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arcaneslyriques
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Cercle littéraire "Arcanes Lyriques" retranscription des réunions.
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Blog Littérature
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13.07.2007
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PARCE DOMINE

Publié le 11/06/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
PARCE DOMINE
PARCE DOMINE


D’Adolphe Willette


Parce Domine (réalisée en 1884) est l’une des œuvres du peintre, illustrateur, écrivain et caricaturiste français Adolphe Willette (dit Pierrot) né à Chalons sur Marne en 1837 et décédé en 1926 à Paris. Willette avait pour habitude de peindre des fresques et des vitraux, de dessiner des cartes postales, des affiches publicitaires et des couvertures de livres mais aussi surtout de décorer de nombreux cabarets et restaurants de la butte Montmartre.

Parce Domine, célèbre tableau du Musée Montmartre, constitue une œuvre énigmatique riche de sens et d’interprétations possibles. Sa farandole de personnages ambigus, aux visages rieurs ou profondément désespérés, intrigue et s’il s’agit d’une invitation à la danse très rapidement l’on se rend compte que cette danse est particulière et lourde de conséquences puisqu’elle présente des similitudes avec la Danse Macabre.
Mais avant d’aller plus loin sur son interprétation, interrogeons-nous d’abord sur son titre. Parce Domine, Parce Populo Tuo est un cantique composé par l’abbé J. Marbeuf qui servait notamment pour les saluts du saint sacrement au temps du carême. Ce cantique, composé de sept couplets et qui comprennent chacun l’évocation d’un désordre du monde, de la France, de la société ou d’un désordre causé par des chrétiens infidèles ; était une sorte d’exutoire où l’ensemble des péchés était révélé au grand jour. Ensuite les pécheurs demandaient au Christ son pardon, lui déclaraient leur amour et lui demandaient d’oublier leurs fautes.
Les péchés évoqués étaient souvent proches des péchés dits capitaux ajoutés à ceux-ci à d’autres péchés plus ou moins avouables.

Adolphe Willette s’est donc inspiré de ce cantique en représentant sur son tableau toutes les sortes de vices ou de péchés liés entre autre à la luxure, au plaisir de la chair, aux débordements de la fête, aux excentricités de toutes les classes sociales… Bref tout un éventail de personnages qui ne voient la vie qu’avec futilité et amusement sans se soucier d’autrui, de la religion ou des conventions sociales.
Mais si dans le cantique Parce Domine il est question de demande de pardon et donc d’oubli des fautes, le tableau de Willette est plus implacable et fataliste car il n’y a pas de pardon possible et chaque personnage est invité à entrer dans une danse qu’il ne pourra pas quitter vivant car seule la mort pourra les laver de leurs péchés.
C’est ainsi qu’on remarque sur cette œuvre profondément désespérée que la fin de la farandole (sur la gauche) s’achève par une mort certaine où ensuite les âmes des défunts sont transportés dans le ciel (dans les airs ou dans un fiacre conduit par d’étranges squelettes) sous une lune ressemblant trait pour trait à un crâne (spectateur privilégié des travers de l’homme).
On ne pourrait tout à fait déterminer si les personnages vont tout droit à cette mort de leur plein gré ou parce que c’est une destinée fatale aussi violente qu’évidente ou encore parce qu’ils sont entraînés par d’autres personnes aux desseins maléfiques ? Qui sont ces pierrots, des victimes comme les autres ou des acteurs oeuvrant pour la grande faucheuse ?

Willette joindra à son tableau un commentaire tout aussi noir pour expliquer ses préoccupations et sa vision de l’humanité :
« Les chats miaulent à l’amour/ les blanches communiantes sortent de leurs mansardes : c’est la misère ou la curiosité qui fait tomber leurs voiles sur la neige dont les toits sont recouverts. Aussitôt les pierrots noctambules cherchent à s’emparer de leur innocence par des moyens diaboliques./ De l’odéon au moulin de la galette, les voici partis pour la chasse aux minis Pinsons/ C’est avec de l’or ou de la poésie qu’ils tendent leurs pièges suivant qu’ils sont riches ou pauvres, bien qu’également pervers. Cependant que le vieux moulin moud des airs d’amour et de pitié./ Les ailes emportées de musique tournent au clair de la lune reflet de la mort./ Voici à présent la revanche de la fille séduite qui a jeté son bonnet par dessus les moulins/ La voilà qui entraîne, étourdit Pierrot dans un tourbillon de plaisir et de vices : c’est le Sabbat !/ Elle l’a ruiné, rendu fou, et l’accule au suicide./ Les vierges tristes et laides portent son cercueil, tandis que son âme libérée fera choix d’une étoile…/ Parce Domine, parce populo tuo…/ Le peuple des pierrots est toujours bien à plaindre ! »

De ce tableau, l’écrivain Léon Bloy écrira ces quelques notes : « Une nuit claire et neigeuse. Un moulin aux ailes immenses, le moulin solitaire et mélancolique de l’espérance des poètes, qui tourne toujours à vide et qui n’a jamais le plut petit grain de bonheur à moudre pour ces affamés. »

C’est donc une œuvre particulièrement mélancolique que nous propose Willette, comme une clameur de détresse lancé vers Dieu. Que ce soit à pied, en fiacre ou à cheval on rit, on chante, on joue de la guitare mais au bout du cortège, au bout de la vie, Pierrot une arme à la main se suicide et son cercueil disparaît dans un ciel de plus en plus sombre, accompagné d’une rangée de danseuses d’une extrême pâleur faisant davantage penser à des fantômes.
Les couleurs de cette toile sont obscures et tristes, jouant sur une harmonie de gris et d’ocres sombres.

Tous les personnages voués à l’enfer de la luxure sont marqués pour les quatre lupanars que sont : la curiosité, le plaisir, l’orgueil et l’avarice et ces terribles attirances les mènent inexorablement à leur perte. C’est une conception bien tragique de la vie et du cœur humain mais c’est aussi une conception plusieurs fois reprises dans la littérature (avec par exemple « Les chants de Maldoror » de Lautréamont) ou tout autre forme d’art. Ce qui lui donne alors son originalité c’est qu’elle illustre l’éternel duel de la poésie et de l’argent, autrement dit de la beauté sereine et gratuite, la beauté de l’art aux bienfaits que procure la réussite matérielle.
La poésie nous est alors présentée sous les traits de Pierrot qui ne croit plus que son existence soit amusante comme le montrait a contrario le Pierrot du peintre Watteau mais il aimerait pourtant y croire même s’il doit tuer pour y parvenir. Et la réussite matérielle nous apparaît par les vêtements tant soignés de tous ces personnages burlesques, de leurs bijoux et autres artifices devenus inutiles devant le grand inquisiteur que représente la mort.
La mort fauche alors à tour de bras que ce soit les riches pour les punir de toutes leurs extravagances inutiles ou les pauvres qui se complaisent dans d’autres réjouissances tout aussi honteuses parce que la seule vraie richesse ne viendrait-elle pas du cœur après tout ?


Odéliane.



LA MER

Publié le 11/06/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
LA MER
LA MER


De Charles Nérée Beauchemin (1850-1931)


Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
La mer calme, la mer au murmure endormeur,
Au large, tout là-bas, lente s'est retirée,
Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt.

La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,
Au profond de son lit de nacre inviolé
Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,
Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

La mer aime le ciel : c'est pour mieux lui redire,
À l'écart, en secret, son immense tourment,
Que la fauve amoureuse, au large se retire,
Dans son lit de corail, d'ambre et de diamant.

Et la brise n'apporte à la terre jalouse,
Qu'un souffle chuchoteur, vague, délicieux :
L'âme des océans frémit comme une épouse
Sous le chaste baiser des impassibles cieux.






Elseworlds de DC Comics

Publié le 11/06/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
Elseworlds de DC Comics
La collection Elseworlds de DC Comics


Batman et Superman font tous deux parties de la maison d’édition DC Comics, vivent dans le même univers depuis plus de 60 ans et sont publiés mensuellement dans des comic-books.


Connus grâce aux nombreux films, dessins animés et produits dérivés, l’origine de ces personnages est assez facile à expliquer.


