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arcaneslyriques
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Cercle littéraire "Arcanes Lyriques" retranscription des réunions.
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Blog Livre
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13.07.2007
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INTERVIEW d'ALBAN DELARUE

Posté le 05.03.2008 par arcaneslyriques
Interview d'Alban Delarue

- Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m'appelle Alban, je suis du genre épicurien, après plusieurs années dans le monde du travail "alimentaire", j'ai décidé de me lancer dans le dessin, ma passion depuis toujours.

- Quand et comment t'es venue l'envie de dessiner ?

Au-delà des gribouillages que font tous les enfants, mes premiers dessins remontent à peu près à mes premiers cours de maths, insoutenable matière dés le début, et comme j'ai toujours adoré la bd, le dessin pris une place naturelle, soit en cours, discrètement, soit pendant les heures de colle etc...

- Quels sont les dessinateurs, peintres ou photographes qui t'ont influencé ?

Des dessinateurs comme Moebius, John Byrne, Bernie Wrightson, goupil (l'épée de cristal) ont fortement orienté mon goût du dessin, en peintre, Dali et Delacroix sont pour moi des références.
Apres des dessins animés comme Droopy, Bip bip et le coyote, Akira, certains Disney sont très galvanisants. Soit sur l'humour qu'ils dégagent, soit sur l'atmosphère, soit les expressions des personnages..... j'adoooooore !

- Concrètement, quelles techniques utilises-tu et quelle est celle que tu préfères ?

Apres le crayon à papier, j'aime beaucoup le rendu de l'aquarelle, et après des petites retouches sur Photoshop me semblent bienvenues et donnent un effet des plus agréables.

- Y a t'ils des thèmes récurrents dans tes illustrations ?

L'heroic fantasy, elfes, magie et symbolique, j'adore. L’imaginaire est très présent dans mes dessins, la réalité nettement moins.

- D'où te vient ton inspiration ?

Tout l'univers fantasy m'inspire, certains films du style le seigneur des anneaux, Starwars, les mangas, l'atmosphère que l'on peut trouver dans le dépaysement d'un voyage etc, tout ce qui laisse l'imagination courir me séduit.

- Quel est le dessin dont tu es le plus fier et pourquoi ?

Forcement celui que je suis en train de faire, car ne m'étant mis que depuis peu de façon sérieuse, presque scolaire au dessin, j'applique un peu plus ce que j'ai pu apprendre et assimiler. Disons que j'aime beaucoup les six ou sept derniers dessins, et ceux d'avant je préfère ne pas les revoir. Vivement dans dix ans hahaha !

- En matière de dessin, quels sont tes projets pour l'avenir ?

Dans la mesure où je suis un autodidacte, je pense que cela prendra un peu de temps, mais le but à long terme est de faire une BD. Au moins une, qui raconterait mon univers imaginaire. Mais quoi qu'il en soit, que je puisse en vivre un jour ou pas, j'aime tellement dessiner que je ne pense pas arrêter un jour.

- A part l'illustration, quelles sont tes autres passions ?

Les voyages, notamment l'inde, la lecture aussi bien livres que bd, les dessins animés, le développement personnel, et tout ce qui touche aux légendes, mythes, religions, civilisations, et la sieeeeesssste !

Propos recueillis par PerCEval.
Illustration ci-dessus : Alban Delarue.


LA VIE EST UN SONGE

Posté le 01.03.2008 par arcaneslyriques
La vie est un songe

De Jacques Vallée des Barreaux (1599-1673)


Tout n'est plein ici bas que de vaine apparence,
Ce qu'on donne à sagesse est conduit par le sort,
L'on monte et l'on descend avec pareil effort,
Sans jamais rencontrer l'état de consistance.

Que veiller et dormir ont peu de différence,
Grand maître en l'art d'aimer, tu te trompes bien fort
En nommant le sommeil l'image de la mort,
La vie et le sommeil ont plus de ressemblance.

Comme on rêve en son lit, rêver en la maison,
Espérer sans succès, et craindre sans raison,
Passer et repasser d'une à une autre envie,

Travailler avec peine et travailler sans fruit,
Le dirai-je, mortels, qu'est-ce que cette vie ?
C'est un songe qui dure un peu plus qu'une nuit.

LA METAMORPHOSE

Posté le 27.02.2008 par arcaneslyriques
La Métamorphose de Franz Kafka (1912)

Franz Kafka (1883-1924) est un écrivain tchèque de langue allemande qui a écrit entre autre « Le Procès » et « La colonie pénitentiaire » en 1914 et « Un artiste de la faim » en 1922. Souvent ses récits expriment l’angoisse humaine face à l’absurdité de l’existence et surtout face aux différentes institutions.

