervers et les purs tour à tour,
Car elle les confond dans un unique amour
Et verse à leur néant la douleur fraternelle.

Les jours n'apportent plus, dans leurs reflets mouvants,
Qu'un instant de parfum, de beauté, d'allégresse,
A son âme qu'un râle inexorable oppresse,
Lasse de la souffrance ardente des vivants.

Vers le soir, quand décroît l'odeur des ancolies
Et quand la luciole illumine les prés,
Elle s'étend parmi les morts qu'elle a pleurés,
Parmi les rois sanglants et les vierges pâlies.

Sous les cyprès qui semblent des flambeaux éteints,
Elle vient partager leur couche désirable,
Et l'ombre sans regrets des sépulcres l'accable
De sanglots oubliés et de désirs atteints.

Elle y vient prolonger son rêve solitaire,
Ivre de vénustés et de vagues chaleurs,
Et sentir, le visage enfiévré par les fleurs,
D'anciennes voluptés sommeiller dans la terre.



Chronique JEROME NOIREZ

Publié le 05/04/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
Chronique JEROME NOIREZ
Jérôme Noirez


Tome 1 – Féerie pour les ténèbres

Tome 2 – Les Nuits vénéneuses

Tome 3 – Le Carnaval des abîmes

Cette première oeuvre de Jérôme Noirez a été initialement publiée aux éditions Nestiveqnen. Elle devrait être rééditée (et peut-être révisée pour l’occasion) dans la collection Lunes d’encre chez Denoël, qui a récemment édité son dernier roman : Leçons du monde fluctuant.

A contre-courant d’une fantasy française qui se cherche, Jérôme Noirez livre un récit qui prend aux tripes et n’hésite pas à secouer et mélanger les genres, les influences. L’univers présenté au départ pourrait être celui d’un médiéval fantastique classique, avec l’incontournable carte. Mais dès les premières pages, on a l’impression d’être sur un terrain instable prêt à se dérober pour nous entraîner dans un imaginaire fécond, original et décalé, si proche et pourtant terriblement différent de ce que l’on peut lire habituellement. C’est dense, foisonnant d’idées, nourri à un humour noir et inattendu.


D’abord, il y a l’étrange fusion entre un monde médiéval fantastique (ses royaumes, sa magie et ses religions, ses créatures et ses spadassins) et notre modernité sous la forme de la Technole. Ce dépotoir, émergeant à ciel ouvert des entrailles de la Terre, contient plein de choses bizarres, mais qui révolutionnent la vie des gens. C’est le plastique, les armes à feu, c’est de la technologie spontanée sans service après-vente. On baigne en plein paradoxe. Les féeurs, les lutins ou les destriers côtoient l’électricité, la télé, le train ou la voiture à essence. Mais qui connaît la provenance de tous ces rebuts ? Peut-être les rioteux qui vivent reclus dans les souterrains de l’En-Dessous. Ces êtres ne sont plus vraiment humains, à moins qu’un assemblage de bras ait plus de conscience qu’un homme. Malgré leur horrible tendance à charcuter tout ce qui passe à portée de leurs ongles, griffes et bouches, les rioteux portent un regard réaliste sur le monde qui les entoure. Machine à dépecer et philosophe : jubilatoire.

Cela pourrait être ridicule, mais Jérôme Noirez unifie tous ces éléments par une écriture maîtrisée et un contexte crédible. En dire plus, ce serait gâcher le plaisir de la découverte. C’est dans le fourmillement de ce premier tome que l’enquêteur royal Obicion tente d’élucider le meurtre d’une jeune femme dont les os sont… en plastique ! Et pas n’importe quelle jeune femme, mais la fille du plus grand féeur du comté d’Ando, dont la maîtresse, Dame Plommard, a l’écoute du roi de Caquehan, la plus importante inclusion de la Technole de tout le continent, véritable décharge à ciel ouvert au cœur de la ville. Et si cela cachait un mystérieux complot ?