Batman est le milliardaire Bruce Wayne dont les parents ont été assassinés lors de son enfance. Il a alors décidé de consacrer sa vie à la lutte contre le crime et sous l’identité secrète de Batman a combattu de nombreux bandits en tous genres.


Superman est Kal-El, le seul survivant de la planète Krypton. Adopté par un couple sans enfants, les Kent, il a acquis des super-pouvoirs grâce à l’exposition à un soleil jaune et devenu adulte, le journaliste Clark Kent et son alter-ego Superman combattent le crime dans la ville de Metropolis.


Avec le label Elseworlds, DC Comics propose des aventures différentes de celles que vivent habituellement les super-héros. Les origines des personnages restent les mêmes mais tout le contexte change. On a ainsi vu Batman combattre Dracula, Jack l’éventreur ou Al Capone.

Superman a ainsi rencontré Tarzan ou les martiens d’H.G. Wells.


Je vais donc vous en présenter deux ici : Batman Castle Of The Bat et Superman’s Metropolis.


Le premier est un téléscopage de Batman et du roman Frankenstein de Mary Shelley. Bruce Wayne est un médecin allemand à la fin du 19ème siècle dont les parents ont été tués par un bandit de grand chemin. Il trouve un souterrain menant de son château à la faculté de médecine où sont entreposé des morceaux de corps humains. Il récupère alors le cerveau de son père et avec d’autres morceaux de corps humains, donne la vie à un monstre qui a peur de la lumière. Vu qu’il a aussi trouvé le moyen de transmettre les capacités d’une créature à une autre, il donne à cette créature les capacités visuelles d’une chauve-souris et le monstre est alors baptisé Bat-Man et part à la recherche de la personne qui l’avait assassinée. Le style peint en couleur directe de Bo Hampton convient parfaitement au récit de Jack C. Harris qui est un vibrant hommage au roman de Shelley et à toutes les incarnations cinématographiques de sa créature.


Dans Superman’s Metropolis, Clarc Kent habite la Metropolis du film de Fritz Lang et est confronté au savant machiavélique Lutor qui veut détruire cette ville et la refaire à son image de dément. De nombreuses scènes du film original ont été reprises ici : la scène de l’homme à l’horloge, la confrontation entre les ouvriers et les nantis, le rôle du médiateur. Les scénaristes Randy et Jean-Marc Lofficier, Roy Thomas et le dessinateur Ted Mac Keever offre ici un comic-book intéressant à l’atmosphère particulière avec un style graphique anguleux, ressemblant fort à l’ambiance des films expressionnistes allemand des années 1920 et 1930 dont Metropolis est issu.


DC a donc réussi à prouver que le super-héros ne se résumait pas aux combats de personnages en collants et peut quelquefois offrir des histoires surprenantes et intéressantes.


Christophe Colin


NO TEARS

Publié le 04/06/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
NO TEARS
NO TEARS


• Présentation : La naissance du groupe français No Tears se concrétise en 2001 par la rencontre entre Paul Fiction passionné du son cold si particulier des années 80 et de Filipe, un ami artiste/guitariste. Tout deux s’adjoignent les services de Vincent K (ex bassiste du groupe Cyanhide) et enfin d’Elsa une amie de ce dernier au chant. Le line-up ainsi formé sort deux titres sur une compilation (str8line record). En 2002 Elsa et Filipe décident de quitter le « navire ». Maintenant réduit en duo, nos deux « survivants » essayent pendant relativement longtemps mais sans succès d’auditionner plusieurs guitaristes, chanteurs et batteurs. Mais c’est seulement en 2003 qu’une rencontre fortuite se réalise avec deux « figures » incontournables de la scène cold Française de la fin des années 80, début des années 90. Kristian Dernoncourt tout d’abord (exBunkerstrass, Model Martial, l’Avis G 821 et Renaissance Noir) en tant que chanteur/auteur/compositeur et enfin de Dominique Oudiou (ex Neutral Project) comme auteur/compositeur/guitariste. Fernando Million venant compléter l’ensemble à l’été 2004 comme batteur. Pour finir été 2006 arrivent D-Lex, guitariste puis Olivier Rhein à la batterie afin de palier les départs de Dominique et Fernando. Concernant le nom du groupe, celui-ci vient d’une chanson daté de 1978 du groupe cold originaire de San Francisco : Tuexdomoon, adorant ce titre le groupe voulait posséder un nom original et ironique (en effet « ne pas pleurer, ne pas verser de larmes » alors que tout autour de nous nous incite au contraire…)

No Tears se composent actuellement de :
• Paul Fiction : Syntés/Guitare/Programmation
• Kristian Dernoncourt : Chant/Bass/Guitare
• Vincent K. : Bass
• D-Lex : Guitare
• Olivier Rhein : Batterie


• « Borderline » 1er CD 10 Titres sortit en Novembre 2004 :

Ce premier Album peut être considéré comme un pont entre passé et présent. En effet en intégrant Dom et Kristian au sein du groupe, le son de « Borderline » prend de suite une couleur musicale reconnaissable entre mille. Pour preuve c’est en reprenant d’anciens titres comme « Prisoner » de Neutral Project ainsi que « Tears » de Bunkerstrass puis enfin « Feast » et « l’Amour Froid » de Model Martial, que le ton général de l’album est donné mais toutes dans des versions revisitées. Néanmoins il existait avant l’arrivé de nos deux compositeurs de talent des titres déjà écrits et composés, ils seront juste réadaptés.

L’album s’ouvre par le titre musical « Void », l’ambiance est d’emblée pesante, basse lourde, guitare et synthé venant napper le tout d’un brouillard nostalgique et triste. L’auditeur est invité à faire le vide, à pratiquer une sorte de méditation intimiste…

Suit « Night Effect », le rythme s’accélère tout en restant sombrement efficace, considérons le comme une suite au précédent titre. La nuit marquant au fer rouge ses effets dans notre esprit par le rêve qui reste notre seule porte de sortie, notre seul espoir face au jour empreint d’absurdité et d’incompréhension. Mais qui sait, les rêves peuvent devenir réalités…

Entre en scène maintenant l’admirable « Prisoner » ! Le son continue sa rapide progression. Kristian scande « I’Am a prisoner », prisonnier de nos obsessions ? De la folie ambiante ? Du conformisme ? Peut-être de tout cela à la fois mais si nous étions tout simplement prisonnier de nous-même ? Quoi de mieux alors comme porte de sortie que le suicide ? « À demain l’exécution » chante No Tears…

Le titre suivant, certainement l’une des meilleures compositions de l’album entre en action, la basse attaque seule, la guitare ainsi que la batterie venant ensuite la rejoindre pour former une spirale émotionnelle intense. La voix est prenante, nous transmettant par son timbre particulier une forte dose d’émotion nous serrant à la gorge, puis subitement changement de ton, la musique s’accélère avec un tempo soutenu, le ton ce durci, des rires de dément viennent renforcer une impression de folie ambiante, serait-ce à cause des années charnières que représente l’adolescence ? Sombrer dans la tourmente et renaître de ses cendres pour affronter le monde adulte ?

Une subtile introduction de piano annonce l’entrée en scène d’un personnage troublant et charismatique : Sade…L’histoire qui nous est contée représente métaphoriquement une des perversions de l’homme et du réputé marquis : le sexe, ses dérives, sa cruauté. Jusqu’où sommes-nous capable d’aller pour assouvir nos pulsions ? Encore une nouvelle forme de folie, comment résister face à tout ce qui nous entoure et nous encourage à franchir le pas ?

Changeant complètement de rythme, No Tears nous invite maintenant dans une sorte d’hymne post punk avec l’excellent « Tears ». D’abord lente, inquiétante dès le départ, la musique s’affole nous entraînant dans une tourmente hypnotique nous laissant Ko mais malgré tout encore debout.