Dans « La Métamorphose » il raconte l’histoire de Gregor Samsa, petit représentant de commerce qui travaille pour assurer l’avenir de ses parents et de sa petite sœur. Sa vie est plutôt monotone, faite de routine pour un travail qui l’ennuie au plus au point.
Mais un matin, en se réveillant, Gregor constate qu’il est devenu un insecte monstrueux. Il croit d’abord à un rêve mais malheureusement pour lui ce n’en est pas un et là il commence à sérieusement s’inquiéter.
Sa mère, ne le voyant pas arriver pour ensuite aller à son travail, vient alors frapper à sa porte pour voir ce qui se passe. Gregor lui répond que ce n’est rien et qu’il va bientôt sortir de la chambre. Mais sa voix a beaucoup changé, sa mère est horrifié et informe donc les autres membres de sa famille. Evidemment tout le monde prend peur quand enfin Gregor se décide d’aller ouvrir, après de grands efforts physiques. C’est la panique, la mère hurle, le père est furieux et pense immédiatement aux conséquences : Gregor ne peut plus aller travailler, il ne ramènera donc plus d’argent à la maison. Les heures passent, le trouble s’installe et seule Grete, sa jeune sœur décide de prendre les devants en allant apporter à manger à Gregor. Ses parents lui sont reconnaissants d’autant plus qu’eux refusent d’approcher l’animal qui les terrorise au plus haut point. Après la peur, la tristesse et surtout l’absurdité de la situation, les parents ressentent un sentiment de honte. Il ne faut pas que quelqu’un apprenne ce qu’est devenu leur fils alors on congédie la bonne et bien sûr on enferme l’horrible insecte dans sa chambre.
Gregor se sent seul même si par l’entrebâillement de sa porte il arrive à capter les conversations de sa famille. Il est triste et sait bien que désormais il n’inspire que le dégoût, la honte. Il culpabilise aussi beaucoup car il sait qu’il ne pourra plus soutenir sa famille financièrement. Si au départ Grete accepte de lui parler, rapidement elle finit par se lasser de le faire et de lui apporter à manger d’autant plus que Gregor ne touche pas à son alimentation.
Il tente de s’échapper mais son père ira jusqu’à le frapper à coup de balais pour le faire revenir dans sa chambre. Aux douleurs psychologiques s’ajoutent donc les douleurs physiques qui ne font qu’affaiblir un peu plus le pauvre Gregor. Il va alors perdre l’envie de vivre et progressivement se laisser aller de façon irrémédiable…

De tous ses romans, « La Métamorphose » reste le plus énigmatique et si l’intrusion de l’élément surnaturel dans le quotidien est vécu comme quelque chose de naturel, il n’en est pas moins une très forte allégorie sur le handicap, la solitude et la culpabilité. En perdant son apparence physique et son langage, c’est son identité que Gregor enterre. Bien plus qu’une mise à l’écart par sa famille c’est bel et bien d’un abandon qu’il s’agit.
Le lecteur, oppressé par une action dans un lieu clos, ne sait pas si Gregor s’est transformé en cafard, en cancrelat ou en scarabée il sait juste qu’il est devenu une chose abjecte, un déchet que sa famille ne souhaite que balayer. A aucun moment les personnages ne s’interrogent sur le comment et le pourquoi de cette situation absurde, ni des solutions pouvant être envisagées. Gregor est encombrant et gênant, c’est tout et personne ne pourrait lui venir en aide, pas même sa famille qu’il a nourrit jusqu’à présent…

Odéliane.

LA TUEUSE D'ECHO

Posté le 23.02.2008 par arcaneslyriques
La Tueuse d’écho (1883)
par Catulle Mendés (1841-1909)


C’était dans le sous-sol d’une de ces sales brasseries où la police tolère que l’on boive encore après que tous les cafés et tous les débits de vin sont fermés. A des tables de bois, sous la poussière jaune du gaz, s’accoudaient les lassitudes saoules des rôdeuses nocturnes qui avaient fini leur besogne et de quelques hommes qui les avaient attendues tout le soir ; elles, fardées, eux, très blêmes et rasés de près comme des cabotins.
Comme nous allions sortir, écœurés de notre curiosité satisfaite :
- Regarde, me dit mon compagnon.
Il me désignait, seule, assise au fond de la salle, une femme très grande, très grasse, dont les cheveux roux en touffes bouffaient hors d’une toque à plume. Plus lasse que vieille, et la gorge tombant dans la soie lâche du corsage, elle avait dû être belle, elle l’était encore par la blancheur laiteuse de sa peau, par ses larges yeux noirs, profonds, fixes, où l’hébétude s’animait quelquefois d’un reste de pensée. Une fille, certainement, comme ses voisines ; on voyait de la crotte de trottoir au bas de son jupon, à la semelle de ses bottines ; mais, énorme, et pesamment assise avec l’air d’une colossale idole, elle semblait, cette créature, le type exagéré, la personnification presque grandiose de toute une espèce.
Etonnés, nous approchâmes.

