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La tuberculose, maladie romantique du 19ème siècle

La tuberculose, maladie romantique du 19ème siècle

Publié le 06/10/2007 à 12:00 par Rachel Gibert
La tuberculose, maladie romantique du 19ème siècle
La tuberculose, maladie romantique au XIXe siècle
Quelques héros de la littérature romantique atteints de tuberculose

I. INTRODUCTION

1. Définition du Romantisme

Le terme Romantisme désigne un ensemble de mouvements artistiques et littéraires qui se sont épanouis en Europe au XIXe siècle sur la base d’un rejet du rationalisme et du classicisme.

Le romantisme se caractérise par le libre cours donné à l’imagination et la sensibilité individuelles, qui le plus souvent traduisent un désir d’évasion et de rêve (réveil de la poésie lyrique, rupture avec les règles et les modèles, retour à la nature, recherche de la beauté dans ses aspects originaux et particuliers).

Après la période romantique, la littérature et l’art ont évolué vers le Réalisme.

2. Définition de la tuberculose

La tuberculose est une infection des poumons et d’autres organes. Elle est due à une bactérie qui détruit les tissus et crée des cavités.

La maladie serait aussi vieille que l’humanité ; elle est connue et décrite depuis l’Antiquité. Dans le cas de la tuberculose osseuse, le diagnostic est possible sur les ossements (par exemple sur les momies égyptiennes).

L’épidémie a atteint son apogée au XIXe siècle, où elle a été responsable de près d’un quart des décès des adultes en Europe.

Elle tue encore près de deux millions de personnes chaque année dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

On compte dans le monde une nouvelle infection par le bacille tuberculeux chaque seconde
Un tiers de la population mondiale est actuellement infecté
De 5 à 10 % des sujets infectés (non infectés par le VIH) développent la maladie ou deviennent contagieux au cours de leur existence

3. Existe-t-il un lien entre Romantisme et tuberculose ?

Pour répondre à cette question, nous étudierons les symptômes de la tuberculose et les caractéristiques du Romantisme. Le lien apparaîtra grâce à la mise en parallèle des deux.


II. LA TUBERCULOSE AU XIXe SIÈCLE : IMAGE ET RÉALITÉ

Au XVIIIe et XIXe siècle, une personne sur quatre était atteinte de la tuberculose. L’épidémie a atteint son apogée au XIXe siècle. Première cause de mortalité aux Etats-Unis à l’époque, il était rare que, dans une famille, il n’y ait pas au moins un cas de tuberculose.

Le terme de « tuberculose » n’est d’ailleurs apparu qu’au XIXe siècle (après 1830 plus précisément). Auparavant, la maladie était appelée :

Phtisie (terme qui vient du grec et signifie « dépérissement »)
Consomption (de « consumer »)
Peste blanche

L’image de la tuberculose a été romantique pendant le XVIIIe siècle, lorsque la maladie n’était pas encore trop répandue, et jusqu’au milieu du XIXe siècle, où elle est devenue une épidémie. Cette image n’était pas seulement véhiculée par les écrivains et les peintres, mais aussi par les médecins. Avec la propagation massive de la tuberculose, plus particulièrement dans les classes laborieuses, l’image de la maladie a changé, bien que les deux images (maladie romantique et maladie du prolétariat) aient cohabité un certain temps.

Vers 1820, sous la Restauration, on pensait qu’elle était héréditaire, qu’elle frappait les êtres sensibles et fragiles et « consumait les êtres brûlants de passion ». C’est dans les années 1830, sous la Monarchie de Juillet, que l’on a remarqué que la maladie était plus fréquente dans les couches sociales les plus pauvres. Dans les années 1840, la femme atteinte de tuberculose était encore associée, dans certains milieux, à la vision romantique. De la fin des années 1860 au début des années 1880 (Troisième République), la probabilité de contagion était évoquée. Aux alentours de 1900, par contre, la tuberculose était considérée comme un fléau national et reconnue comme étant très contagieuse.