Pour ceux et celles qui ont connus de près ou de loin Yvon Million (créateur/chanteur) du défunt groupe Neutral Project, nous trouvons avec cette composition "Mauvaise Farce" le renvoi à une image fort émouvante, un vibrant hommage particulièrement sensible et envoûtant. Regret éternel…

« Madness » quant à lui ouvre le bal…des vampires ! Sonnant musicalement comme une ode torturée et sombre sans concession. Un nouvel aspect de la folie nous guette, comment étancher notre soif de sang et de pouvoir sur l’être humain ? Morsure d’éternité toute relative, notre conscience collective a du sang sur les mains…

Quoi de mieux après cet épisode « sanguinolent » que de faire la « Feast » ? Magnifique reprise, ce titre est d’emblée très soutenu, c’est une nouvelle envolée post punk qui nous cingle le visage, pénétrant avec force nos oreilles. Comme pour Sade le fil conducteur est représenté par les pourvoyeurs d’illusions et d’hypocrisies : les prêtres, entraînants dans leurs chants de prières la naïveté du commun des mortels. Mais pour leur donner le change les « gens » font semblant d’approuver et d’être heureux ! Alléluia la foi est sauve !

Pour conclure ce somptueux album nous retrouvons avec délectation cette nouvelle reprise de « l’Amour Froid », sorte de déclamation lancinante humaniste contre la guerre. Ce tourbillon sonore et textuel nous entraînant vers les abîmes d’une des facettes les plus « controversées » de l’âme humaine. Des notes de piano venant achever, à la fin du morceau la course frénétique et absurde d’une quête perdue d’avance. L’homme s’ennuierait-il à ce point pour exprimer en retour ses vils et primaires instincts par la haine de son prochain ? Combien de morts lui faudra t’il pour recouvrer la raison ? Peut-être jusqu’à son annihilation complète…Mais il sera alors trop tard !



• « Obsessions » 2éme CD 9 Titres sortit en Février 2008 :


Avec ce 2ème opus, No Tears nous propose une sonorité plus vive, plus dure, avec moins de concessions par rapport au premier album, les textes étant eux aussi dans la même veine, mais il reste toutefois une ombre sonore mélancolique planant au dessus de la mêlée chaotique des tourments humains. En effet cet album explore encore plus loin certaines obsessions : « des tortures de l’âme »…

« Afraid of » à l’honneur de faire débuter l’album. Une guitare accrocheuse et rapide distille avec entrain des saveurs « Curesques » presque planantes et absolument délectables ! Mais pourtant en opposition avec le thème abordé. Premier volet d’une des obsessions parcourant l’album, il est ici question de la mort, « sa » mort, comment l’aborder ? Doit-on en avoir peur ? Ou au contraire l’attendre sereinement ? Ou pire encore, avec envie ?

L’homme dans le titre « Joie Minimale » est jugé comme un criminel ayant perdu la tête dans sa quête inassouvie de pouvoir et de destruction, No Tears nous prend à témoins et nous pose cette question cruciale « Homme où est ton âme d’enfant ? ». La batterie soutient en rythme et avec force le texte, servie en plus par des guitares tout à la fois puissantes et légères, savant mélange alchimique d’une musique « Cold » réinventée !

Petit clin d’œil au fabuleux titre des Sisters of Mercy ? Peut-être mais quoi qu’il en soit « Possession » se démarque singulièrement des autres titres par son sublime envol émotionnel musical, certainement l’une des meilleurs compositions du groupe à ce jour ! Nous trouvons avec ce titre une invitation à vouloir danser avec la mort ou (mieux ?) encore d’avoir une relation charnelle avec elle ! Fusion de deux âmes tourmentées, violent pacte d’amour, désir ultime interrompu par cette aube cruelle, annonciatrice de dépit et de frustrations…

Partant sur un rythme rapide « A Wonderful Day » poursuit ensuite sa course musicale avec moins d’entrain, devenant plus lent, plus sombre aussi, pour finir son parcours par une nouvelle envolée sonore couronnée d’un chant haletant et persuasif. Ce titre explore un des méandres tortueux de l’amour, toujours côté sombre. Aimer fait mal quand une histoire arrive à sa conclusion, déchirure extrême, perte d’équilibre, tout peut basculer. Douleur profonde enchevillée au corps, comment ne pas tomber de l’autre côté du miroir, celui de la perversion, celui du rejet de soi, de ses principes. Tout vol en éclat…jusqu'à sa chute brutale.

Dès les premières notes de « Paradoxe » nous voyageons avec délices dans des contrées plus extrêmes : celle du Post Punk. Extension et complément du titre « Sade » sur le premier album ? Il découle du précédent titre comme une suite logique. Confiné dans sa folie perverse, le conteur nous décrit son malaise mais surtout sa complaisance dans la forme la plus abjecte et aboutie de l’amour : le sadomasochisme. ..
Arrivé au bout de son expérience, le vide absolu s’installe, le ton et le rythme musical s’en ressent immédiatement, « Réincarnation » est peut-être le chemin de la rédemption mais comment remonter la pente quand la foi est exsangue ? S’inventer un autre monde ? Encore un de plus…

« Sabbat » titre incantatoire par opposition aux précédents, s’emble être l’une des voies envisagée. Quoi de mieux en effet que des rituels étranges ? Avoir la sensation d’appartenir à un clan, une fratrie, un monde ou tous les péchés seraient absous dans le sang et la magie sectaire ! Le rêve parfait ? Pas sûr du tout… Nouvelle illusion encore plus pernicieuse et dangereuse que les autres. Descente aux enfers avec comme guide Satan, notre démon intérieur ?...

Savante alchimie musicale, le titre « 12 Drummer Drumming » se réfère subtilement à « Hanging garden » du groupe Cure ainsi qu’à l’univers intensément sombre de Neutral Project par son intonation vocale, son phrasé et sa musicalité. Une inquiétante atmosphère nous entraîne tout d’abord vers une chute lente, inexorable destin préparatoire à une mort certaine. Ensuite la musique s’accélère progressivement ainsi que le cœur, battements en suspension, horloge interne déréglée palpitant en une danse frénétique et désespérée. Le dernier coup, le douzième approche, un soleil noir (encore N.P. !) obscurcissant le ciel d’une vie arrivée au bout du rouleau. Las de toutes ses expériences restées vaines de succès, le conteur s’éteint lentement dans un roulement de tambour, dernier soubresaut, ultime fil de vie.

Epilogue : « In [can] décence » mélange à merveille la métaphore entre la mort et le sexe. Parcours initiatique et méthodique, nouvelle approche d’une relation torride pré-mortelle mais avec cette fois le suicide en bout de mire. Le conteur, l’arme du destin à la main, parviendra t’il à ses fins ? Musicalement proche d’un cri de détresse, semblant d’une finalité imminente, sorte de constatation lucide avec une impatience non feinte, le final est à la hauteur de nos espérances !

Conclusion :
Avec ces deux albums No Tears associe avec conviction et force un son cold renouvelé, renaissance maîtrisée et digérée d’un genre musical apparut à l’aube des années 80. No Tears évite admirablement les pièges de la redite avec beaucoup d’intelligence, la base est forcément présente mais le tout est subtilement saupoudré d’une fine couche de modernité. Agrémenté de textes d’une qualité d’écriture rare empreint d’une poésie tour à tour moderne et classique. No Tears mérite largement la reconnaissance de ses pairs afin d’éviter encore une fois (malédiction ou manque d’intelligence ?) de passer à côté d’un grand groupe Français. Quand l’on constate actuellement le « revival » New/cold Wave avec le film « Control » ainsi que les groupes tel que : The Killers, Block Party ou Editors (par exemple) qui récoltent les fruits du succès, la place est grande pour accueillir des groupes Français comme No Tears ! (faut- il être absolument Anglophone pour réussir ?). No Tears possède tout les ingrédients pour devenir un groupe majeur et incontournable de la scène cold Française mais aussi et au-delà de ce simple aspect hexagonal à transcender leurs forces et leurs destins pour devenir un acteur indispensable au paysage musical mondial. Souhaitons leurs d’avoir autant sinon plus de succès que l’un de leurs groupes de référence, les aînés de « Cure » (ah le génialissime hommage qu’est Robert’ eyes !) et d’envahir la planète de leurs sublimes mélodies… No Tears un groupe déjà culte !


Perceval.