D’une voix enrouée, très forte, qui domina tout le chuchotement des conversations à voix basse, elle nous demanda de lui payer à boire. Elle se fit servir quatre verres de genièvre qu’elle versa dans une chope où restait de la bière, et vida la chope d’un seul trait. Puis elle se mit à chanter le refrain d’une chanson de café-concert. Ce fut un râle rauque, gras, avec des traînements faubouriens, un geignement étranglé d’ivrogne. « A la bonne heure ! » Dit-elle en éclatant de rire. Puis familière, elle nous parla.


« Il n’y en a pas une pour boire autant que moi. Une bouteille d’eau-de-vie, après douze bocks, ne me fait pas peur, et je ne me grise jamais. Je connais des femmes qu’on ramasse tous les soirs, ivres, au coin des rues ; moi, je marche plus droit quand je sors de chez le marchand de poivre ; la boisson, ça me leste. Mais il ne faut pas croire que je boive pour mon plaisir. Ah ! Bien, oui. Je n’aime pas la bière, ni l’absinthe, ni le rogomme ; il y a des moments où je donnerais je ne sais quoi pour avaler un verre d’eau pure, bien claire, qui me caresserait la gorge et me mettrait de la fraîcheur dans l’estomac. Et, si je bois, ce n’est pas non plus pour être amusante ! Je fais mon métier tout juste. Je donne ce qu’on m’achète, pas autre chose. Est-ce que je suis obligée d’être de bonne humeur, d’avoir des mots drôles, de faire rire les gens par-dessus le marché ? Il ne manquerait plus que ça. Ils croient peut-être qu’ils m’amusent, eux ? Non, si j’ai pris l’habitude de m’en fourrer jusque-là, de l’alcool à trois sous le verre, c’est pour une autre raison, et ça ne regarde personne. »
Elle parlait bas, maintenant, comme pleine d’une pensée triste, et, détournée à demi, elle prit sa tête entre ses larges mains grasses, la fit pencher à droite, la fit pencher à gauche, berçant son front comme on berce un enfant malade.
Puis, bien que nous ne l’eussions pas interrogée, elle continua sans nous regarder.

« Oui, pour une autre raison. Si vous voulez la savoir, je veux bien vous la dire. Il faut que je vous explique une chose : ce n’est pas gai tous les jours, ni toutes les nuits, la vie que je mène. Patauger dans la boue de neuf heures du soir à deux heures du matin, parler aux gens qui rentrent chez eux, être rudoyée de coups de coude quand les passants sont de mauvaise humeur, retirer son corset dans une chambre d’hôtel garni où il n’y a pas toujours de feu, redescendre l’escalier, recommencer la promenade sous la pluie, ce sont des amusements dont je me passerais bien. Dans les commencements, surtout, c’était dur. Au moment d’aller sur le boulevard, j’avais des envies de sortir par la fenêtre. Mais quoi ? Que voulez-vous ? Il fallait manger, n’est-ce pas ? Et je vous demande un peu si j’aurais trouvé du travail ailleurs que dans l’atelier des quatre vents ? Quand on est tombé où je suis, plus moyen de s’en tirer ; c’est une glu qui tient ferme, la crotte du ruisseau. Enfin, peu à peu, je me suis habituée. Tous les métiers ont quelque chose de désagréable. A présent, je me suis faite au mien. Si on me mettait dans mes meubles, si je n’étais plus obligée de descendre dans la rue, je ne saurais peut-être pas à quoi passer le temps ; ça me manquerait de ne pas être mouillée par la pluie, salie par la boue, battue par le vent, bousculée par les hommes. Bref, je vous dis que j’ai pris mon parti, et puisque c’est comme ça, tant pis, voilà, c’est comme ça. Ah ! Seulement, il y a une chose à laquelle je n’ai jamais pu m’habituer. Pour que les gens fassent attention à vous le soir, il faut leur parler, n’est-ce pas ? Eh ! Bien, chaque fois que je parle à quelqu’un en le tirant par le bras, - les mots que nous disons, vous les savez bien, - je ne puis m’empêcher, c’est plus fort que moi, d’avoir le cœur serré, affreusement, comme si j’allais mourir, et j’ai toutes les peines du monde à ne pas pleurer toutes les larmes de mon corps. Ce n’est pas à cause des paroles que je dis, oh ! Non, ni à cause de la honte de faire ce que je fais, - je ne suis pas si bête, bien sûr ! - mais c’est à cause de ma voix, que j’entends. Quand je me suis bien reposée, quand j’ai dormi toute la journée, ma voix n’est pas rauque et grasse ; je l’entends très douce au contraire, très pure comme elle était autrefois, du temps que j’étais gamine, chez nous, à la campagne. Elle me tue, cette voix-là ! Je la reconnais, elle me rappelle les choses qu’elle disait. Je me souviens de la maison du père et de la mère, et des petites sœurs, qui ne sont pas venues à Paris, elles, qui se sont mariées au pays ; elle me fait penser aussi aux rendez-vous que j’avais derrière la haie avec le fils du forgeron, un beau gars qui m’embrassait à plein bras, me baisait bruyamment la bouche, - vous savez, nous, on ne nous baise pas sur les lèvres, - et qui m’aimait, pour sûr, et que j’aimais aussi. Ça me rend folle de demander : « Vous ne montez pas chez moi, beau blond ? » Avec la voix qui disait à ma mère : « Bonjour, maman », avec la voix qui disait à mon amoureux que je ne le quitterais jamais. J’essaye de parler bas, pour ne pas m’entendre, ou de rire aux éclats, tout en parlant. Ça ne sert à rien. Je la reconnais toujours, la voix d’autrefois, et je me cache la tête entre les mains, et je ne prononce plus un mot, et je m’en vais avec la peur d’être suivie, d’être obligée de répondre à l’homme qui me suivrait.