Les chapitres s’enchaînent, nous faisant à chaque fois découvrir un pan de cet univers, de nouveaux personnages hauts en couleurs, et des lieux plus étranges les uns que les autres, comme autant de points de départ de différentes trames, différents appendices d’une sombre chose en marche. On ne s’ennuie pas une seconde, tant Jérôme Noirez sait rendre son univers captivant et réel, par petites touches et à l’aide de nombreuses anecdotes.

La conclusion est peut-être un peu courte, mais en fait, ce n’est pas tant la résolution de l’intrigue que le voyage effectué qui fait la force de ce premier roman.

Les deux tomes suivants ne font que confirmer les qualités du premier, et entraînent le lecteur encore plus loin dans la folie de cet univers. Les événements du premier volume n’étaient que les prémices d’un bouleversement plus grand. Tout y est « plus » grand justement. Plus grand guignol, plus fantastique, plus fou, plus dantesque. Depuis H. P. Lovecraft, jamais un auteur n’était parvenu à me faire ressortir aussi bien les créatures indicibles qui hantent les recoins des autres dimensions.


Il faut dire que Noirez montre un véritable amour de la langue. Qu’il emploie les mots justes ou qu’il les triture afin d’en créer d’autres (archibouteuse, excrucieur...), il parvient toujours à faire passer des sensations, à véhiculer des images fortes, à faire de l’horreur une oeuvre d’art. A l’image de Barugal le fou, capitaine sanguinaire d’une troupe de mercenaires, qui se révèle être grand amateur de poésies et d’arts.

Au final, les trois romans dévoilent les folies d’un monde à travers ses déchets : physiques dans le premier avec les rebuts, idéologiques dans le second avec des doctrines et métaphysique dans le troisième.

Yohan Vasse



PARDONNE-MOI

Publié le 05/04/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
PARDONNE-MOI
PARDONNE-MOI

De Charles Van Lerberghe (1861-1907)


Pardonne-moi, ô mon Amour,
Si mes yeux pleins de toi ne te voient pas encore,
Si je m’éveille en ta splendeur,
Sans la comprendre, comme une fleur
S’éveille dans l’aurore.

Pardonne-moi si mes yeux aujourd’hui
Ne te distinguent de la lumière,
S’ils ne séparent ton sourire
De leurs pleurs éblouis.

Pardonne-moi, si je t’écoute
Sans t’entendre, et ne sais pas
Si c’est toi, mon amour, qui parles,
Ou mon cœur qui gémit tout bas.

Pardonne-moi, si tes paroles
Autour de mes oreilles volent,
Comme des chants dans les airs bleus,
Ou l’aile du vent dans mes cheveux.

Pardonne-moi, si je te touche
Dans le soleil, ou si ma bouche,
En souriant, sans le savoir,
T’atteint dans la fraîcheur du soir ;
Pardonne-moi, si je crois être
Près de toi-même où tu n’es pas,
Si je te cherche, lorsque peut-être
C’est toi qui reposes dans mes bras.



Chronique PASCAL CROCI

Publié le 02/04/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
Chronique PASCAL CROCI
Chronique sur Pascal Croci


Chez Emmanuel Proust éditeur, Pascal Croci a réalisé trois albums gothiques. Un dessin tout en finesse et traits acérés. Chaque planche mise en couleur directe donne l’impression d’être un tableau. Pascal Croci a employé des lavis pastel avec peu de tonalités différentes, proches d’un camaïeu. Le graphisme est en parfaite adéquation avec le contexte des trois récits présentés ci-dessous.

Lady Tara Cornwall
Le récit se déroule en 1535 dans un manoir au bord des falaises écossaises. A la mort de leur mère, les jumeaux Tara et Hugo ont été recueillis par sir Cornwall. Celui-ci souhaite épouser Tara plutôt que sa fille adoptive Mary. Mais Tara aime Roman, le fils de son oncle Huntley. De plus, Tara a découvert des lettres de sa mère qui révèlent que Cornwall est son propre père. Durant la cérémonie, et devant l’ensemble des conseillers de Cornwall, Tara refuse le mariage. Tous les éléments de ce drame shakespearien sont alors en place. La jalouse Mary et l’intriguant abbé, homme de main de sir Cornwall, seront les complices de la chute de Tara.