LA MORT ET SES REPRESENTATIONS

Publié le 24/05/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
LA MORT ET SES REPRESENTATIONS
La Mort et ses Représentations


l’Homme et la mort :

On peut tout d’abord distinguer deux causes du rapport de l’homme avec la mort : La première cause (dit post-moderne) est que les civilisations humaines croient en l’Au-delà. Les grandes catastrophes comme par exemple la peste en Europe (du XIVe au XVIIe siècle) donne à penser que la mort possède une densité particulière et par la même fait de la mort une compagne obligée présente au quotidien et implantée dans la vie des hommes de façon indélébile jusqu’à la déchristianisation récente.
La deuxième cause, avec les conséquences des deux guerres mondiales, était de conserver le souvenir et d’honorer la mémoire des hommes ayant donné leur vie pour défendre la patrie.
Pour résumer c’est sur la période « Post-moderne » que la « Pensée de la mort » prévalait sur celle des défunts alors qu’aujourd’hui la mort est devenue un objet de recherche dû aux travaux récents dans le domaine des sciences médicales pour faire reculer toujours un peu plus loin l’échéance fatale avec pour effet un changement dans les mentalités sur les rapports avec la mort.

Les origines : l’Antiquité

Pendant longtemps la conception de la mort se retrouve au travers du culte touchant à la survie de l’âme dans l’au-delà.
En Egypte Osiris et Thanatos règnent sur les enfers mais ne sont pas la mort. Comme exemple antique nous retrouvons chez les Grecques et romains parfois des peintures représentant la mort comme une vierge voilée, couronnée d’absinthe et tachée de sang, mais le plus souvent se sont des allégories : Flambeaux renversés, clepsydres, urnes funéraires, oiseau picorant un fruit. La mort n’est représentée qu’en son vivant, le squelette n’apparaît que dans les « Bacchanales » (fêtes bruyantes et orgiaques en l’honneur de Bacchus). On n’évoque que les hommes puissants ou alors les morts dites de masses ou exceptionnelles.

Le Christianisme

C’est au VIIe siècle que les funérailles se généralisent, la mort est devenue en ces temps « Le salaire du péché » l’âme pécheresse est privée de la vie spirituelle.
La mort corporelle est la naissance de la « Vraie vie » dans l’au-delà, le triomphe de la vie spirituelle, le plus important étant le jugement dernier devenu essentiel dans le mécanisme de la foi.
Il faut se résoudre des jouissances de la vie et se préparer au jugement divin.
Cette peur de dieu est orchestrée par les clercs et les prédicateurs en s’adressant aux faibles ainsi qu’aux puissants.


Allégories sur la mort au Moyen Age

Les représentations les plus variées prennent tour à tour des formes plus ou moins surprenantes avec entre autres : des ailes de chauve-souris au XIIe siècle, un moissonneur avec faucille, serpe, puis faux au XIIIe siècle, ou encore en chasseur avec filet, arc et flèche, sous la forme d’un musicien avec violon ou fifre au XIVe siècle, puis comme fossoyeur avec pic, pelle et cercueil au XVe siècle et se généralise enfin avec le début de la renaissance comme au XIIIe siècle sous la forme d’un moissonneur avec sa faux.

Les différentes veines littéraires sur la mort

Parmi les auteurs qui abordent ce sujet le premier semblerait être Boèce (480-524), puis suit au XIIe siècle Thibaut de Marly (1135-1190) qui nous décrit les affres de l’enfer ainsi que les points faibles de l’être : la cupidité et la méchanceté. Les puissants doivent donner l’exemple par leurs charités, ils insistent sur la vanité des honneurs et des richesses mais c’est surtout Hélinant de Froidmont qui écrivit une œuvre majeure vers 1194 - 1197 qui va poser les bases de ce qui deviendra plus tard les « Danses Macabres ».
Son œuvre intitulée « Vers de la mort » nous enseigne et surtout nous met en garde contre les vanités du monde et rappelle que l’on ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort.
Son message nous parle de l’égalité face à la mort qui touche chaque être humain ainsi que l’égale décomposition de son cadavre. Il convient de ne pas craindre la mort mais le jugement dernier.

Diverses familles d’oeuvres littéraires peuvent être classés : Tout d’abord la veine des « Vado Mori » poèmes Latin du XIIe siècle dont la traduction puis la particularité est de commencer et de finir par l’expression suivante : « Je vais mourir », et pose l’interrogation suivante « Où sont ceux qui avant nous vivaient ? » seul sont mis en scène des mourants contrairement au « Dit des trois vifs et des trois morts ».
On retrouve donc plusieurs personnages représentatifs de la société de l’époque avec par exemple : le roi, le pape, le chevalier, l’écrivain, le cordonnier, la danseuse etc…tous se plaignent qu’ils vont mourir bientôt.
Comme exemple on peut y lire : « Je vais mourir, les mourants s’assoupissent et les sourcils s’abaissent, les jeunes veillent, les vieillards s’endorment. Ayant été ainsi livrés à la souffrance, ils meurent, je vais mourir ».

Plusieurs poètes tel Deschamps, Chartier, Chastellain et surtout Villon avec son texte « Les belles dames du temps jadis » s’en inspirent et en sont véritablement obsédés.
Quand à Pierre de Nesson il évoque avec amertume et pessimisme la précarité de la vie et la déchéance qui l’accompagne avec cet extrait : « l’Homme n’est que charogne et sac à vermine ».

Autre veine, celle des « Artes Moriendi » qui s’adressent avant tout aux clercs plus qu’aux fidèles.

Ces œuvres évoquent les assauts que le mourant subit de la part des puissances infernales et l’aide qu’il peut recevoir des anges, elles sont contemporaines d’une dernière veine celle des « Danses Macabres » avec inclus dedans le « Dit des trois vifs et des trois morts ».

Le dit des trois vifs et des trois morts

C’est vers la fin du XIIIe siècle que l’on distingue cette œuvre avec celle des « Danses Macabres ».
La principale innovation du texte tient dans le dialogue entre des morts et des vivants, et se retrouve aussi sous forme de peinture murale.
Le dialogue se décompose comme suit : le premier vif raconte cette vision d’horreur, le deuxième comprend qu’il s’agit d’un miroir, thème très fréquent, qui fustige leur orgueil, le troisième décrit les morts en putréfaction.
Voyageant à pied et ne semblant guère horrifiés par cette rencontre les trois vifs représentés par des seigneurs sont emmenés à faire face aux macchabées un acte de contrition.
Le premier mort déclame « Ce que vous êtes, nous l’avons été, ce que nous sommes vous le serez », le deuxième décrit la mort et les tourments de l’enfer, le troisième invite les vifs à se tenir toujours prêts face à la mort inéluctable.
Les morts ont été envoyés par dieu pour que les trois vifs examinent leurs consciences, un épilogue exprime l’espoir que dieu écoutera la prière des vivants.

La Danse Macabre

Avec l’apparition de la peste noire vers 1348, cette « malédiction » frappe la moitié de la population en Europe et contribue à l’émergence d’une nouvelle œuvre littéraire sous forme de poème, mais surtout par des œuvres peintes exprimant ces poèmes sur les murs des églises ou dans les cimetières, seulement apparus au début du XVe siècle.
Il est intéressant de noter au passage le terme du mot « Macabre », qui oscille allégrement d’une origine à l’autre, on peut citer en exemple l’expression : « Mactorum chorea » traduit par « Danse des maigres » ou « Décharnés » ou par une onomatopée rappelant le choc des os. Mais le plus probable est le mot Arabe « Maqabir » qui signifie tombe, par contre l’origine de l’expression « Danse Macabre » peut être dû à une vieille légende de morts dansant sur les tombes.

Des origines littéraires on attribut la genèse de l’œuvre à Jean Le Fèvre (1322-1387) qui écrit en 1376 « Le respit de la mort » on peu y lire cette phrase « Je fistz de macabree la dance ». On pense qu’il écrit cette œuvre à cause de la peste auquel il échappe de peu.

Ces vers mettent en scène quelques 25 personnages dont : le pape, l’empereur, le cardinal, le roi… alors représentatif de la population d’alors. Son message est conçu envers l’ensemble des conditions sociales, que l’homme soit riche et puissant, pauvre ou faible sans distinction d’âge et de sexe, tous seront inexorablement entraînés vers la mort dans une danse frénétique où personne n’y échappera.
Ce message doit faire preuve d’humilité concernant les riches et doit apporter aux pauvres le réconfort de voir les nobles et les prêtres soumis à la même loi. C’est aussi un appel à tous pour une vie responsable et pieuse. La mort insensible aux inégalités sociales, étend par la danse sa plus belle leçon et son magnifique triomphe.
Une des particularités des poèmes de la « Danse Macabre » est qu’ils furent joués et dansés devant le duc de Bourgogne en 1429 à Bourges mais aussi en d’autres occasions et peut-être même chantés !