Dans un sanglot, ses grands yeux pleins de larmes, la triste fille se tut. Autour de nous, on ne prenait point garde à ce désespoir ; sans doute, on pensait qu’elle était ivre.
Elle ajouta lentement :
- Voilà pourquoi je bois autant que je puis. L’absinthe enroue, le genièvre aussi. Après avoir bu, je n’ai plus le son de parole que j’avais dans le temps. Et, à force d’avaler tout ce qui sèche et brûle la gorge, j’espère bien arriver à ne jamais plus entendre, quand je tire le bras aux hommes de la rue, la voie douce dont j’appelais maman et dont je disais que je l’aimais à mon premier amoureux. »


LES MIASMES DE LA CLAUSTRATION

Posté le 20.02.2008 par arcaneslyriques
Les Miasmes de la claustration
Olivier Déhenne
K-Inite éditions

Les Miasmes de la claustration. Tel est le titre évocateur du premier roman d’Olivier Déhenne.
Ce roman est, en réalité, le cahier rédigé par Louis, jeune homme de trente ans, lors de son internement dans un établissement psychiatrique, cahier qu’un médecin choisit de révéler au public, après le suicide de son auteur. Dès les premières pages, le lecteur sait à quoi s’attendre ; d’ailleurs, Louis - par l’habile procédé rhétorique de l’avertissement - le prévient : « Je vous méprise cher lecteur, engoncé comme vous l’êtes dans votre confort de petit juge bien pensant. Je ne dis pas vous par respect, mais en raison d’une volonté farouche de me tenir éloigné de ce qui me paraît le plus odieux, le plus détestable : la fausseté, les convenances, l’hypocrisie – Vous. Vous qui ne lirez ces lignes que pour vous divertir ou pour gonfler votre conscience d’une compassion abjecte. Vous qui quotidiennement dissimulez le besoin incontrôlable de plonger votre museau dans la fiente d’autrui sous des allures d’intérêt pseudo-intellectuel (…) »
Ce roman est une plongée sans concession dans le désœuvrement de Louis, qui vit reclus dans un appartement s’apparentant davantage à une poubelle qu’à un logis au sens traditionnel, et dont la fortune – son oisiveté est due au fait qu’il peut puiser comme il le souhaite dans le compte en banque familial – n’a d’équivalent que l’infortune morale et psychique.
Alcoolique, cynique, dépressif, désenchanté, désabusé, haineux, marginalisé, Louis est tout cela. C’est aussi un être instable, plein de contradictions, qui cherche la pureté, l’Amour, et inspire tour à tour au lecteur pitié, compréhension, compassion et dégoût.
Chaque page est une souffrance ; chaque description est un cri, mi-révolté, mi-résigné ; chaque mésaventure de Louis est un désastre : si la beauté et l’espérance se laissent parfois apercevoir, c’est pour mieux disparaître derrière le voile irrémédiablement crasseux de la vie réelle.

On ne saurait évoquer les Miasmes de la Claustration, sans rappeler l’activité d’écriture d’Olivier Déhenne au sein du groupe atypique Eros nécropsique, fondé fin 1993, début 1994 à Reims.
Les textes, déclamés sur fond de musique sombre et épurée, sont à l’image des Miasmes de la Claustration : obscurs, empreints de colère (cf. « La Fable du lisier »), cyniques, crus, parfois malsains (cf. « Le Nécrophile »), mais toujours poétiques (cf. « Le mélodieux écoulement du temps ») et poignants (cf. le superbe « A l’ami décédé »). On y ressent l’influence de Lautréamont (notamment quant à la précision parfois triviale de certaines descriptions), ainsi que celle de Baudelaire (et de sa fameuse charogne !! cf. « L’appel de Dionysos ») et, plus généralement, du romantisme noir.
A découvrir, donc, ou à suivre !