Dracula, le prince valaque Vlad Tepes
1888. L’histoire débute par une mise en abîme : une discussion, entre un archiviste du British Museum et Bram Stoker, à propos de l’apparition récente dans un cimetière d’une personne qui pourrait être la princesse Cneajna, épouse de Vlad Tepes. A partir de là, le récit continue sur le testament de la princesse, rédigé en 1462. C’est donc un portrait de Vlad l’Empaleur vu à travers le regard de son épouse, un portrait qui mêle anecdotes historiques et fantastiques.

On peut considérer cette première rencontre avec le personnage qui inspira Dracula comme une introduction (qui peut se lire indépendamment) à l’album suivant.

Dacrula, le mythe raconté par Bram Stoker
Si adapter Dracula en BD n’a rien de vraiment original, tenter de rester fidèle à la narration de Bram Stoker est quelque chose de peu courant. En effet, bien qu’il donne son nom au roman, Bram Stoker ne prend jamais le point de vue de Dracula, qui n’est présent que par le regard des différents protagonistes et la retranscription de leurs journaux intimes (complétés par divers documents, comme des coupures de presse).

Suivant la trame du roman, Pascal Croci se concentre donc sur l’absence de la figure du vampire, ce qui donne lieu à une BD métaphorique. Ici, l’ombre d’une gargouille, là, les sculptures d’un porche s’associent à la voix off pour symboliser la présence de Dracula. Bien plus que sur ces deux albums précédents, le décor (forêt, château, cimetière) et le paysage (les montagnes des Carpates) sont omniprésents, peints dans des tons gris-bleu fantomatiques, comme plongés dans les brumes surnaturelles desquels surgit parfois une teinte plus colorée. L’association de la voix off et des images amène une lecture contemplative, presque onirique.


Sans être un triptyque, ces trois albums forment un ensemble homogène de par leur style graphique, leur ambiance et leurs thèmes.


Yohan Vasse


AIMONS-NOUS ET DORMONS

Publié le 26/03/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
AIMONS-NOUS ET DORMONS
AIMONS-NOUS ET DORMONS

De Théodore de Banville (1823-1891)


Aimons-nous et dormons
Sans songer au reste du monde !
Ni le flot de la mer, ni l'ouragan des monts,
Tant que nous nous aimons
Ne courbera ta tête blonde,
Car l'amour est plus fort
Que les Dieux et la Mort !

Le soleil s'éteindrait
Pour laisser ta blancheur plus pure.
Le vent, qui jusqu'à terre incline la forêt,
En passant n'oserait
Jouer avec ta chevelure,
Tant que tu cacheras
Ta tête entre mes bras !

Et lorsque nos deux cœurs
S'en iront aux sphères heureuses
Où les célestes lys écloront sous nos pleurs,
Alors, comme deux fleurs
Joignons nos lèvres amoureuses,
Et tâchons d'épuiser
La Mort dans un baiser !





LE PHENIX

Publié le 08/03/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
LE PHENIX
Le Phénix


Le Phénix est un oiseau qui ressemble au héron et bien que celui-ci ait été longtemps vénéré par les Grecs et décrit par les conteurs de l’antiquité, c’est de l’Egypte que va provenir la légende de cette créature perçue comme le symbole de l’immortalité et de la résurrection. Son nom est issu du mot grec qui désignait la couleur rouge en référence à la légende de sa mort et de sa résurrection dans le feu purificateur.