La danse et son articulation : Le texte commence ainsi : le prédicateur entonne le message puis viennent les propos de quatre morts musiciens, suit le défilé des 30 couples morts et vivants, se poursuit par l’évocation d’un roi mort et se termine par la péroraison du prédicateur. Exemple de commentaire en vers sur un des personnages : l’Abbé

[i]Abbé, venez donc ! Vous fuyez !
N’ayez pas la mine ébahie.
Convient-il que vous fuyiez la mort ?
Combien donc l’avez-vous haïe !
Dites donc adieu à l’abbaye
Qui gros et gras vous a nourri.
Vous pourrirez vite : chez la mort le plus gras est premier pourri ![/i]

Les représentations picturales : Comme vu précédemment c’est surtout par une représentation peinte que toute la force de la « Danse macabre » prend son ampleur, malheureusement ces œuvres subiront au fil des siècles une dégradation due au jugement de certains qui les qualifient de barbares.

Une des premières fresques est apparue en France aux alentours de 1424 au cimetière des innocents à Paris. Cette œuvre peinte sur une longueur de 20 mètres environ correspond pour son époque à une période délicate de l’histoire de France. S’ensuit à partir de 1424 une grande diffusion de peinture à travers l’Europe suite au succès considérable de cette œuvre. Cette peinture disparaît définitivement en 1785 ne restant comme trace que des gravures. On peut aussi cité en exemple la fresque situé dans l’église de Meslay-le-Grenet (28) peinture daté vers 1490 malheureusement un peu dégradé mais très saisissante, à visiter absolument.

Toutes ces peintures furent très en vogue au cours du XVIe siècle et se développent de plus en plus, avec toutefois diverses variantes dans ses interprétations, mais elles s’estompent progressivement au XVIIe siècle et deviennent épisodiques jusqu’en 1932. Cela s’explique par un changement progressif des mentalités, les peintures ne revenant que lors d’une guerre ou d’un grand désastre. La mort s’exprime alors le plus souvent dans des tableaux ou dans des gravures.

L’époque moderne : Le romantisme ressuscite le phénomène du macabre au milieu du XIXe siècle et le poète Charles Baudelaire compose son poème « La Danse Macabre », bien qu’il soit toutefois qu’un air éloigné du thème originel, décrivant plutôt l’entité qu’est la mort.

Dans le domaine musical le compositeur Hector Berlioz inspiré des « Dis Irae » traduit par : « Jour de la colère » (oeuvre écrite au XIIIe siècle par Félix Haemmerlin qui l’introduit dans la messe des funérailles et qui figure dans les missels jusqu’a la fin du XVe siècle est un hymne médiéval traditionnellement chanté pour faciliter le passage de l’âme dans l’au-delà), compose en 1830 « Songe d’une nuit du sabbat » 5ème partie tirée de sa « Symphonie fantastique ». Autre grand compositeur, Frantz Listz s’inspirant lui aussi des « Dis Irae », compose une ouvre musicale intitulée « Totentanz », ainsi qu’une symphonie en 1861 intitulée « Faust » plus trois pièces de musique de bal « Méphisto Walzer » qui donnera plus tard son nom à un groupe goth en 1986. Il est à noter qu’un groupe Français de cold wave en 1983 prendra le nom de « Danse Macabre ». Le compositeur français Camille Saint-Saëns qu’en a lui, écrivit sa célèbre « Danse macabre » vers 1874, issu des « Poèmes symphoniques » inspiré par un poème du Français Jean Lahor connu aussi sous son vrai nom Jean Caselli.

D’autres compositeurs de musique classique ont écrits sur le thème de la « Danse des Morts » tels : l’Autrichien Gustav Mahler ou le Russe Dimitri Chostakovitch.
Quelques auteurs ont également écrit sur le sujet dont le Belge Georges Eekhaud avec « La danse macabre du pont de Lucerne » en 1920 ou encore Michel De Ghelderade et sa « Ballade du grand macabre » en 1934.

Sources utilisées :

- Livres à consulter :
L’ouvrage de référence sur le sujet des danses macabres à lire absolument pour approfondir sa culture : PUF Que sais-je ? André Corvisier 1998.

Sur la peste l’excellent livre : La peste : Histoire d’une épidémie Gallimard Jeunesse n° 15 Brigitte Coppin, Michaël Welply 2006.

- Sites Internet à visiter :
http://www.lamortdanslart.com/danse/danse.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_macabre_(christianisme)

http://perso.wanadoo.fr/police.daniel/Riboul/Meslay.htm

La photo de ce dossier provient de l’église de Meslay-Le-Grenet dans le département 28, à découvrir absolument !


PerCeVal

Article également paru dans le numéro 7 de Reflets d’Ombres.




HOTE MELANCOLIQUE

Publié le 24/05/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
HOTE MELANCOLIQUE
HOTE MELANCOLIQUE

De Flaminio De Birague (1550- ?)


Hôte mélancolique
Des tombeaux et des croix,
J'errerai fantastique
Aux effroyables bois,
Compagnon des forêts
Et des démons secrets.

Les rochers solitaires,
Oreillers à mes sons,
Les Faunes et les Laires,
Rediront mes chansons,
Chansons tristes témoins
De mes funèbres soins.

Les Ombres éternelles
Des Mânes blêmissants
Sont beaucoup plus fidèles
A mes sens languissants
Que l'astre radieux
Qui redore les Cieux.

Hélas ce n'est moi-même
Qui forme ces accents !
Je suis là ombre blême,
Orphelin de mes sens,
Errant, idole affreuse,
Dans l'Orque ténébreux.

Vous donc Ombres sacrées
Des antres recélées,
Vous grottes emmurées,
De silence voilées,
Vous chenues forêts,
Assistez mes regrets.

Dans votre dure écorce,
Sous l'ombre de vos bras,
Gravez à toute force
Mon langoureux trépas,
Qui bornera mes voeux
Aux myrtes ombrageux...




JOURS DE COLERE

Publié le 21/05/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
JOURS DE COLERE
Jours de Colère


De Sylvie Germain


Jours de colère est un roman fascinant et presque surréaliste dont l’histoire se déroule au cœur des forêts sombres du Morvan. C’est là que nous suivrons les péripéties de ses personnages aux caractères bien affirmés comme notamment : Edmée, fascinée par la vierge Marie, Ambroise Mauperthuis, homme rempli de haine que rien n’arrête, La famille Corvol, Reinette la Grasse, les neuf frères…

La première scène, d’une brutalité extrême, marque le début de ce roman tragique où la beauté d’une nature en éveil va se confondre à la noirceur du cœur humain, toujours ballotté entre une folie grandissante et une envie de rédemption. En effet, nous y voyons une scène de ménage entre Catherine Corvol et son mari mais cette scène n’est pas banale puisque celle-ci va s’achever par le sang de Catherine, laissée pour morte égorgée. Ambroise Mauperthuis, ébahi et fasciné en même temps a tout vu, tout entendu et tout ressenti. Et ce qui devrait lui inspirer du dégoût va le remplir d’amour car à cet instant même il tombe éperdument amoureux de Catherine, de son corps mort, de son regard désormais vide, de sa gorge encore suintante de sang. Et comble de l’ironie, il ne cessera dès lors de la surnommer « La Vive » De cet amour débordant et morbide va naître la folie irréversible d’Ambroise qui tentera par la suite de s’approprier du corps de Catherine, de ses biens matériels et même de ses enfants. Il deviendra maître chanteur, manipulateur, rôdeur, monstre assoiffé de sang et rempli d’orgueil. Puis plus tard il transposera son amour malsain pour Catherine sur sa petite fille Camille qu’il décidera de couper du monde et d’enfermer dans sa folie.