Sources
- Eros Nécropsique - Charnelle transcendance
- Eros Nécropsique - Pathos
- Eros Nécropsique - Crises de lucidité
- www.erosnecropsique.net
- Elegy n° 29 – août-septembre 2003, « Eros nécropsique, la mort vous va si bien », p. 42 sq.
- Elegy n°34 – février-mars 2005 « Olivier Déhenne, les larmes d’Eros », p. 78 sq.


Arianne de Blenniac


L'ATTACHEMENT

Posté le 20.02.2008 par arcaneslyriques
L’ATTACHEMENT

Je m’attache à des noms, à des visages
Je les apprends par cœur
Et je les collectionne
Comme des amulettes
Qui préservent du malheur.

Je m’attache à toi, je m’attache à eux
A cette étoile qui scintille
Qui bien trop fébrile
Disparaît dans la nuit immense.

Je m’attache à ces sons, à ces images
Je les apprends par cœur
Et je les collectionne
Comme des porte-bonheurs
Devenus protecteurs.

Je m’attache à toi, je m’attache à eux
A cette ombre projetée
Qui bien trop rapide
Disparaît sur le muret isolé.

Je tends la main à cet homme, à cette femme
A ce fantôme qui me sourit ;
Je préserve la flamme
De mon enfance attendrie,
Et je continue d’espérer
Jusqu’à ce qu’il n’y ai plus rien à espérer
Et je continue à rêver
Jusqu’à ce que le réveil sonne, habitué.

Et je cherche des yeux ton regard
Se posera t-il enfin sur moi ?

Odéliane.


WEENA

Posté le 14.02.2008 par arcaneslyriques
WEENA

Wëena se présente actuellement sous la forme d’une bande-dessinée de cinq Tomes qui devrait au final en comporter huit.
Au commencement de cette série nous trouvons au scénario Eric Corbeyran et au dessin Alice Picard. La mise en couleur étant d’abord signée par Alice Picard (pour les Tomes 1 et 2) puis ensuite par Elsa Branto (pour les 3 autres Tomes).

Qui est Wëena ? Née de parents de haut lignage, Wëena est de prime abord une petite fille bien différente des autres enfants de son village. Son teint foncé, ses cheveux d’argent et aux reflets de cendres témoignent de son apparence unique. Il faut dire que le jour de sa naissance une terrible malédiction annoncée par Mohnowe la furie, dite la protectrice, s’est proférée non seulement sur le village d’Halaskini mais aussi sur sa propre famille !
Et pourquoi une telle prophétie destructrice ? Pour cela, remontons à la source c’est à dire au royaume de Nym-Bruyn où les premiers souverains eurent quatre enfants : Skoor, l’aîné qui fonda une dynastie dominatrice appelée « La branche maîtresse ». Puis Noor appelé le mal-aimé qui décida de quitter le royaume. C’est sa descendance métissée qui devint « La branche invisible » dont est issue Wëena. Ensuite il y eut Tengoor, le cadet, qui détestant ses frères prit la décision de s’enfuir avec sa petite sœur. Plus tard il lui fit un enfant et à partir de ce jour le magicien Ocd’ork leur jeta un sortilège condamnant leurs descendants à se reproduire entre eux à jamais. Cette branche maudite prit ainsi le nom de « Branche morte ».

Wëena, quant à elle, va atteindre l’âge de 16 ans dans l’insouciance d’une vie paisible faite de rires et de jeux. Néanmoins les belles choses ne durant qu’un temps, elle va rapidement voir son destin basculer de la plus brutale des façons car le terrible vautour Morckoor n’est jamais très loin pour la précipiter dans les plus périlleux dangers.

Eric Corbeyran nous offre donc avec ce magnifique scénario un des plus purs joyaux de la Fantasy avec ses personnages attachants, tour à tour émouvants et drôles, qui nous donnent l’envie de les accompagner jusqu’au bout de leurs aventures en essayant de braver la sombre malédiction qui semble flotter au-dessus de leurs têtes.
Côté « méchants » la galerie ne manque par de personnages énigmatiques et effrayants comme par exemple un cartomancien sournois et implacable, un régicide avide et déterminé…

En conclusion Wëena nous entraîne dans une histoire habilement ficelée, s’enchaînant avec fluidité et intelligence avec des dessins somptueux et jouissifs qui offre au lecteur avide de sensations visuelles une multitude de détails venant illustrer à merveille une histoire trépidante. Tous les ingrédients de la Fantasy sont donc ici réunis pour que le lecteur puisse les consommer avec délice sans jamais en être rassasié !