Au début du XIXe siècle, la tuberculose s’est répandue en masse en Angleterre et en particulier à Londres, à cause de l’industrialisation et ses conséquences (mauvaises conditions d’habitation, carences alimentaires, travail long et difficile). Puis elle a atteint les grandes villes du continent. Les personnes âgées de 20 à 40 ans, économiquement productives, étaient particulièrement touchées. Leur mort avait alors des retombées économiques.

Le diagnostic précoce de la maladie était primordial pour lutter contre la tuberculose. Une campagne d’information et de prévention a également été nécessaire. Des tracts ont été distribués et des affiches interdisant de cracher ont été accrochées dans les bâtiments publics et les transports en commun. L’information est passée non seulement au moyen de brochures et de livres, mais aussi par l’intermédiaire de films et de pièces de théâtre. La propreté, l’aération et l’ensoleillement ont aussi eu un rôle important dans la prévention et la lutte contre la tuberculose.

III. DESCRIPTION DE LA MALADIE

La tuberculose est une infection des poumons et d’autres organes.

Les autres organes qui peuvent être atteints sont :

La plèvre
Les os
L’appareil urinaire
L’appareil génital
Les méninges
Les ganglions lymphatiques
Les reins
Le tube digestif

La maladie est due à une mycobactérie acido-alcoolorésistante aérobie, Mycobacterium tuberculosis, ou bacille de Koch (BK). Elle a une taille de 1 à 4 µm de long et 0,2 µm de large et sa croissance est lente. Il existe deux autres vecteurs de la tuberculose, Mycobacterium africanum, qui est très proche du précédent, et qui est fréquent chez les malades d’Afrique de l’ouest et du centre, et Mycobacterium bovis, l’agent de la tuberculose bovine, qui peut infecter l’homme et d’autres animaux.

La transmission se fait par voie respiratoire ou alimentaire (lait contaminé) :

Par voie aérienne, les bactéries sont transmises par l’intermédiaire des sécrétions d’origine nasale, salivaire ou par les expectorations pulmonaires, lors d’éternuements ou de toux. Les bactéries pénètrent par le nez et la bouche et atteignent les poumons, à partir desquels les germes peuvent être disséminés par la circulation sanguine vers d’autres régions de l’organisme. Dans les semaines qui suivent l’infection, le système immunitaire réagit à la présence des germes et empêche dans 90 % des cas leur multiplication et leur dissémination. Certains cas seront porteurs de la bactérie toute leur vie.

Autrefois, la contamination était possible par consommation de lait contaminé, dans le cas de contamination par M. bovis. Dans ce cas, le temps d’incubation est de deux ans.

L’infection se fait en deux temps. Il y a d’abord la tuberculose primaire ou primo-infection : c’est le premier contact entre l’organisme et la bactérie. La primo-infection peut être latente (asymptomatique, 90 % des cas) ou patente (10 %). Dans le premier cas, il n’y a pas de symptômes apparents, seulement une réaction immunitaire. Dans 9 cas sur 10, la primo-infection évolue vers une guérison définitive de la maladie. Dans le cas contraire se développe la tuberculose de réinfection ou tuberculose-maladie.

Les symptômes de la tuberculose sont :

Fatigue
Perte de poids
Perte d’appétit
Toux grasse
Fièvre

Les symptômes de la maladie sont assez discrets et peuvent être confondus avec les symptômes d’autres maladies, ce qui empêche souvent la détection à un stade primaire. Ils sont liés à la production de lymphocytes par le corps.

Il existe plusieurs formes de tuberculose dont voici les plus fréquentes :

La tuberculose pulmonaire est la seule forme de tuberculose qui soit contagieuse. Elle représente 90 % des tuberculoses. Elle se traduit par une exsudation dans les alvéoles pulmonaires et dans l’espace pleural. Les bronches sont ensuite atteintes.

La diffusion du bacille par voie sanguine entraîne l’apparition de tuberculoses extra-pulmonaires. Elles sont très peu contagieuses. Parmi elles figurent la tuberculose osseuse, ganglionnaire, uro-génitale, pleurale, méningée, séreuse, rénale, articulaire, cutanée…

IV. PREMIERS DIAGNOSTICS ET TRAITEMENTS

Le diagnostic stéthoscopique a été réalisé pour la première fois par le médecin français René Laennec (l’inventeur du stéthoscope) en 1819.

