Critiques de livres
Publié le 07/10/2009 à 18:31 par arcaneslyriques
Le sphinx des glaces
Jules Verne
1897
Quand on pense à l’œuvre de Jules Verne, plusieurs titres nous viennent immédiatement à l’esprit. 20000 lieues sous les mers, L’île mystérieuse, Robur le conquérant ou les 500 millions de la Bégum. Et pour cause… Les sujets traités, les formidables découvertes ou inventions mises en avant par l’écrivain, avaient de quoi fasciner des générations de lecteurs. Le cinéma ou la télévision s’en sont emparés, les ancrant un peu plus dans la culture populaire.
On aurait vite fait de penser que l’œuvre de Verne se résume à ces quelques volumes. Au risque de passer à côté de créations plus rares. C’est un peu le cas avec Le sphinx des glaces.
Ce roman, publié en 1897, occupe une place très particulière dans la bibliographie de l’écrivain. Certes, on y retrouve sa « patte ». Le voyage, le mystère, avec des données scientifiques qui étayent le scénario. Mais cette fois, Verne ne crée pas une énième aventure inédite. Le ton y est différent, volontiers plus grave. En fait, avec Le sphinx, Verne s’approprie l’univers d’un écrivain qu’il admire et qu’il considère comme un maître : Edgar Poe.
Plus exactement, Verne propose une suite au livre de Poe, Les aventures d’Arthur Gordon Pym. En aucun cas il ne s’agit d’un plagiat. Bien au contraire, avec le sphinx, Verne entend rendre un hommage à l’auteur qui l’a beaucoup influencé dans ses jeunes années.
Et puis surtout, c’est aussi une façon pour lui, de se prouver qu’il peut aller plus loin que son modèle. En quelque sorte, il faut voir dans Le sphinx, le roman de la maturité. En 1897, Jules Verne à 69 ans. Sa réputation est faite. Il a la légitimité suffisante pour pouvoir se lancer dans cet exercice.
Dans un premier temps, nous allons découvrir l’histoire présentée dans Le sphinx des glaces. Ensuite, nous verrons en quoi au-delà de l’hommage de Jules Verne pour Edgar Poe, ce livre est un défi adressé au maître.
L’histoire
L’action du livre se passe en 1839-1840.
Nous sommes dans l’hémisphère sud. Plus précisément dans l’archipel des Kerguelen. Un savant américain, Joerling y a passé plusieurs mois, afin de faire des études géologiques. Son travail accompli, Joerling n’aspire plus qu’à une chose : revenir aux Etats-Unis. Pour se faire, il lui faut trouver une place sur l’un des rares bateaux qui fréquentent cette région du globe.
Une opportunité se présente avec l’arrivée d’un navire anglais, venu faire relâche dans les Kerguelen : l’Halbrane. Les premiers contacts avec le capitaine sont plutôt orageux. L’officier refuse purement et simplement d’accueillir à son bord le scientifique. Pour quelle raison ? Le capitaine n’en donne aucune.
Joerling est assez vexé par cette attitude, et surtout le mutisme du marin. Il se résout à attendre l’arrivée d’un prochain navire… Quand le capitaine Len Guy lui fait savoir, la veille du départ, qu’il accepte de le prendre comme passager. Pourquoi un tel revirement ?
Len Guy s’en explique une fois que son bateau est en pleine mer. Il a appris que Joerling est originaire du Connecticut. Comme Arthur Gordon Pym, l’homme qui a inspiré à Poe, son livre. Joerling est choqué par cette révélation. Lui aussi a lu le roman d’Edgar Poe… Il s’agit d’une œuvre de fiction. Comment un homme comme Len Guy peut-il accorder du crédit à une histoire imaginaire ?... Mon Dieu ! Le capitaine n’est pas en pleine possession de ses moyens…
Très vite, différents événements amenent Joerling à revoir sa vision des choses. En faisant escale sur une île, Joerling rencontre des personnes qui ont croisées Pym et ses compagnons… Les détails qu’ils donnent ne souffrent pas la critique…
Joerling réalise alors que le capitaine Len Guy n’est autre que le frère de l’officier du navire sur lequel naviguait Arthur Gordon Pym. Ce même navire qui a disparu dans des conditions tragiques 11 ans auparavant. Len Guy est persuadé que son frère, et peut-être des membres de son équipage sont encore en vie, quelque part dans l’Antarctique. Il n’a de cesse de les retrouver, et de les ramener à la civilisation.