Wëena d’Eric Corbeyran (scénario) et Alice Picard (dessin), éditions Delcourt.
Tome 1 : Atavisme (2003)
Tome 2 : Epreuve (2004)
Tome 3: Resurgence (2005)
Tome 4: Union (2005)
Tome 5: Bataille (2007)


PerCeVal

SILENCE

Posté le 13.02.2008 par arcaneslyriques
SILENCE de Comès

L’auteur :

Dieter COMÈS est né en 1942 dans un petit village belge, à la frontière allemande. Pendant l’Occupation, le village est annexé par l’Allemagne. A la Libération, son prénom est francisé : Dieter devient Didier, malgré lui. Il se définit dès lors comme « bâtard de 2 culture ». De plus, COMÈS s’avère être gaucher, mais à l’école on l’oblige à écrire de la main droite. Aujourd’hui, il écrit toujours de la main droite, mais dessine de la main gauche, ce qui participe à l’utilisation récurrente des ambivalences et des oppositions dans son œuvre. Ainsi le questionnement identitaire qui découle de sa propre histoire va guider sa plume et ses dessins pour raconter avec tendresse et poésie des personnages mal compris, méprisés, marginalisés.
Silence, dont le premier chapitre est publié en 1979 dans la revue A suivre, est l’œuvre magistrale de COMÈS. En noir et blanc, jouant avec les ombres et les lumières, cet ouvrage de 150 pages prend le temps d’être lu, regardé et savouré.


Le cadre :

BEAUSONGE, petit village du pays ardennais, dans les années 60’-70’, où la vie paysanne est rythmée par la sorcellerie telle qu’elle était pratiquée dans nos campagnes.


L’histoire :

« Silence », c’est le nom du personnage principal. Muet, Silence est attachant car simple et au cœur pur. Mais sa simplicité naïve pousse les villageois à se moquer de lui, à le mépriser, à l’exploiter. Silence ne comprend pas la méchanceté et jamais il ne se plaint. Il ne connaît pas la colère.
Son histoire est narrée à travers ses yeux. On lit ce qu’il pense… on entend sa voix intérieure (« Je mapel Silence é je sui genti. »). On voit ce qu’il regarde. Tout ce qu’il voit est beau, jusqu’au jour où « La Sorcière » éveille l’esprit de Silence à la réalité et parle au nom de leurs racines communes. Elle lui révèle qui il est et ce qui les unit tous deux dans un destin tragique.

3 personnages, 3 personnalités qui s’opposent ou se complètent, qui s’affrontent ou qui s’unissent :
• Silence, qui représente la bonté, l’amour pur et simple.
• Abel Mauvy, « le Maître », incarnation de la cruauté et de la violence.
• La Sorcière, Tzigane mise au ban du village, qui n’aspire qu’à la vengeance.

Avec ces 3 personnalités, COMÈS dresse un portrait exacerbé des sentiments humains en les mêlant à des pratiques oniriques.


La magie :

En effet, une trame fantastique se dessine adroitement dans un paysage rustique. La nature et ses éléments sont au cœur de l’histoire, merveilleusement illustrés. Par le fantastique, thème récurrent dans les ouvrages de COMÈS, celui-ci raconte le lien étroit qui existe entre l’homme et l’âme du monde, tel un passeur de rêves.


Les incompris :

Avec Silence, il cherche à « illustrer le problème de l’incommunicabilité, et plus précisément de la méfiance instinctive à l’égard des gens « différents », méfiance qui débouche souvent sur la violence. »
Les vrais amis de Silence sont les personnages rencontrés qui le comprennent, l’acceptent et l’aiment pour ce qu’il est et à qui il ressemble… tous des marginaux, des exclus. Alors que le mépris des villageois envers Silence, et plus largement envers les marginaux, nourrit le mal et la cruauté des uns envers les autres ; une solidarité et une amitié fortes naissent entre Silence et ces personnages exclus :
• La Sorcière, de qui il tombe amoureux et à qui il doit la vérité sur sa vie.
• Blanche-Neige, le Nain, qui devient son ami et son compagnon de route.
• Zelda, une naine travaillant dans un cirque, avec qui il partage le même amour sincère pour les serpents.
• Enfin le serpent, animal rejeté par les hommes, qui marquera le dénouement de l’histoire… la signature de Silence.


Autres ouvrages :

Ergün l’Errant (de 1974 à 1982), L’Ombre du Corbeau (1981), Les Cahiers de la BD (1983), La Belette (1983), Eva (de 1985 à 2003), L’arbre-Cœur (1988), Iris (1991), La Maison où Rêvent les Arbres (1995), Les Larmes du Tigre (2000), Dix de Der (2006).


Tatiana K.