En 1882, le chercheur allemand Robert Koch a isolé le bacille responsable de la maladie, Mycobacterium tuberculosis.

Le premier sanatorium gratuit a été fondé en Allemagne, le 15 août 1892, à la suite des lois sociales de Bismark qui, le premier en Europe, a mis en place un système d’assurances contre la maladie (1883).

En 1890, Koch a cru découvrir un traitement contre la tuberculose : la tuberculine. Mais les vaccinations à la tuberculine ont causé la mort de beaucoup de malades, et le discrédit de Koch. La tuberculine a ensuite été utilisée pour le diagnostic de la maladie.

Robert Koch a eu le prix Nobel de médecine en 1905 pour la découverte du vecteur de la tuberculose.

Ensuite, de nouvelles thérapies ont été utilisées, comme le pneumothorax thérapeutique (qui est un épanchement d’air dans la plèvre, la séreuse tapissant d’un côté la cage thoracique et de l’autre les poumons), utilisé jusqu’aux années 1950. Elles ont fait concurrence aux sanatoriums.

Les rayons X, découverts en 1895 par Wilhelm Conrad Röntgen, ont permis le diagnostic de la maladie et le contrôle de son évolution d’une manière plus exacte que la méthode de René Laennec.

En 1921, Albert Calmette et Camille Guérin ont essayé avec succès le premier vaccin contre la tuberculose, baptisé BCG. Cette découverte a permis de faire avancer considérablement les traitements antituberculeux.

La streptomycine, découverte par Selman A. Waksman en 1943, a été le premier antibiotique utilisé contre la tuberculose.

V. COMMENT UNE MALADIE MORTELLE PEUT-ELLE ETRE ROMANTIQUE ?

La tuberculose tue beaucoup mais discrètement, car lentement et « proprement ». En effet, la personne malade n’est pas physiquement enlaidie. Ce serait même l’inverse : la maladie peut lui apporter une certaine beauté, un certain charme. Par exemple, elle devient pâle, s’amincit, son regard devient brillant et ses gestes, traduisant sa faiblesse, peuvent montrer une certaine grâce. L’aspect fragile, lascif, tout comme celui, passionné, de ses yeux à l’éclat fiévreux, contribuent à l’attrait que donne la consomption. Bien que cette apparence ne traduise pas la réalité, ni la gravité de la maladie, elle a influencé les artistes de l’époque, qui ont fait de la femme phtisique une véritable icône.

1. Lien entre tuberculose et romantisme

A propos de la tuberculose, on peut dire que :

L’épidémie a atteint son apogée au XIXe siècle, à l’époque du Romantisme
La maladie a notamment les symptômes suivant :
 Fatigue
 Perte de poids
 Perte d’appétit
 Fièvre
Il n’y avait pas beaucoup de traitements à l’époque : l’issue était très souvent fatale…

Ainsi, les symptômes de la tuberculose sont proches de ceux du « Mal de vivre », très répandu au XIXe siècle et qui constitue caractéristique du romantisme, et de ceux de la dépression, dont le « Mal de vivre » est proche.

Les symptômes du « Mal de vivre » ou le « Mal du siècle » sont :

Désillusion
Insatisfaction
Pessimisme
Mélancolie (spleen)
Désespoir
Désir de mourir
Autodestruction

Et ceux de la dépression :

Humeur dépressive
Diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir
Troubles de l’alimentation
Troubles du sommeil
Agitation ou ralentissement psychomoteur
Fatigue ou perte d’énergie
Auto-dévalorisation ou sentiment de culpabilité excessive
Diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision
Pensées morbides (dans 60 % des cas)
Pensées suicidaires (dans 15 % des cas)

Par ses symptômes, la tuberculose s’inscrit donc parfaitement dans le mouvement romantique.

De plus, la passion, dont certaines manifestations physiques sont proches des symptômes de la tuberculose, est également caractéristique du romantisme.