Toutes les personnes qui seront à un moment donné impliqués dans la vie d’Ambroise seront touchés et victimes de sa folie, chacun replié sur ses propres souffrances par une malédiction invisible mais toujours présente en filigrane. Mais au-delà de la folie, de la dureté des conditions de vie des travailleurs de la forêt qu’ils soient bûcherons ou bouviers ; quelque chose de plus méprisable encore semble flotter au-dessus de ses personnages qui recherchent pourtant la pureté d’un amour magique mais qui ne rencontrent sur leur route qu’un amas de sentiments aliénants ou macabres.

C’est une histoire envoûtante et effrayante à la fois qui nous serait presque racontée comme un conte diabolique par une longue nuit d’hiver près d’un feu de cheminée. Le style de Sylvie Germain (écrivaine contemporaine très en vogue depuis le célèbre « Magnus ») très poétique et lyrique nous entraîne donc sur une pente sablonneuse semée d’embûches et de drames fatalement prévisibles. On ne pourrait ressortir tout à fait indemne de cette lecture tant l’intrigue est poignante, déroutante et dérangeante mais incroyablement captivante !

Odéliane



FANTASY URBAINE

Publié le 14/05/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
FANTASY URBAINE
Fantasy urbaine

Extraits du dossier paru dans Présences d’Esprits nº 47
Par Yohan Vasse



Si votre barman a la carrure d’un troll, si les punks qui squattent dans le métro ont les oreilles pointues, si une dryade cohabite avec votre plante d’appartement, c’est que le merveilleux vient d’entrer de plain-pied dans notre monde contemporain et son ère moderne. Adieu les forêts ancestrales, bienvenue en ville.


Un titre et un nom évoquent immédiatement la fantasy urbaine : Neverwhere de Neil Gaiman, publié en 1996 en Angleterre. Pourtant, l’auteur n’est que l’un des derniers maillons d’un mouvement qui a émergé au milieu des années quatre-vingt dans le Nord des États-Unis, à Minneapolis sur les bords du Mississippi, près de la frontière canadienne. En ce sens, la fantasy urbaine est le dernier avatar du merveilleux au sens large. Un courant qui a déjà quelques années derrière lui et qui se caractérise par la prédominance de la ville moderne, mais aussi par une certaine esthétique, proche du fantastique contemporain. D’où parfois la difficulté de situer certaines de ses œuvres.


Fantasy héroïque, sombre, légère, burlesque, scientifique, urbaine…


Pour situer la fantasy urbaine au sein des autres courants du merveilleux, il est intéressant de se pencher sur la classification proposée par l’universitaire nord-américaine Farah Mendlesohn, qui prend en compte la nature de l’accès au merveilleux :


- Portal Fantasy, lorsqu’il existe un seuil à franchir entre notre monde et celui de la fantasy (le Monde de Narnia) ;

- Immersive Fantasy, lorsque le monde de fantasy développe un univers indépendant (les univers de David Eddings) ;

- Intrusive Fantasy, lorsque la fantasy s’introduit dans notre monde, souvent en opposition avec les lois naturelles ;

- Estranged Fantasy, lorsque les lois surnaturelles de la fantasy cohabitent dans notre monde avec ses lois naturelles. C’est à cette dernière catégorie que l’on peut rattacher la fantasy urbaine.

Les précurseurs


La fantasy urbaine est naturellement influencée par ce qui la précède. Et cela remonte au tout début du 20e siècle, lorsque Lord Dunsany fit interagir le monde magique de Pegana (et sa mythologie créée de toutes pièces) avec sa vision du Londres édouardien (dans Le Temps et les dieux). Un peu avant, sir James Matthew Barrie, avec son Peter Pan, avait déjà introduit une part de féerie dans un contexte urbain, celui de Londres (encore !) et de son parc de Kensington.

Un peu plus près de nous, en 1943, quelques prémices sont à chercher du côté de Fritz Leiber. Dans son roman Ballet de sorcières, il entremêle sorcières, magie ancestrale féminine et environnement urbain (celui d’un campus). En forçant son épouse à renoncer à des pratiques qu’il estime superstitieuses, Norman Saylor, professeur d’université, va se retrouver au cœur d’une guerre magique déterminante pour l’équilibre du monde.

En 1953, Roberta A. McAvoy écrit Tea with the Black Dragon, un étrange polar californien dans lequel l’un des personnages serait un ancien dragon chinois incarné en humain.

C’est cependant Roger Zelazny qui posera le dernier jalon, en livrant sa saga des Neuf Princes d’Ambre. Si l’univers d’Ambre et des Cours du Chaos est très loin des archétypes de la fantasy urbaine, Roger Zelazny en crée pourtant certains codes lorsque ses personnages agissent dans notre monde tout en employant leurs pouvoirs issus de la Marelle et du Logrus. La magie fait alors jeu égal avec la voiture, les pistolets automatiques et l’informatique.

Aux origines


À partir des années 1980, la ville de Minneapolis devient le centre d’un renouveau de la fantasy sous le principal patronage de Ellen Kushner, puis de l’illustratrice Terri Windling qui la remplace comme editor chez la maison d’édition Ace. Terri Windling va lancer l’une des premières et véritables collections de fantasy. Pour cela, elle fait appel à de nouveaux talents, et parmi eux les Scribblies, six auteurs qui viennent de se rassembler en atelier d’écriture : Nathan Bucklin, Emma Bull, Steven Brust, Pamela Dean, Will Shetterly et Patricia C.Wrede.


Ayant mis en place un univers partagé, sous la forme de la ville imaginaire de Liavek, les premiers Scribblies seront rejoints par quelques amis, et pas des moindres : Megan Lindholm (alias Robin Hobb), Charles de Lint, John M. Ford, Gene Wolfe ou encore le scénariste de comics Alan Moore. De son côté, toujours pour promouvoir la fantasy, Terri Windling crée un autre univers partagé pour sa collection jeunesse, Bordertown, reposant sur le concept en gestation de fantasy urbaine. La ville est donc déjà au cœur de ce courant en devenir. Avec cette collection, qui eut peu de succès, Midori Snyder (Les Innamorati, chez Folio SF), entre autres, rejoint la communauté des Scribblies. C’est au sein de ce petit groupe d’amis, composé de quelques-uns des auteurs de fantasy les plus intéressants d’aujourd’hui, que va se développer la fantasy urbaine. Chacun des Scribblies, ou presque, va s’essayer à un moment ou à un autre à ce courant.


Après avoir livré quelques romans d’une fantasy classique, Charles de Lint pose en 1984 la première pierre de la fantasy urbaine, en publiant Moonheart. Le récit mêle mythes amérindiens, magie (une maison dont les portes s’ouvrent sur d’autres mondes), une pointe d’horreur et le décor urbain d’Ottawa. Il continue son exploration en 1987 avec Jack the Giant Killer, qui met en scène la Chasse sauvage au bord de la Faërie, en plein Ottawa contemporain.

La même année, Emma Bull publie son roman War of the Oaks, dans lequel elle utilise les mythes celtes dans le cadre de Minneapolis.

Pamela Dean, quant à elle, transpose dans Tam-Lin une vieille ballade écossaise au sein d’une université nord-américaine des années 70, tandis que Megan Lindholm prend Seattle pour terrain de jeu de son Dernier Magicien. Elle écrira ensuite La Nuit du Prédateur en collaboration avec Steven Brust, qui cosignera aussi Freedom and Necessity avec Emma Bull.

Voilà pour les Scribblies. Mais ils ne furent pas les seuls à participer à la mise en place de ce courant. L’on peut ajouter Greg Bear (Songs of Earth and Power), Esther Friesner (New York by Knight et Elf Defense) ou encore Raymond E. Feist avec Faërie Tale (qui fut traduit en France sous le titre Faërie la Colline magique). Signalons enfin l’un des plus récents romans de ce courant, Le Royaume de l’été de James A. Hetley, publié en 2002.