RENDEZ-VOUS

Posté le 13.02.2008 par arcaneslyriques
RENDEZ-VOUS

De Charles Cros (1842-1888)

Ma belle amie est morte,
Et voilà qu'on la porte
En terre, ce matin,
En souliers de satin.

Elle dort toute blanche,
En robe de dimanche,
Dans son cercueil ouvert
Malgré le vent d'hiver.

Creuse, fossoyeur, creuse
À ma belle amoureuse
Un tombeau bien profond,
Avec ma place au fond.

Avant que la nuit tombe
Ne ferme pas la tombe ;
Car elle m'avait dit
De venir cette nuit,

De venir dans sa chambre :
« Par ces nuits de décembre,
Seule, en mon lit étroit,
Sans toi, j'ai toujours froid. »


Mais, par une aube grise,
Son frère l'a surprise
Nue et sur mes genoux.
Il m'a dit : « Battons-nous.

Que je te tue. Ensuite
Je tuerai la petite. »
C'est moi qui, m'en gardant,
L'ai tué, cependant.

Sa peine fut si forte
Qu'hier elle en est morte.
Mais, comme elle m'a dit,
Elle m'attend au lit.


Au lit que tu sais faire,
Fossoyeur, dans la terre.
Et, dans ce lit étroit,
Seule, elle aurait trop froid.

J'irai coucher près d'elle,
Comme un amant fidèle,
Pendant toute la nuit
Qui jamais ne finit.

LE GOLEM

Posté le 13.02.2008 par arcaneslyriques
LE GOLEM


Le Golem est un être humanoïde, artificiel. Il est fait le plus souvent d’argile et peut être animé momentanément de vie par l’inscription sur son front (ou sur sa bouche) d’un mot extrait d’un verset biblique.
Dans la culture hébraïque, la première apparition du terme « golem » se situe dans le livre des Psaumes : « Je n’étais qu’un Golem et tes yeux m’ont vu. » Le Golem est alors un être inachevé, une ébauche.
Dans la Kabbale, c’est une matière brute sans forme ni contours alors que dans le Talmud le Golem est l’état qui précède la création d’Adam.

Mais la légende du Golem qui a pris le plus d’importance est celle venue tout droit de la Kabbale (doctrine juive) et qui est apparue au Moyen-Age simultanément en Provence, dans le Languedoc et en Espagne.
Le Golem est né d’une attente, d’un espoir que les juifs avaient pour tenter de résister aux persécutions et de survivre au temps des croisades. Alors ils créèrent d’un commun accord cette arme terrible mais incontrôlable que fut le Golem. Pour cela, ils devaient pétrir d’argile rouge une statue humaine à peu près de la taille d’un enfant de 10 ans. Lorsqu’ils inscrivaient sur le front de la créature le mot « Emeth » ou « Emet » qui signifie « Vie ou vérité » aussitôt la créature vivait et devenait un esclave docile pour celui qui l’avait créé, pouvant accomplir les plus durs travaux. Le seul inconvénient était que le Golem grandissait avec une grande rapidité devenant dans bien des cas une sorte de géant.
Si au départ le Golem est apparu comme une sorte d’esclave, au 17ème siècle celui-ci devient une sorte de héros nationaliste et le symbole de la défense juive. C’est même la seule figure légendaire d’importance que le judaïsme ait transmise à son environnement européen. Pourtant, c’est une créature imparfaite puisqu’elle est dépourvue d’âme et de parole et qu’elle a la fâcheuse habitude d’échapper au contrôle de celui qui lui a donné la vie…

Le mot « Golem » apparaît une seule fois dans la Bible et s’écrit « Guimel » en hébreu ce qui signifie « Matière informe ». Ses caractéristiques varient un peu selon les époques mais dans la plupart des cas c’est un être fort dont la puissance est associée à l’élément terre. Il est généralement muet, au fil des jours il croît en taille et en pouvoir de destruction. Il est à souligner également que le terme de Golem signifie également « idiot, abruti » ce qui laisse supposer qu’il n’a qu’une très faible intelligence.