Georges Gusdorf, philosophe et épistémologue français né en 1912 et mort en 2000, a très bien exprimé le lien entre tuberculose et romantisme lorsqu’il a écrit, dans L’homme romantique, ouvrage paru en 1984, qu’« avec le romantisme, l’atteinte au poumon est considérée comme une maladie de l’âme. La mort des tuberculeux prend ainsi une dimension esthétique. C’est une mort magnifique ».

VI. QUELQUES ARTISTES DU XIXe SIECLE VICTIMES DE LA TUBERCULOSE

Frédéric Chopin, compositeur et pianiste franco-polonais mort en 1849

Les sœurs Brontë :
 Anne Brontë, romancière britannique décédée en 1849
 Emily Jane Brontë, poétesse et romancière britannique décédée en 1848
 Charlotte Brontë, romancière britannique décédée en 1855

Friedrich Von Schiller, poète et écrivain romantique allemand disparu en 1805

Rachel (Elisabeth Rachel Félix), actrice de théâtre suisse éteinte en 1858

Anton Tchekhov, nouvelliste et dramaturge russe mort en 1904


VII. LA LITTERATURE ROMANTIQUE ET LES PHTISIQUES

Les auteurs romantiques ont aimé mettre en scène des « poitrinaires », car ceux-ci étaient souvent des jeunes gens dont le destin était brisé par la maladie. Il s’agit surtout de femmes et ce n’est peut-être pas un hasard, car la tuberculose a tué plus de femmes que d’hommes pendant la majeure partie du XIXe siècle.

Nous allons découvrir quelques héroïnes romantiques atteintes de tuberculose, comme Marguerite Gautier, La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils (1848), Madame de Beaumont issue des Mémoires d’Outre-tombe de François-René de Chateaubriand (1848) et Fantine, l’un des personnages les plus misérables parmi Les Misérables de Victor Hugo (1862). Puis, dans un genre plus réaliste, Francine, dans les Scènes de la vie de bohème de Henry Murger (1851).

Après l’époque Romantique, d’autres romans ont décrit le destin tragique de personnages atteints de la tuberculose : Germinie Lacerteux (1865) et Madame Gervaisais (1869) d’Edmond et Jules de Goncourt et L’Aiglon d’Edmond Rostand (1900) en sont des exemples (non évoqués plus loin).

1. La Dame aux Camélias, Alexandre Dumas fils, 1848

La Dame aux camélias est un roman d’Alexandre Dumas fils publié en 1848.


Il raconte l’histoire d’amour d’une courtisane atteinte de la tuberculose, Marguerite Gautier et d’un jeune bourgeois, Armand Duval. Il s’agit d’un récit dans le récit, puisqu’Armand Duval narre son aventure au narrateur initial du roman.

Amoureux de Marguerite, Armand devient son amant et la convainc de renoncer à sa vie de courtisane pour venir habiter à la campagne avec lui. L’idylle est rompue quand le père d’Armand, soucieux de la réputation de sa famille, obtient de Marguerite qu’elle renonce à son fils. Ce dernier croit alors qu’elle n’était pas amoureuse de lui et qu’elle a un nouvel amant. Lorsqu’il comprend la tragique vérité, il se rend chez elle et arrive juste à temps pour recueillir ses derniers soupirs.

Le roman est inspiré d’un fait divers réel : l’amour d’Agénor de Gramont (1819-1880), duc de Guiche, futur ministre des Affaires étrangères de Napoléon III, pour la courtisane Marie Duplessis. Dans les faits, un oncle du jeune homme intervint pour mettre un terme à cette liaison jugée scandaleuse. Agénor de Gramont fut envoyé pour quelque temps à Londres, où il oublia Marie Duplessis. Celle-ci se maria avec le comte Édouard de Perrégaux et mourut de phtisie en février 1847.

Le roman a fait l’objet de nombreuses adaptations (ballet, opéra, théâtre, cinéma). On peut citer notamment le célèbre opéra de Giuseppe Verdi, La Traviata (1853). Au cinéma, de nombreuses adaptations ont été réalisées, dont Le Roman de Marguerite Gautier (Camille) de George Cukor, avec Greta Garbo et Robert Taylor (1936) et même Moulin Rouge, une adaptation libre de Baz Luhrmann, avec Nicole Kidman et Ewan Mc Gregor (2001).