Joerling est bouleversé par ces révélations. Il décide d’apporter son aide au capitaine Guy. Ce qui était au départ, un « retour à la maison », devient une mission humanitaire de sauvetage.
Et puis aussi, quelle opportunité extraordinaire d’explorer une zone du globe inconnue… Car les différents calculs du marin laissent entendre que les naufragés ont pu découvrir le pôle sud. Les courants ont pu les entraîner sous des latitudes qu’aucun homme avant eux n’a pu atteindre. À ce propos, il faut rappeler que dans les années 1830/1840, les expéditions se succèdent pour reconnaître cette partie du monde. Ces explorations sont très compliquées, compte tenu des moyens techniques de l’époque, et de la dureté du climat… Il faut affronter les icebergs, le blizzard…
Les différents rebondissements vont très vite mettre en évidence un autre personnage. Un matelot assez mystérieux… Il s’appelle Hunt. Agé d’une quarantaine d’années, il apparaît très vite comme l’un des meilleurs hommes d’équipage…
En fait, Hunt porte un secret… Il était le compagnon d’Arthur Gordon Pym. S’il a rejoint la troupe de Len Guy et de Joerling, c’est dans l’unique but de retrouver Pym.
Hunt a un statut un peu spécial dans cette histoire. Dans la mesure où il apparaît très tôt dans Le sphinx, on peut considérer qu’il porte sur ses épaules la véritable jonction entre le roman d’Edgar Poe, et cette suite qu’établit Verne. Hunt est un survivant. Il peut témoigner. Et c’est sur la base des quelques informations qu’il donne, que l’expédition Guy/Joerling va parvenir à ses fins.
Alors, à ce stade, il serait peut-être temps de se pencher sur cet étrange Gordon Pym…
Le roman d’Edgar Poe, relate les aventures d’un jeune américain, qui, influencé par un ami, fils de marin, décide de partir à l’aventure sur les mers. En cachette, il s’embarque sur un navire. Son idée est de se manifester une fois que le bateau est en pleine mer… Sauf que le navire est victime d’une mutinerie… Les luttes intestines ne tardent pas à décimer l’équipage… Le navire dérive, avant de faire naufrage… Les survivants essayent de s’organiser… Ils sont peu nombreux : Pym qui a sympathisé avec Hunt, le frère du capitaine Guy et quelques hommes fidèles…
Ils parviennent sur une île, vraisemblablement proche de l’Antarctique. Ils sont décimés par les autochtones… Enfin, c’est ce que pensent Pym et Hunt qui parviennent à s’échapper de cet enfer… Sur un canot qu’ils ont dérobés à cette peuplade.
Là les choses se compliquent, car Hunt et Pym sont séparés. Hunt est récupéré par un navire baleinier. Par contre Pym semble avoir disparu corps et âme.
Revenu aux Etats-Unis, Hunt aurait été amené à rencontrer Edgar Poe, et lui aurait confié les notes prises par Pym lors de son voyage…
Toujours est-il que le roman de Poe s’achève sur l’hypothétique mort d’Arthur Gordon Pym, sans donner de plus amples explications. Cette fin est tellement floue, qu’elle laisse au lecteur l’impression qu’il manque deux ou trois chapitres au livre… Détail que ne manque pas de rappeler à plusieurs reprises Joerling dans le Sphinx…
Détail qui a pu jouer dans les motivations de Verne pour se lancer dans cette entreprise.
Le sphinx des glaces, plus qu’un hommage au maître, un hymne au mystère
L’hommage au maître…
Ce n’est pas la première fois qu’un livre de Verne rend hommage à un écrivain qu’il admire particulièrement. On peut ainsi citer Matthias Sandorf, qui est dédicacé à Alexandre Dumas. Entre les lignes, on peut y voir même, une reprise du thème du Comte de Monte Cristo…
Verne connaît très bien l’œuvre de Poe. Les traductions de Baudelaire lui ont permis d’y avoir accès très facilement. Il apprécie l’aspect fantastique qu’il y a dans l’univers de l’américain. Il lui consacre un essai où il analyse son œuvre. Cette étude, publiée en 1864 s’intitule sobrement Edgar Poe et ses œuvres.