Selon la légende, le premier a l’avoir conçu est le Rabbin Loew, nommé Maharal de Prague. Son souhait aurait été de défendre sa communauté. Il aurait donc donné vie à un Golem en inscrivant le mot « Emeth » sur son front et en introduisant dans sa bouche un parchemin sur lequel était inscrit le nom de Dieu.
Pour tuer un Golem, il suffit d’effacer la première lettre du mot inscrit sur son front ce qui donnerait le mot « Meth » qui signifie « Mort ». Ainsi le Golem reprendrait son stade initial : une masse de terre glaise.
Certains racontent que le Rabbin est mort par son Golem, qu’il a été écrasé par sa masse grandissante. La légende veut également que ce soit Dieu qui ait demandé au Maharal de créer un « second Adam ». Une autre légende prétend encore que le corps de ce premier Golem serait toujours à la disposition de la communauté juive et entreposé dans la Genizah (l’entrepôt des vieux manuscrits hébreux).
Selon toutes ces légendes, pour faire un Golem il faut de l’argile ou à défaut une terre ou un support de bonne qualité (pierre, bois, fer, chair…). Il faut maîtriser la prononciation des mots hébreux et effectuer une marche circulaire en récitant 221 formes d’alphabet secret.
Une fois la créature constituée il faut inscrire le mot « Emeth » sur son front. Ensuite on peut lui demander toutes sortes de choses, des plus anodines au plus tragiques mais bien souvent le Golem est utilisé pour se venger de quelqu’un, pour l’assassiner car le Golem ne possède pas d’âme au contraire de l’homme, il peut alors tuer sans remord ni culpabilité.
Le Golem si au départ réagit docilement et simplement aux désirs de son créateur, à mesure qu’il grandit il devient de plus en plus envahissant et destructeur, donc dangereux pour tous ceux qui l’approchent. En ce sens il est vivement conseillé à son créateur de le détruire en effaçant la première lettre du mot « Emeth », encore faut-il être à la hauteur de son front pour le faire…
Une légende raconte qu’un Rabbin nommé Ben Levi, créa quatre Golems en même temps afin qu’ils creusent au sein de sa maison un souterrain de mille pas de longueur dont il avait besoin pour cacher ses trésors et ses livres, à la veille d’une perquisition dont il avait été secrètement averti. Quand le travail fut terminé, le Rabbin se trouva vite embarrassé par la présence de ses Golems toujours plus envahissants. Il fit alors preuve de ruse pour s’en débarrasser : en effet il ordonna respectivement aux Golems de s’agenouiller pour renouer les lacets de ses sandales et ainsi se retrouvant à la hauteur de leurs fronts il put effacer la fameuse lettre.
Le Golem peut être actif autant de temps que son créateur l’aura décidé, excepté le jour du Shabbat où celui-ci ne doit avoir aucune activité comme les autres créatures de Dieu. C’est pourquoi chaque Vendredi, le Rabbin doit ôter de sa bouche le parchemin sur lequel est inscrit le nom de Dieu et si par mégarde il oublie de le faire, le Golem se met alors à dévaster le ghetto.

Etant donné les difficultés et dangers qui peuvent survenir suite aux méfaits de telles créatures, on peut alors s’interroger sur l’utilité d’une telle création. Pour certains, il s’agit de construire une sorte de Messie vengeur et destructeur. Pour d’autres fabriquer un Golem c’est démontrer sa puissance en défiant Dieu et en tentant de maîtriser les énergies et les pouvoirs complexes qui donnèrent le jour à Adam dans la Genèse. En ce sens, il est intéressant de rapprocher la création du Golem à l’obtention de la pierre philosophale dans le grand œuvre des alchimistes.

De nombreuses œuvres sont inspirées directement ou indirectement de ce cette légende. C’est le cas du Frankenstein de Mary Shelley, du Golem des frères et sœurs Murail, (auteurs de littérature jeunesse), du Golem de Gustav Meyrink, de Fantasia de Walt Disney (avec l’apprenti sorcier), du Folklore Yiddish où plusieurs troupes de théâtre juives jouaient des adaptations de la toute première légende du Golem, du cinéma allemand du début du 20ème siècle avec le cinéaste Paul Wegener et son film « Der Golem, Wie er in die welt kan » en 1914 puis en 1920, du film « Le boulanger et l’empereur et l’empereur des boulangers » de Martin Fric en 1951. Du Golem de Louis Pauwels en 1967, du film d’animation « Innocence » de Mamoru Oshie sorti en 2004, d’un épisode de la série X-Files (Saison 4), du Golem 13 qui est un ennemi des San KU Kaï ,d’un soldat de Freezer appelé Golem dans la série Dragon Ball Z ou encore dans « Pieds d’Argile » l’un des romans des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett qui met en scène des Golems qui créent eux-mêmes un Golem pour en faire leur Roi…Pour ne citer que ceux-ci.

Plusieurs jeux de rôles médiévaux et fantastiques mettent également en scène des Golems dont par exemple « Donjons et Dragons ».

Dans la majorité de ces œuvres, le Golem symbolise la peur des hommes face à leurs créations comme par exemple le rejet occidental des robots humanoïdes. Mais de manière plus complexe, le Golem suggère finalement le destin lié de l’homme à son invention. Ce n’est pas un simple instrument qui prolonge l’homme, il est une part intégrante de son être puisque celui-ci doit son existence à la main dont il est issu et qui peut, à tout instant, le détruire, le ramener à la poussière dont il est extrait.


Odéliane.


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