Voici la description qu’Alexandre Dumas fils fait de Marguerite dans son roman :

« Or, il était impossible de voir une plus charmante beauté que celle de Marguerite.
Grande et mince jusqu’à l’exagération, elle possédait au suprême degré l’art de faire disparaître cet oubli de la nature par le simple arrangement des choses qu’elle revêtait. Son cachemire, dont la pointe touchait à terre, laissait échapper de chaque côté les larges volants d’une robe de soie, et l’épais manchon qui cachait ses mains et qu’elle appuyait contre sa poitrine, était entouré de plis si habilement ménagés, que l’œil n’avait rien à redire, si exigeant qu’il fut, au contour des lignes.
La tête, une merveille, était l’objet d’une coquetterie particulière. Elle était toute petite, et sa mère, comme dirait De Musset, semblait l’avoir faite ainsi pour la faire avec soin.
Dans un ovale d’une grâce indescriptible, mettez des yeux noirs surmontés de sourcils d’un arc si pur qu’il semblait peint ; voilez ces yeux de grands cils qui, lorsqu’ils s’abaissaient, jetaient de l’ombre sur la teinte rose des joues ; tracez un nez fin, droit, spirituel, aux narines un peu ouvertes par une aspiration ardente vers la vie sensuelle ; dessinez une bouche régulière, dont les lèvres s’ouvraient gracieusement sur des dents blanches comme du lait ; colorez la peau de ce velouté qui couvre les pêches qu’aucune main n’a touchées, et vous aurez l’ensemble de cette charmante tête.
Les cheveux noirs comme du jais, ondés naturellement ou non, s’ouvraient sur le front en deux larges bandeaux, et se perdaient derrière la tête, en laissant voir un bout des oreilles, auxquelles brillaient deux diamants d’une valeur de quatre à cinq mille francs chacun.
Comment sa vie ardente laissait-elle au visage de Marguerite l’expression virginale, enfantine même qui le caractérisait, c’est ce que nous sommes forcés de constater sans le comprendre. »


2. Mémoires d’Outre-tombe, François-René de Chateaubriand, 1848

Grâce à son roman René, publié en 1802, Chateaubriand est devenu un modèle pour les auteurs romantiques.

L’auteur a décidé d’écrire ses Mémoires après la mort de Madame de Beaumont, c’est-à-dire en 1803. Celle-ci est morte de la tuberculose. Les Mémoires d’Outre-tombe sont parues en 1848, après la mort de leur auteur.


Chateaubriand la décrit ainsi :

« Madame de Beaumont, plutôt mal que bien de figure est fort ressemblante dans un portrait fait par madame Lebrun. Son visage était amaigri et pâle ; ses yeux, coupés en amande, auraient peut-être jeté trop d’éclat, si une suavité extraordinaire n’eût éteint à demi ses regards en les faisant briller languissamment, comme un rayon de lumière s’adoucit en traversant le cristal de l’eau. Son caractère avait une sorte de raideur et d’impatience qui tenait à la force de ses sentiments et au mal intérieur qu’elle éprouvait. Ame élevée, courage grand, elle était née pour le monde d’où son esprit s’était retiré par choix et malheur ; mais quand une voix amie appelait au dehors cette intelligence solitaire, elle venait et vous disait quelques paroles du ciel. L’extrême faiblesse de madame de Beaumont rendait son expression lente, et cette lenteur touchait ; je n’ai connu cette femme affligée qu’au moment de sa fuite ; elle était déjà frappée de mort, et je me consacrai à ses douleurs. »

3. Les Misérables, Victor Hugo, 1862

Les Misérables, roman de Victor Hugo paru en 1862, est l’une des œuvres les plus populaires de la littérature française. C’est un roman historique, social et philosophique dans lequel on retrouve les idéaux du romantisme et ceux de Victor Hugo.

Le destin tragique de Fantine ouvre le roman (tome 1).

À Paris, Fantine est la maîtresse d’un riche et volage étudiant, Thomolyès, qui l’abandonne. Elle donne naissance à une fille : Cosette. En route pour Montreuil-sur-Mer, sa ville natale, elle est contrainte de laisser sa fille en garde chez des aubergistes de Montfermeil, les Thénardier, afin de pouvoir trouver du travail.