Un hommage critique
Mais Le sphinx va beaucoup plus loin qu’un simple clin d’œil ou un hommage. Ici, Jules Verne se propose de reprendre le roman de Poe, et de le continuer… Même de le conclure, puisqu’il apporte toutes les réponses relatives au mystère de la disparition de Pym. Tout ce que laisse en suspens Poe, Verne le reprend, le développe, et y apporte un point final.
Le personnage de Joerling rationalise chaque épisode de l’épopée de Pym. Avec une rigueur froide qui ne doit rien au climat, il démonte chacune de ses péripéties. Le fait d’avoir reconnu que le roman de Poe était réel ne change rien. Joerling est un scientifique, et c’est en tant que tel qu’il aborde les situations. Il ne se gène pas d’ailleurs pour critiquer Poe, qui à ses yeux, serait presque un affabulateur…
L’attitude de Joerling est si catégorique, ses jugements sont si nets et définitifs, qu’ils n’admettent pas la contradiction. Une telle attitude amène peu à peu le lecteur à se demander si, en créant un tel personnage, Jules Verne n’a pas voulu confronter deux visions du monde.
La première serait celle de Poe. Elle témoignerait de l’état d’esprit du début du XIXème siècle. Elle cultive un goût du mystère, empreint d’une certaine forme de poésie. Il y a le monde que l’on connaît, certes… Mais il représente peu de chose, en regard de l’inconnu qui nous entoure. Arthur Gordon Pym assiste à des phénomènes qui sortent de l’ordinaire. Il les accepte, fasciné par ce qu’il voit.
À l’opposé, Joerling marque un changement. Par sa façon d’appréhender chaque élément de manière cartésienne, il rompt avec une vision poétique du monde. La science a fait des progrès considérables, réduisant les zones d’incertitudes. Le flou artistique de Pym en subit les conséquences. Joerling n’accepte pas le monde, il l’explique. Il tranche, à l’aune de ce qu’il a appris ou expérimenté. Au final, le monde de Joerling est terne. Sans réelle saveur ni entrain. C’est une suite logique de détails qui s’articulent entre eux.
Ce manque d’enchantement dépasse les personnages eux-mêmes. Il se retrouve dans l’écriture du livre. Dans Le sphinx, on ne retrouve pas l’optimisme, ou l’élan positif qui existent dans l’œuvre de Verne. Comme si l’auteur lui-même était las de tout ce mouvement. La magie du progrès qu’il met en toile de fond de ses Voyages Extraordinaires n’est plus. Place à un monde sérieux, sans fantaisie.
Un hymne au mystère
Pourtant, il ne faut pas croire que tout soit fini. Bien au contraire. Le sphinx n’est pas un bilan dressé par un écrivain qui se retourne sur son parcours. C’est davantage le constat d’un homme qui regarde ses contemporains. Dans cette optique, Jules Verne finit son livre par un tour de sa façon…
Joerling veut tuer le mystère de Pym ? Soit. Mais il devra faire face à un phénomène qu’il sera bien en peine de tirer au clair.
C’est en cela que l’on peut penser que Verne, au-delà de l’hommage, cherche à dépasser le maître. Car le roman de Verne débouche sur un nouveau mystère. Et pas des moindres, dans la mesure où même la science est incapable d’y apporter un éclaircissement. Là, Verne s’affranchit de l’état d’esprit de son temps, puisqu’à son époque, une confiance inébranlable envers la science émerge. En étant trivial, on peut estimer qu’il mouche le brave Joerling !
Ce mystère est matérialisé par le sphinx… Poe le décrit à peine… Plus exactement, il parle d’une effigie humaine qui apparaît à Pym à la toute fin de son livre. Ce serait un visage… On ne sait pas très bien si c’est une hallucination… Un rêve…
Cette silhouette plus ou moins humanoïde, devient chez Verne un sphinx. Un sphinx en plein Pôle Sud… Il sort de nulle part. Ses dimensions sont colossales… Est-il un vestige d’origine humaine ? Est-il le résultat de l’érosion ?... Le lecteur est laissé dans le doute, l’imagination prête à toutes les spéculations.
L’une de ces spéculations porte justement sur cet élément… Pourquoi Verne a-t-il justement choisi un sphinx ?
D’autant plus qu’aux pieds du monstre, se trouve le corps d’Arthur Gordon Pym… Mort. La boucle serait-elle bouclée ? Compte tenu de la symbolique de cet animal, on peut effectivement se poser la question. Le sphinx est un animal mythique qui donne la mort à celui qui ne sait pas répondre à l’énigme qu’il pose. Le sphinx est aussi un gardien. En tant que tel, il sous entend le passage vers un autre endroit, peut être même une autre dimension. Si c’est le cas, sur quel secret veille-t-il ?