Fantasy urbaine au futur : Troll hacker et nain technomage


On ne peut pas parler de fantasy urbaine sans évoquer un vétéran des jeux de rôle, Shadowrun, qui pousse l’alliance de la fantasy et du cyberpunk à un degré encore peu utilisé dans les littératures de genres. Au cours du 21e siècle, dans une société dominée par les corporations, où l’information transite via la matrice, un bouleversement a fait resurgir la magie ancestrale et renaître les créatures du merveilleux dans un processus de « gobelinisation » d’une partie de la population. C’est dans cette société de luttes de pouvoirs que les joueurs incarnent des coureurs de l’ombre, des mercenaires boostés aux implants cybernétiques et qui combattent à coup de piratages, d’invocations magiques ou de gros flingues.


La nuit, tous les elfes sont gris


La fantasy urbaine est avant tout un genre d’atmosphère et d’ambiance, ce qui rend difficile la détermination de ses éléments caractéristiques. D’autant plus qu’elle emprunte aussi bien à la fantasy classique, qu’au merveilleux, au polar ou, plus près d’elle, au fantastique.

La fantasy urbaine se nourrit de son environnement : urbanisation forcée, exclusion des pauvres, regain d’intérêt pour le merveilleux, émergence de nouveaux mouvements culturels et artistiques underground (comme le gothique), mais aussi retour de manifestations autour du médiéval.


Expression de la fantasy dans un cadre contemporain


La fantasy urbaine fonctionne essentiellement sur la redécouverte du merveilleux (ou autres figures mythologiques et mythiques) dans un milieu résolument urbain et contemporain. Il ne s’agit pas là d’une simple transcription d’histoires de fées dans une ville moderne. La ville n’est pas un simple décor interchangeable, elle sert réellement de toile de fond pour les intrigues, et permet aux auteurs de jouer sur le décalage entre féerie et éléments modernes. Ici, la féerie est une société bien réelle qui s’est édifiée la plupart du temps en marge des grandes villes (dans les zones industrielles par exemple).

Contrairement au malaise distillé par le fantastique, la fantasy urbaine guide doucement les pas du lecteur du bitume des trottoirs vers le merveilleux des zones cachées. La rencontre avec les éléments surnaturels de la fantasy se fait souvent au détour d’un chemin, dans des lieux propices au décalage d’avec le quotidien, métro désert, boîte de nuit, squat, parc...


Des fées au coin de la rue


Les créatures du merveilleux n'ont pas disparu, elles se sont tout simplement adaptées à la présence des hommes en vivant dans des espaces délaissés qu’elles ont faits leurs, à la manière des renards dans les banlieues de Londres. La frontière entre les deux « mondes» est bien sûr plus perméable qu’il n’y paraît. L’apparition du merveilleux dans notre vie citadine, avec tout ce qu’il peut avoir d’aliénant, est plus percutante dès qu’il s’inscrit dans un quotidien familier et banal. C’est la confrontation d’un fay et d’un témoin au sein d’un commissariat de quartier (mise en scène par Léa Silhol dans Arcane I : le Magicien). Une scène banale si ce n’était le pouvoir du fay (presque psychique) opposé à la brutalité policière (physique).

Cet apport des thématiques sociales et humaines, comme moteur du récit de fantasy, permet de poser un regard plus grave sur les maux de nos sociétés. Les êtres du merveilleux subissent la discrimination raciale, les magiciens sont des marginaux, et la violence urbaine couve dans les banlieues anonymes. Ces éléments apportent une touche sombre au courant, qui penche plus du côté du polar ou du roman noir que du fantastique horrifique.


La métropole dans le rôle principal


Dès les débuts de la fantasy urbaine, la métropole a joué un rôle si important que les villes réelles (Londres, Ottawa ou Seattle) ne suffisaient plus pour fournir un décor adéquat aux récits. Le courant est vivant, il a besoin d’espace pour s’exprimer, de zones d’ombres et de lumière. On l’a vu, les Scribblies avaient créé leur terrain de jeu idéal avec la ville de Liavek. Et Terri Windling suivit le même parcours avec Bordertown. Charles de Lint, au fur et à mesure de ses récits, mettra en place la ville de Newford, une ville nord-américaine de six millions d'âmes qui jouxte la réserve indienne de la tribu des Kickahas. C’est à Newford que le lecteur peut rencontrer le grand dieu Pan ou rêver des Parques, les sorcières y existent sous la forme de grands-mères inoffensives.

Enfin, c’est la cité de Frontier que les fays de Lea Silhol tentent de rejoindre pour échapper aux lois eugéniques qui les menacent.

Des villes imaginaires à l’image des nôtres, qui en prennent aussi bien l’architecture imposante que la solitude qui y règne. Plus qu’un décor, la ville devient souvent une entité presque vivante, capable tout autant d’emprisonner que de protéger. Son passé, l’accumulation des coutumes, des histoires – petites et grandes – qui l’ont forgé, ses figures historiques ou légendaires, tout cela participe à faire de la ville une entité autonome.


Dans les marges des villes


Si Neil Gaiman déploie un merveilleux étrange et fascinant, presque exubérant dans sa description du Londres d’En Bas de Neverwhere, à l’opposé, dans Le Dernier Magicien, Robin Hobb nous présente un merveilleux dramatiquement humain, pessimiste. La communauté des derniers enchanteurs dont font partie Raspoutine, Cassie et le Magicien, est une vision sans concession d’un combat quotidien contre l’exclusion au sein des centres urbains, ici Seattle. Car si le Magicien peut apporter des paroles de réconfort, le Savoir, aux inconnus qui viennent se confier à lui, c’est grâce au dépouillement de sa propre personne, une vie de SDF dénuée de richesse, d’envies ou de passion. Dans ses poches, un paquet de pop-corn pour les pigeons, juste assez de monnaie pour un café. Pas plus, au risque de provoquer un déséquilibre dans la magie. Une certaine mélancolie plane donc sur la fantasy urbaine, le sentiment d’un paradis perdu (le royaume de féerie). Les êtres de la féerie étant comme des exilés, des réfugiés déracinés au sein des grandes métropoles. C’est peut-être pourquoi ils tentent de recréer leur royaume dans les interstices des villes, dans ses zones d’ombre.


L’art de la magie et la magie des arts

Musique et graphisme sont au cœur des centres urbains, il n’est donc pas étonnant de retrouver ces références artistiques en fantasy urbaine. D’autant que l’art est aussi associé aux mythes celtiques, sources d’inspirations principales de la fantasy urbaine. Comme si la pratique ou le goût pour l’art permettait d’établir un lien avec le merveilleux dissimulé dans les marges de la vie quotidienne.
Et comment ne pas évoquer les graffitis et les tags, un langage étranger, qui répond souvent plus à un ordre esthétique que littéral, comme des incantations secrètes pour réveiller les forêts de barres d’immeubles. Quand la musique, la danse et les arts graphiques se mêlent dans un rituel de communion au sein d’un squat d’artistes, la magie des anciens n’est sûrement pas loin.


L’exception française


Alors que le steampunk, autre courant aux racines anglo-saxonnes a conquis rapidement les lecteurs et auteurs français, tant en littérature qu’en bandes dessinées, la fantasy urbaine reste jusqu’à présent plutôt confidentielle, avec peu de traductions et encore moins de créations francophones. Et ce, malgré les efforts constants des éditions Mnémos d’un côté, et des défuntes éditions de L’Oxymore de l’autre, menées par Léa Silhol, fer de lance des auteurs de fantasy urbaine francophone.

Chez l’Oxymore, c’est l’anthologie Traverses, publiée en 2002 qui a permis au lectorat français de découvrir toute l’étendue de la fantasy urbaine à travers une quinzaine de nouvelles, dont quelques textes d’auteurs francophones.


Aux limites de Frontier


Outre son travail d’éditeur, Léa Silhol, est aussi une auteure inspirée qui a trouvé sa propre voix au sein de la fantasy urbaine. Tout commence en 1999 avec Runaway qui raconte la fuite de Need (douze ans) et de Gift (son petit frère de cinq ans), vers l’Ouest. Vers la ville de Frontier. Car Gift est né différent, ses goûts ne sont pas ceux d’un enfant normal. Pour ses parents, il s’agit d’un changeling, comme il en apparaît d’autres au sein de diverses familles. Afin d’éviter que son petit frère ne soit abandonné dans un Centre (orphelinat, prison et maison de correction tout à la fois), Need préfère fuir vers une ville mythique située au bord du monde, un lieu qui pourra accueillir son frère. En substance, les fondations de Frontier sont déjà posées avec cette nouvelle : le droit à la différence, la sensibilité à la nature, la musique pop rock, la fuite, l’enfance et l’adolescence.