L’origine du phénix vient donc de l’oiseau sacré égyptien Benu, un héron cendré qui fut le premier être à se poser sur la colline originelle issue du limon : il incarnait le Dieu du Soleil et était associé au cycle annuel des crues du Nil. Il était adoré à Héliopolis où on racontait qu’il n’apparaissait que tous les 500 ans.
On rapportait que le phénix ne se nourrissait que de rosée puis qu’il s’envolait alors pour des contrées étrangères où il recueillait des herbes odorantes qu’il amassait ensuite sur l’autel d’Héliopolis, afin de les embraser et de s’y réduire lui-même en cendres. Mais il renaissait trois jours plus tard pour une vie renouvelée. En effet, une fois le corps incinéré, un nouveau jeune phénix naît à partir des cendres chaudes. Après sa naissance, le jeune oiseau porte le corps calciné de son père dans un tronc creux de Myrrhe jusqu’à l’hôtel du Soleil pour être brûlé avec les plus grands soins des prêtres.

Les mythes antiques dépeignirent plus tard le phénix comme paré d’un plumage doré ou multicolore qui luit faiblement dans les ténèbres et selon les différentes descriptions qui en sont faites, les couleurs de son plumage peuvent varier du rouge feu au bleu clair en passant par l’orange, le pourpre et l’or. On peut dire que par ses couleurs royales et sa grandeur, le phénix est un oiseau très impressionnant.

A travers les différentes époques et pays, le phénix va être considéré sous différentes facettes. Ainsi, il symbolisait dans l’ancienne Rome, la force vitale et toujours renouvelée de l’Empire et c’est pourquoi il apparaissait sur les pièces de monnaie et sur les mosaïques de l’époque impériale.

Les pères de l’église le considéraient comme le symbole de l’immortalité de l’âme et de la résurrection du Christ. D’ailleurs, dans certaines crémations rituelles, le feu est aussi considéré comme véhicule ou messager du monde des vivants vers celui des morts. De même, le phénix porte souvent une étoile qui indique sa nature céleste et la vie dans l’autre monde. La religion catholique considérait que la partie terrestre de cet oiseau représentait le corps du Christ et sa présence sur terre parmi les hommes et que sa partie aérienne représentait Dieu et sa partie spirituelle. Et le cycle vital du phénix restait souvent associé à l’image des « Mille ans de bonheur » qui doivent réunir sur terre le Christ et les fidèles ressuscités.

Dans la symbolique alchimique, il est la destruction et la recomposition de la Materia Prima qui se transforme pour devenir pierre philosophale.

Dans la pensée philosophique et religieuse persane, le farsi (qui est la forme parlée du Persan) a nommé Angha ou Ghoghnous tout oiseau mythique qui se brûle lui-même pour mourir et renaître de ses cendres.

Dans la tradition chinoise, l’oiseau légendaire Feng-Huang qui symbolise le bonheur conjugal est l’équivalent du phénix car il est issu de l’union des forces solaires et lunaires. Pour les Chinois, cet oiseau mythique aurait été de nature androgyne, c’est à dire qu’il serait mâle et femelle à la fois. Dans ce cas, il représenterait la félicité et l’harmonie suprême. Et dans d’autres contrées asiatiques, le phénix ne serait pas hermaphrodite mais bien sexué : le phénix mâle se nommerait Feng et le phénix femelle se nommerait Huang. Les deux unis formeraient ainsi l’allégorie du bonheur conjugal et leur union les conduirait au nirvana, au paradis des immortels.
Alors que dans d’autres légendes, ce qui est étonnant chez cet animal, c’est qu’il n’existe pas de phénix femelle. Il est donc impossible pour eux de perpétuer l’espèce par la procréation. Mais alors afin d’assurer à cette race une certaine survivance, cet oiseau fabuleux est doté d’une extraordinaire longévité pouvant aller jusqu’à 500 ans.

En plus de son prodigieux pouvoir de résurrection, le phénix est doté d’autres pouvoirs magiques tout aussi étonnants : par exemple son chant aurait la capacité de donner du courage à l’homme au cœur pur et de la crainte à l’homme au cœur impur. De plus, ses larmes peuvent guérir tout être vivant, qu’il soit malade, blessé ou à l’agonie.

