LA FILLE D'OCTOBRE
La Fille d’Octobre est un tout nouveau groupe français qui vient de sortir son premier album le 12 octobre dernier et donné son premier vrai concert le 29 octobre.
La musique et les paroles de ce groupe se composent sous la forme d’un « concept Album ». Concept enrichit et complété par les photographies de Franck Glénisson qui « habille » à merveille l’univers tourmenté du groupe.
Leur album joliment nommé « Hurle-vent » nous entraîne dans une histoire teintée de fantastique et de romantisme. Chaque chanson se déroulant comme les séquences d’un film aux scènes tour à tour bouleversantes et cruelles avec comme point d’orgue un étourdissant final.
Il est très difficile de vouloir comparer La Fille d’octobre avec le paysage musical actuel, inventeurs et pionniers en la matière, ils peuvent se glorifier d’avoir créé un univers particulier, un genre unique qui leur va comme un gant. Qualifions donc leur création de variété pop/ gothique, de lyrique orchestral et cinématographique !
Leurs influences musicales empreintes sur certaines compositions aux arpèges filmographiques de Danny Elfman (compositeur pour les films de Tim Burton) pour par exemple les chansons « Trop d’amour tue » ou encore « Sur ma lune ». D’autres reçoivent de plein fouet les assauts lyriques/gothiques de « Within Temptation » par exemple pour la chanson « Sous les nénuphars » entre autre. D’autres encore resteront dans le schéma classique des compositions musicales à grand spectacle tel « Le Roi Soleil » avec la chanson « Tout doit brûler ». Autant de genres différents qui rassemblés intégralement ou en partie sur certains morceaux donnent (enfin) naissance à un nouveau style musical ! C’est donc un beau tour de force et rien que du bonheur pour nos oreilles !
La Fille d’Octobre se compose de trois grands talents :
- Tout d’abord sa chanteuse, Malaurie Duffaud, possède beaucoup de cordes à son arc, passant avec allégresse du cours Florent au conservatoire à Montpellier, pratiquant entre autre le théâtre, la danse, le piano, et c’est surtout par sa voix que Malaurie trouvera sa vraie…voie ! Participant à divers spectacles musicaux, elle découvre en tant que choriste l’univers Pop/Rock avec le groupe Nova puis devient par la magie des rencontres la chanteuse du groupe et ce pour notre plus grande joie !
- Le parcours du compositeur Christophe Houssin quant à lui passe par les notes du piano, l’envoûtant depuis l’âge de 8 ans ! Eclectique s’il en est, Christophe arrange, réalise et mixe lui-même ses propres compositions… ou celles des autres. Travaillant souvent avec un beau fil d’Ariane nommé Nolwen. Ses œuvres se déclinent par des compositions toujours mélodiques, orchestrales mais flirtant aussi avec les arcanes musicaux du groupe Rock progressif Cafeïne.
- Pour finir les textes du parolier Franck Harscouet conjuguent avec talent toutes ses passions pour le fantastique et le romantisme exacerbé. Exerçant tout d’abord une myriade de facettes artistiques comme la mise en scène, la création de costume, de décors, Franck fait feu de tout bois, et joue aussi la comédie au théâtre ! Venant à la musique tout naturellement après un tel parcours, il écrit en autre une chanson pour Nolwen et poursuit en beauté son aventure en tant que parolier avec La Fille d’Octobre.
De tout le concept général du projet musical d’ « Hurle-Vent » c’est sans aucun doute les textes qui forment l’essentiel de la clé de voûte à l’édifice.
Le mot « poésie » vient de suite à l’esprit et c’est une poésie forcément empreinte d’une forte teneur en mélancolie. Alcool poétique donc qui nous invite à boire toutes ces paroles sans aucune modération.
Quant à la construction des textes même, de nombreuses références sont faites à la mythologie avec par exemple le mythe d’Icare, aux contes de fées avec des allusions à Peau d’âne, la belle au bois dormant, le chat botté, le petit poucet, Aladin… A certains personnages historiques tel Casanova de Seingalt, célèbre aventurier galant de Venise.
Le romantisme littéraire est très présent avec une abondance de termes faisant référence à la faune (L’oiseau, le hibou, le corbeau) et à la flore ( les chardons, les pivoines de Chine, le lotus, les nénuphars…) mais aussi à l’écoulement du temps (Le crépuscule, l’Aube…)et au passage des saisons dont la chanson du même titre est inspiré du poème « Au bord de l’infini » de Victor Hugo.
Passée l’introduction musicale, la première chanson démarre par le titre énigmatique de « Sous les nénuphars ». Notons au passage qu’un fil conducteur s’égrènera tout au long de l’album par de courtes « plages musicales », invitant l’auditeur à la méditation.
L’histoire d’ « Hurle-Vent » débute par la douleur que s’inflige l’héroïne sous la forme métaphysique d’une noyade dans un lac. Ses réflexions devant l’amener à pouvoir surmonter ses peines et voir l’avenir sous un jour nouveau. C’est donc un voyage introspectif et personnel qui nous est proposé, fait de sentiments contradictoires mais toujours empreints de mélancolie et de lassitude.
Recherchant avant tout l’amour, l’héroïne se démène par presque tous les moyens pour y parvenir en usant par exemple de sa séduction exacerbée ou de sa douceur envoûtante. Voulant se débarrasser de son passé pour renaître tel un phénix, La fille d’Octobre se veut au travers de chaque chanson prendre le dessus sur ses souffrances et rencontrer enfin l’amour tant attendu, tant sublimé.
Après un album d’une telle richesse musicale et littéraire, leur concert à « La Boule noire » fut la confirmation d’un réel talent.
Avec un décor intimiste fait de teintes d’Automne ( présence sur la scène de branches et de feuilles d’Automne), une présentation soignée avec par exemple les costumes des musiciens (identiques et originaux faisant parfois penser aux protagonistes du livre d’Anthony Burgess, « Orange Mécanique) et plus encore de la chanteuse qui a chaque tenue ne cesse de nous faire voyager à travers d’autres époques et d’autres mondes imaginaires (robes du 19ème siècle, manteau de contes de Fées, cape du Petit Chaperon rouge…)
L’orchestration était rythmée, précise avec un niveau technique d’une rare qualité. L’amalgame des instruments modernes (Batterie, Basse…) aux instruments classiques (violoncelle, xylophone…) donnait un charme certain à cette musique sans âge, ni époque. Le public pouvait se sentir transporté d’émotions à chaque chanson ; le violoncelle ayant une part importante dans cet effet. La voix de la chanteuse était puissante, maîtrisée, chaque vocalisme venait parfaire cet ensemble. La tonalité musicale du concert apporte donc quelque chose de nouveau aux rythmes de l’album, donnant des accentuations plus fortes à chaque instrument.
Tout d'abord merci pour votre commentaire ... et bravo pour la finesse de votre appréciation de l'album ! Il est rare que l'on puisse lire une "analyse" qui prenne la peine de détailler aussi bien et aussi justement les morceaux d'Hurle-Vent... cela nous fait extrémement plaisir.
D'autres concerts de la Fille d'Octobre devraient avoir lieu début 2008 à Paris, avec sans doute de nouvelles chansons supplémentaires... nous vous tiendrons au courant!
Pouvez vous me confirmer si la version longue du clip réalisé par Franck Glenisson "TROP D'AMOUR TUE" sort bien le 16 janvier 2008 au cinéma?
je ne connaissais pas ce groupe ...