Malheureusement, les Thénardier, des individus peu recommandables, vont utiliser les moyens les plus sordides pour soutirer le plus d’argent à Fantine, prétextant des maladies de Cosette qui nécessiteraient des soins et des médicaments coûteux. Dans la réalité, ils ont fait de Cosette leur servante et la brutalisent. Fantine va s’épuiser à ne vivre que pour sa fille et, lorsqu’elle perdra son travail, durant les derniers mois de sa vie, elle vendra tout ce qu’elle a, y compris ses dents et ses cheveux. Enfin, à bout de ressources, elle se fait fille publique.

À la suite d’un incident dont elle n’est pas responsable, l’intransigeant inspecteur de police Javert l’arrête et veut l’incarcérer. Le maire de Montreuil, monsieur Madeleine (alias Jean Valjean), s’oppose à son emprisonnement et la prend sous sa protection, car elle est gravement malade. Il lui promet de lui ramener Cosette. Malheureusement, Fantine mourra sans avoir revu sa fille.

La fosse publique reçoit la fille publique…

La maladie est symboliquement associée à la maternité : « Fantine avait nourri sa fille ; cela lui avait fatigué la poitrine et elle toussait un peu ».

« La phtisie sociale s’appelle misère »

4. Scènes de la vie de bohème, Henry Murger, 1851

Henry Murger (1822-1861) passe sa jeunesse parmi les « Buveurs d’Eau », un groupe d’artistes-bohémiens du Quartier Latin que fréquentera notamment le photographe Nadar. En 1851, il publie les Scènes de la vie de bohème, un feuilleton de l’École Réaliste dans lequel il met en scène ses amis, sous des noms les masquant à peine. Le compositeur italien Giacomo Puccini en tirera son fameux opéra, La Bohème, en 1896.

L’une des « scènes » raconte l’histoire d’amour entre Francine, atteinte de tuberculose, et Jacques, un artiste. Celle-ci minimise la gravité de sa maladie afin de passer les derniers temps qu’il lui reste à vivre le plus joyeusement possible avec l’homme qu’elle aime. Après sa mort, Jacques sera incapable d’achever une seule œuvre d’art.

Voici quelques passages de l’œuvre :

« Elle rencontra Jacques et elle l’aima. Leur liaison dura six mois. Ils s’étaient pris au printemps, ils se quittèrent à l’automne. Francine était poitrinaire, elle le savait, et son ami Jacques le savait aussi : quinze jours après s’être mis avec la jeune fille, il l’avait appris d’un de ses amis qui était médecin.
Elle s’en ira aux feuilles jaunes, avait dit celui-ci.
Francine avait entendu cette confidence, et s’aperçut du désespoir qu’elle causait à son ami.
- Qu’importent les feuilles jaunes ? Lui disait-elle, en mettant tout son amour dans un sourire ; qu’importe l’automne, nous sommes en été et les feuilles sont vertes : profitons-en, mon ami… »

« … nous irons demeurer dans un bois de sapins : les feuilles sont toujours vertes »

« C’était le matin du jour de la toussaint, Francine venait de mourir. »

VIII. CONCLUSION

Par ses symptômes, à la fois proches du « Mal de vivre » et de la passion, ainsi que par son issue fatale et sa manière de tuer « proprement », en embellissant, la tuberculose est la maladie idéale selon les artistes romantiques du XIXe siècle.

Jamais, probablement, une maladie n’a à ce point représenté les idéaux d’une époque.

Georges Gusdorf a écrit, dans L’homme romantique, que « les romantiques vieillissent mal, et sans doute les romantiques les plus authentiques sont-ils ceux qui ne vieillissent pas. La solution est de mourir jeune. La tuberculose, la consomption, maladie romantique par excellence, propose une issue radicale ; le poète jette son cri, et la maladie même atteste que l’existence, en sa banalité, a quelque chose d’insupportable ».