De nos jours la symbolique du phénix renvoie à l’image de l’âme, de sa renaissance mais aussi à l’esprit et la lumière. Et si plusieurs œuvres littéraires continuent d’utiliser la richesse de ce mythe, comme par exemple le conte philosophique de Voltaire « La princesse de Babylone », les écrits de Rabelais ou encore Harry Potter, c’est parce qu’il symbolise l’un des nombreux rêves de l’homme : celui de renaître de ses cendres, de se délester de ses erreurs passées pour ensuite se reconstruire et poursuivre inlassablement sa quête d’éternité.


Odéliane


illustration : Anna Ignatieva.

LA COLOMBE POIGNARDEE

Publié le 08/03/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
LA COLOMBE POIGNARDEE
La colombe poignardée

De Jules Lefèvre-Deumier (1797-1857)


Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.

Le chœur ailé des airs, loin de lui rendre hommage,
Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ;
Lui-même se fuirait, en voyant son image
Poignardé de naissance, il naît ensanglanté.

Et le poète aussi, merveilleuse victime,
Qui mêle de son sang dans tout ce qu'il anime,
Arrive dans ce monde, un glaive dans le cœur ;

Et l'on n'a point encore inventé de baptême,
Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur :
Cette tache de mort, c'est son âme elle-même





BONE

Publié le 08/03/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
BONE
BONE

Bone est une BD de l’Américain Jeff Smith. Elle comprend 11 volumes, sans compter les hors-série. L’histoire, plutôt comique au début, sombre vite dans la fantasy. Les dessins ont pour particularité d’entremêler des éléments stylisés et d’autres, beaucoup plus détaillés.

Les trois cousins Fone Bone, Phoney Bone et Smiley Bone sont chassés de leur ville à cause de la cupidité de Phoney. Ils se perdent dans le désert et finissent par découvrir une vallée luxuriante. Ils n’ont toutefois qu’une idée en tête : rentrer chez eux. Mais leurs rencontres vont en décider autrement.


Jeff Smith parvient à rendre presque tous les personnages attachants, malgré leurs -plus ou moins- nombreux défauts. Fone Bone est un héros à la fois gentil et naïf. Phoney Bone, quant à lui, est si cupide qu’il se met systématiquement dans des situations abracadabrantes (et ses cousins avec). Smiley Bone, enfin, continue malgré tout à suivre Phoney avec le même enthousiasme un peu benêt…

L’auteur s’est inspiré de Walt Disney et de Tolkien.


Voici le texte de la 4e de couverture :

il vaut mieux commencer par le Tome 1...


« Perdu dans une immense forêt, Fone Bone veut retrouver ses deux cousins et rentrer chez lui. Mais ses pas le mènent à de bien étranges rencontres : un dragon fumeur de cigarettes, des rats-garous mangeurs de quiche, une grand-mère capable de battre un troupeau de vaches à la course… De surprise en surprise, son périple se transforme en une fantastique épopée faite de grandes épreuves, de petits tracas et de savoureux moments. »


… Sachant qu’on ne pourra plus s’arrêter !



Les titres des 11 volumes :


1- La Forêt sans retour

2- La grande course

3- Rêves et cauchemars

4- La nuit des rats garous

5- Le pourfendeur de dragons

6- Le feu de la Saint Jean

7- Le seigneur des marches de l'est

8- La caverne du vieil homme

9- Les cercles fantômes

10- Chasseurs de trésor

11- La couronne d'aiguilles


Il existe des hors-série, mais je ne les ai pas vraiment appréciés, soit parce que je n’ai pas aimé les dessins (Rose), soit parce que l’histoire me rappelait trop la série (Big Johnson Bone contre les rats-garous).


Pour finir, quelques mots sur l’auteur Jeff Smith :


Jeff Smith est né le 27 février 1960. En 1986, il est devenu co-fondateur d’une agence de dessin animé. En juillet 1991, le premier épisode de Bone est sorti, auto-édité par Jeff Smith. Le bouche à oreille a fait grimper les ventes de cette série, qui a été largement récompensée depuis (prix de la meilleure bande dessinée étrangère à Angoulême en 1996).


Rachel Gibert, pour la réunion du 10/02/08