En conclusion
Le sphinx des glaces est donc une réelle curiosité dans l’œuvre de Jules Verne. Rarement, l’écrivain a été aussi critique, aussi grave. Comme si ce roman avait été surtout un prétexte pour nous présenter une réflexion sur un siècle finissant. Ici, point de politique comme dans les 500 millions de la Bégum, ou de philosophie, comme dans les Indes Noires, Jules Verne prend de la hauteur. Est-il désabusé ? Une lecture rapide pourrait le croire… S’il n’y avait cette fin…
Le moins que l’on puisse dire, est que l’Antarctique excite l’imagination des hommes. Depuis la carte de Piri Reis, jusqu’aux curieuses expéditions de l’amiral Byrd, cette terre semble nimbée d’un étrange parfum. Poe l’a très bien compris. Jules Verne l’a développé à son tour. D’une certaine façon, il a amplifié sa valeur d’ultime terra incognata du globe. Plus proche de nous, Lovecraft complète le trait avec Les montagnes hallucinées. Chacun à sa façon, a contribué à consolider une tradition. Peut-être un héritage… Dans un sens, pourquoi pas ? Le populaire ne dit-il pas « il n’y a pas de fumée sans feu »…
Valéry Coquant, pour la réunion du 5 septembre 2009.
Publié le 19/08/2009 à 10:53 par arcaneslyriques
LA DECLARATION
de Gemma Malley
En 2140, en Angleterre, un traitement a été découvert pour lutter contre la vieillesse et la maladie. De ce fait, les gens ne meurent plus et si la terre ne veut pas se retrouver en état de surpopulation avec toutes les conséquences que cela implique, une politique restrictive absolue est mise en place : il est interdit d’avoir des enfants à moins de renoncer soi-même à l’immortalité. C’est ce que relate la Déclaration que chaque parent doit donc accepter et signer, autrement il serait placé instantanément en prison. Signer la Déclaration revient donc à prendre quotidiennement des pilules de longévité en renonçant pour toujours à la possibilité d’enfanter.
Plusieurs couples arrivent tout de même à mettre au monde des enfants en toute illégalité mais quand ces enfants sont retrouvés on les place à l’orphelinat de Grange Hall, une sorte de maison de correction, afin qu’ils payent toute leur vie la faute de leurs parents. Dès leurs arrivées, ils sont baptisés « Surplus » et ne feront que subir les pires traitements et les pires humiliations.
Anna, l’héroïne de ce roman, fait partie des surplus et c’est donc son terrifiant quotidien qui nous est relaté. Elle ne se souvient plus de ses parents ni de son passé, elle a tout oublié sous la violence des coups de la directrice Mrs Pincent et de ses acolytes. Jusqu’au jour où elle fait la connaissance de Peter, un autre Surplus, qui lui prétend la connaître, connaître aussi ses parents et souhaite plus que tout retrouver sa liberté.
Anna et les autres enfants « surplus » ont subi un véritable lavage de cerveau ce qui fait qu’ils n’ont plus aucune estime d’eux et de leurs semblables. Dès leur réveil ils doivent réciter des phrases comme « Je suis nul, je ne sers à rien, je ne suis rien et je ne vaux rien… » On leur a appris à détester leurs parents en leur disant que c’était leurs fautes s’ils étaient là et qu’ils devaient souffrir un peu plus chaque jour.
Les surplus sont parfois mis en contact volontairement avec des enfants dont les parents se sont sacrifiés pour qu’ils puissent vivre. Ces enfants-là sont appelés «les légaux » et ont pour seul plaisir dans la vie de torturer les surplus ou de s’en servir comme esclave.
Bien sûr plusieurs parents et adultes vont décider de ne plus se laisser faire et de s’opposer à la politique mise en place, pour cela ils vont constituer « La résistance » et former des réseaux souterrains afin de sauver tous ces enfants martyrisés par un gouvernement totalitaire qui ne cesse d’endoctriner l’ensemble de la population.