Guide de lecture à l’usage des curieux


De nombreux titres restent hélas encore à traduire et à publier, dont plusieurs récits fondateurs de la fantasy urbaine. Les titres sont présentés suivant la présentation chronologique du dossier.


Les Précurseurs

- Lord Dunsany, Le Temps et les dieux (Time and the Gods, 1906), éditions Terre de Brume 2003

- Sir James Matthew Barrie, Peter Pan (1902), Librio 2003

- Fritz Leiber, Ballet de sorcières (Conjure Wife, 1943), Le Masque fantastique (non réédité)

- Roberta A. McAvoy, Tea with the Black Dragon (1953), eReads.com 2001

- Roger Zelazny, la saga des Neuf Princes d’Ambre (1970 – 1991), Folio SF


Les Origines

- Steven Boyett, Ariel (1983), Ace Books 1986

- Charles de Lint, Moonheart (1984), Orb Books 1994

- Greg Bear, Songs of Earth and Power (1984-86), Leopard Books 1998

- Tappan King et Viido Polikarpus, Down Town (1985), Futura Pubns 1987

- Charles de Lint, Mulengro (1985) Pocket Terreur 1992 (non réédité)

- Esther Friesner, New York by Knight (1986), New Amer Library 1986

- Megan Lindholm, Le Dernier Magicien (Wizard of the Pigeons, 1986), Mnémos 2002

- Charles de Lint, Jack the Giant Killer (1987), Ace Books 1989

- Emma Bull, War of the Oaks (1987), Tor Books 2004

- Esther Friesner, Elf Defense (1988), New Amer Library 1988

- Raymond E. Feist, Faërie la colline magique (Faërie Tale, 1988), Presses de la Cité 2003


Autres Romans

- Christopher Fowler, Le Monde d’en-haut (Roofworld, 1988) J'ai lu 2000

- Pamela Dean, Tam-Lin (1991), Puffin Books 2006

- Steven Brust et Megan Lindholm, La Nuit du prédateur (Gypsy, 1992), Mnémos 2006

- Terry Windling, The Wood Wife (1996), Orb Books 2003

- Neil Gaiman, Neverwhere (1996), J’ai Lu 1996

- Steven Brust et Emma Bull, Freedom and Necessity (1997), Tor Books 1997

- Melisa Michaels, Cold Iron (1997), New Amer Library 1997

- Neil Gaiman, American Gods (2001), J’ai Lu 2004

- James A. Hetley, Le Royaume de l'été (The Summer Country, 2002), Mnémos 2004

- Johan Heliot, Faërie Hacker (2003), J’ai Lu 2005

- Léa Silhol, Musiques de Frontière (recueil de nouvelles), l’Oxymore 2004

- Johan Heliot, Faërie Thriller, Mnémos 2005

- Gary Killworth, La Compagnie des fées, Terre De Brume 2005


Quelques nouvelles publiées en France

- Traverses (anthologie de Léa Silhol), l’Oxymore 2002

- Peter S. Beagle, Julie et sa Licorne, dans Faëries n°2, 2000

- Bruno B. Bordier, L’Onyre du givre, dans Fées et Gestes, 1998

- Megan Lindholm, Chats errants, dans Faëries n°12, 2003

- Charles de Lint :

La Lune se noie quand je m'endors, dans Faëries n°2, 2000

Granny Weather, dans Emblèmes n° 4, 2001

Dans le Silence d'après minuit, dans Faëries n° 5, 2001

Le Tambour de pierre, dans Faëries n° 08, 2002

Sept pour un secret, dans Faëries n° 13, 2003

Ne brille que dans le Noir, dans Faëries n° 14, 2004

- S.P. Somtow, Une Soupe d’aileron de dragon, dans Fées et Gestes, 1998

- Michael Swanwick, La Voie du dragon, dans Aventures lointaines n°1, Denoël 1999


Sources : André-François Ruaud

- Cartographie du Merveilleux dans la collection Folio SF chez Gallimard, 2001

- Panorama illustré de la fantasy et du merveilleux aux Moutons électriques éditeurs, 2004



Black Sabbath, extrait de Fairy wear boots

Goin’ home late last night

Suddenly I got a fright

Yeah I looked through a window

And surprise what I saw

A fairy with boots on dancin’ with a dwarf

Alright now



LE SOMMEIL

Publié le 14/05/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
LE SOMMEIL
Le Sommeil

D’Augustine Malvina Blanchecotte (1830-1895)

Les perdus, les absents, les morts que fait la vie,
Ces fantômes d'un jour si longuement pleurés,
Reparaissent en rêve avec leur voix amie,
Le piège étincelant des regards adorés.

Les amours prisonniers prennent tous leur volée,
La nuit tient la revanche éclatante du jour.
L'aveu brûle la lèvre un moment descellée.
Après le dur réel, l'idéal a son tour !

Ô vie en plein azur que le sommeil ramène,
Paradis où le cœur donne ses rendez-vous,
N'es-tu pas à ton heure une autre vie humaine,
Aussi vraie, aussi sûre, aussi palpable en nous,

Une vie invisible aussi pleine et vibrante
Que la visible vie où s'étouffent nos jours,
Cette vie incomplète, inassouvie, errante,
S'ouvrant sur l'infini, nous décevant toujours ?





ARCANES FEERIQUES

Publié le 10/05/2008 à 12:00 par arcaneslyriques
ARCANES FEERIQUES
ARCANES FEERIQUES

Carnet de voyage de Sinane l’Enchanteur


Mathieu Gaborit – Amandine Labarre


Est-il encore besoin de présenter l’écrivain Mathieu Gaborit - auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels deux trilogies célèbres, Le Cycle des Féals et Les chroniques des crépusculaires – et l’illustratrice Amandine Labarre – connue pour son Herbier féerique, le grand grimoire des plantes magiques et esprits des bois, ainsi que pour ses Carnets féeriques de l’herboriste ou encore ses couvertures d’ouvrages (comme celles réalisées pour La chronique des immortels de Wolfgang Hohlbein) ?


C’est de leur collaboration qu’est né le très bel ouvrage intitulé Arcanes féeriques – Carnet de voyage de Sinane l’enchanteur. En bref, il s’agit des aventures du farfadet Sinane, personnage tout à la fois magique et très humain, qui doit sauver Gaïa. Accompagné d’Oniros, un chat ailé, Sinane part à la rescousse des fées (chacune étant représentée par un arcane lié à la nature : la fée de la pluie, la fée de l’orage, la fée des forêts…).


D’un point de vue purement artistique, cet ouvrage retient l’attention à plusieurs égards. Tout d’abord, les illustrations d’Amandine Labarre contribuent à rendre le récit totalement atemporel grâce à un style éthéré et délicat, des jeux de lumière subtils, des contrastes entre zones floues et zones détaillées et, enfin, l’utilisation de teintes sépia. Ensuite, on découvre une nouvelle facette du talent de Mathieu Gaborit : ici, l’aventure et l’action s’effacent derrière l’ambiance et les émotions du personnage principal. Enfin, l’idée du carnet de voyage s’avère très intéressante puisqu’elle donne vie à une histoire qui aurait pu rester abstraite.


Outre ces qualités artistiques, Arcanes féeriques présente un autre intérêt : il se prête à un second niveau de lecture, beaucoup plus pragmatique : le thème abordé - la tentative quasi désespérée d’un farfadet pour sauver la nature d’un péril certain dû aux hommes - et le message véhiculé – la nature recèle quelque chose de magique et donc d’irremplaçable qu’il faut sauvegarder – sont très actuels !



Enfin, on notera qu’Amandine Labarre et Mathieu Gaborit ont à nouveau réuni leurs talents pour créer (dans un registre plus urbain puisqu’il s’agit des aventures d’une jeune fille prénommée Brune dans un Paris insolite) un coffret intitulé Faery City comprenant un livre et un jeu de tarot.



Sites Internet : http://amandine.labarre.free.fr et http://www.souffre-jour.com


Arianne de Blenniac.