IX. SOURCES

1. Bibliographie

GIBERT, Rachel. Lepra und Tuberkulose: zwei Geißeln der Menschheit. Ein exemplarischer Exkurs zur Paläopathologie des prähistorischen Menschen unter besonderer Berücksichtung differentialdiagnostischer und epidemiologischer Aspekte. Mémoire de licence : Anthropologie : Mayence (Allemagne) : Université Johannes Gutenberg, 2000. 35 p.

2. Webographie

BARNES, David S. The Making of a Social Disease: Tuberculosis in Nineteenth-Century France. Berkeley: University of California Press, 1995.
http://content.cdlib.org/xtf/view?docId=ft8t1nb5rp&brand=eschol

Intervention de Louise CÔTÉ sur Radio-Canada le 18 mars 2001 :
http://archives.radio-canada.ca/IDC-0-16-1009-5666/sciences_technologies/tuberculose/

Conférence de Diana GASPARON (de la Société Belge d’Histoire de la Médecine) au Centre de culture scientifique de Charleroi le 13 avril 2005 :
www.ulb.ac.be/ccs/docs/epidemies.doc

Texte intégral de La Dame aux camélias d’Alexandre DUMAS Fils (1848) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k88249f.notice

Texte intégral des Mémoires d’Outre-tombe de François-René de CHATEAUBRIAND (1848) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1013503.notice

Texte intégral des Scènes de la vie de Bohème de Henry MURGER (1851) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k89180j.notice

Texte intégral des Misérables de Victor HUGO (1862) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72697r.notice

:: Les commentaires des internautes ::

lulu le 10/06/2008
bravo
Mon blog


CASTIER le 20/10/2008
Cette page m'a permis de vérifier ce qui m'avait été autrefois affirmé quant au lien pouvant exister entre état amoureux ou sentimental et tuberculose ou primo infection.
Merci beaucoup pour cette information.


eboo le 11/02/2009
Étude scientifique de ce qu'on perçoit vaguement dans la littérature romantique.
La tuberculose romantique est surtout féminine, la tuberculose est presque un trait de caractère de la femme romantique idéale (proche de l'ange, et donc désincarnée): la femme aimée de Lamartine (j'ai oublié son nom) est morte de tuberculose, je crois; "Lucie" de Musset semble affectée de la même maladie; Dea dans "L'homme qui rit" de Hugo meurt à la fin d'une maladie qui semble bien être la tuberculose, etc. (je cite de mémoire).


Elisabeth le 23/02/2009
J'ai eu la tuberculose osseuse il y a quelques années (maladies nosocomiale) ça n'avait rien de romantique, mais j'ai néanmoins apprécié cette approche placé dans le courant historique et artistique.

beau travail,
Elisabeth

http://lizdoucefolie.blogspot.com/


MEUX le 04/01/2010
Merci pour ces articles instructifs qui m'ont permis d'étayer mon cours sur la mort au 19ème siècle pour des élèves aides soignantes
http://resistanceenhautemarne.centerblog.net


gaye le 30/06/2010
jai beaucoup apperceive ces artIcles qui m ont enormementc capacite dans la prise en charge de la TB oui ce lien sentimental est indispensable pour acceder a la qualite dans les soins


Laura le 24/11/2011
Bonjour, je travaille pour mes TPE sur les représentations des maladies au cours de siècles, et j'aimerais savoir qui a fait le tableau du haut de page. Merci d'avance.


gaye le 25/11/2011
je n compprend pas trop vuos parler des mldies en cours ou au cours des siecles


Laura le 01/12/2011
Au cours des siècles. Et je dois illustrer par des peintures. La peinture du haut de page étant intéressante, il me faudrait son peintre et son titre.


Anonyme le 08/09/2013
Bonjour, très bon article, bibliographie, et tutti quanti. Merci. Vous évoquez des films très tôt qui évoquent la tuberculose. Pourriez-vous être plus précise ? Titres ? sources ? documentaires ? fictions ? films pédagogiques ? ou enquêtes de photographes dans les quartiers populaires français en 1900 ?
merci pour tout renseignement, c'est pour une séquence de film sur le Havre. Cordialement,
Roy Lekus mail : privatejokeprod@free.fr