Ce roman se présente donc en très grande partie comme un huis clos oppressant et très réaliste où l’on assiste impuissant à de véritables scènes de violences physiques et de tortures morales dont Anna, jeune fille de 15 ans, est là pour en témoigner. Elle ne sait quasiment rien de son passé, mis à part que des Rabatteurs sont venus l'enlever de sa cachette à l’âge de trois ans pour lui faire vivre son existence de Surplus à Grange Hall. Appliquée et consciencieuse, Anna a acquis la certitude que ses parents étaient des égoïstes et qu’elle devait racheter leur faute en travaillant toujours un peu plus dur chaque jour de son existence inutile et douloureuse.
Nous voilà donc plongés dans un univers futuriste horriblement gris et sans espoir. Cet univers dénonce ainsi les failles de la société actuelle avec son obsession de la jeunesse et donc son angoisse de la vieillesse. Truffé de tout un tas de petits détails, cette histoire apparaît comme très réaliste et nous fait froid dans le dos. De plus les personnages sont très attachants et le lecteur ne peut que se prendre d’amitié pour Anna et Peter submergés d’émotions contradictoires. Après La Déclaration roman d’une intelligence et d’un intérêt certain vient de sortir La Résistance qui est la suite et plus particulièrement l’histoire de Peter : il est donc à espérer que ce second tome soit à la hauteur du premier !
La Déclaration, l’histoire d’Anna par Gemma Malley, chez Naïve, 2007.
Odéliane, pour la réunion du 7 juin 2009.
Publié le 05/08/2009 à 17:11 par arcaneslyriques
GENESIS ALPHA
Genesis Alpha est le premier roman de Rune Michaels passionnée de psychologie. Ce roman raconte les péripéties d’une famille constituée de deux enfants : Josh, 13 ans et de son grand frère Max. Les deux frères sont très complices et s’aiment énormément même si Max étudie et loge dans une autre ville, ils restent toujours en contact grâce à un jeu vidéo en réseau nommé : Genesis Alpha. Plus que de la fraternité, Max et Josh se sentent liés comme de véritables jumeaux sans doute du fait que Max fut atteint d’un cancer dans sa petite enfance et que Josh devint « le bébé médicament » idéal pour le sauver. Donc Max continue d’exister grâce à Josh et Josh existe grâce à Max.
Mais un jour, la connexion entre les deux internautes est rompue car Max est placé en détention provisoire pour le meurtre d’une jeune fille appelée Karen Crosse. L’univers de Josh si paisible et si réconfortant s’effondre ! Comment prouver son innocence ? Comment faire taire ces journalistes qui proclament que Si Max est un tueur Josh le deviendra aussi ? Y a t-il un gêne du tueur ? Peut-on avoir des prédispositions à tuer ? Quelle place peut-on accorder au libre arbitre ?
Alors que Josh est plongé dans une réflexion périlleuse il fait la curieuse connaissance de Rachel Crosse, la sœur de Karen. Que lui veut-elle ? Sait-elle des choses qui pourront faire avancer l’enquête ?
Si au début on pourrait croire que ce roman va traiter essentiellement du thème de l’addiction aux jeux vidéos, la seconde partie oriente le lecteur vers une véritable trame policière centrée sur les recherches en médecine et l’éthique de leurs utilisations. Mais plus qu’un roman policier, Genesis Alpha constitue une réelle réflexion philosophique sur les origines du mal, la génétique et l’identité propre à chacun. Que Max soit coupable ou pas n’est pas la chose la plus importante à retenir de ce livre car ce qui fait sa richesse c’est le cheminement mental de Josh, de sa capacité à tenter de se détacher de son frère pour découvrir son identité à lui et son histoire.
Classé roman ado, ce livre très prenant peut également séduire un grand nombre d’adulte par sa documentation en psychologie très fouillée et sa capacité à faire sortir le lecteur des sentiers battus. Un livre donc très original qui a le mérite de placer les découvertes en médecine au cœur de son action.
Génésis Alpha par Rune Michaels, chez Milan Jeunesse, 2008.
Odéliane, pour la réunion du 7 juin 2009.
Publié le 14/07/2009 à 09:42 par arcaneslyriques
Bohème
Mathieu Gaborit
Bohème, de Mathieu Gaborit, est paru aux éditions Mnémos en 2008.
Biographie
Mathieu Gaborit est né en 1972.
Il est auteur de romans de fantasy et de science-fiction.
Il a également écrit des nouvelles et contribue à des jeux de rôle.
Bibliographie non exhaustive
Les Chroniques des Crépusculaires, éditions Mnémos
-
Souffre-Jour, 1995
-
Les Danseurs de Lorgol, 1996
-
Agone, 1996
Abyme, éditions Mnémos
-
Aux ombres d’Abyme, 1996
-
La Romance du démiurge, 1997
Bohème, éditions Mnémos
-
Les Rives d’Antipolie, 1997
-
Revolutsyia, 1997
Confessions d’un automate mangeur d’opium, co-écrit avec Fabrice Colin, éditions Mnémos, 1999
Les Chroniques des Féals, éditions Bragelonne
-
Cœur de phénix, 2000
-
Le Fiel, 2001
-
Le Roi des cendres, 2002
Arcanes féeriques, carnets de voyage de Sinane l’enchanteur, éditions Tournon, 2005
Prix
Prix Bob Morane – Imaginaire 2000, meilleur roman francophone pour
Confessions d’un automate mangeur d’opium
Bohème
Bohème comprend
Les Rives d’Antipolie et
Revolutsyia.
Après la révolution industrielle, le territoire européen est recouvert par l’écryme, une substance acide qui ronge et détruit tout ce qui le touche. Les cités sont fragilement reliées par des traverses en acier. Louise Kechelev, une avocate-duelliste, est envoyée par ses parents, des révolutionnaires, pour tenter de récupérer la cargaison d’un de leur dirigeable, le Lysänder. L’équipage du dirigeable semble s’être entretué, tout comme les hommes du commandant Léon Radurin, qu’elle rencontre peu après. L’écryme est-elle à l’origine de ces morts ? Louise étudie des documents rares qui lui en apprennent un peu plus sur la mystérieuse substance. Et peu à peu s’ébauche le nom d’une cité perdue nommée Bohème.
Le texte est bien écrit, les personnages hauts en couleur et bien campés. Le décor est original et contribue pleinement au charme de l’histoire (il est un personnage), mais il reste difficile à imaginer. En effet, si l’écryme a tout recouvert, en restant toutefois à l’écart des villes, comme si elle les redoutaient, où les paysans font-il de l’élevage et de la culture ? Le cadre politique et social est imaginatif. Les Dieux que l’on prie, à cette époque où règne la révolution industrielle, sont l’électricité, le charbon, etc. La première allusion à Bohème arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, au début du second tome. Le personnage de la Terre, vers la fin, ne me semble pas très logique, plutôt confus, faisant des choix à l’aveuglette, aimant les hommes et n’hésitant pas à les sacrifier, etc. La chute de l’histoire me semble précipitée : que va faire Bohème après avoir joué son rôle ? Bref, le livre est agréable à lire, l’ambiance est intéressante, mais il ne faut pas trop chercher à comprendre.
Webographie
Le site web de Mathieu Gaborit :
http://www.souffre-jour.com/
Rachel Gibert, pour la réunion du 7 juin 2009
Publié le 24/06/2009 à 10:48 par arcaneslyriques
La Sève et le Givre
Léa SILHOL
La Sève et le givre est un roman de Léa Silhol paru aux éditions de l’Oxymore en 2002.
Biographie
Léa Silhol est née à Casablanca en 1967.
Elle est écrivain (romans et nouvelles) et anthologiste.
Pendant 8 ans, elle a été éditrice aux éditions de l’Oxymore.
Bibliographie non exhaustive
Romans
La Glace et la Nuit, opus un : Nigredo, éditions Les moutons électriques, 2007
Avant l’Hiver, éditions Les moutons électriques, 2008
Recueils
Contes de la Tisseuse, éditions Nestiveqnen, 2000
Conversations avec la Mort, éditions de l’Oxymore, 2003
La Tisseuse, Contes de fées, contes de failles, éditions de l’Oxymore, 2004
Musiques de la Frontière, éditions de l’Oxymore, 2004
Fo/Véa : Leçons de Gravité dans un Palais des Glaces, éditions Le Calepin jaune, 2007
Elle a également publié des nouvelles et dirigé dans anthologies.
Plusieurs de ses nouvelles explorent le même univers que
La Sève et le Givre.
Prix
Prix Merlin 2003, meilleur roman fantasy pour
La Sève et le givre
La Sève et le Givre
Finstern, l’Obscur, roi de la Cour de Dorcha, voit son avenir menacé par les prophéties des trois Parques. Une femme peut le sauver, Angharad la Blanche, née de la sève et du givre, du Printemps et de l’Hiver. Mais celle-ci veut être libre de choisir son destin. Renoncerait-elle pour cela à son amour pour Finstern ?
La Sève et le Givre est à la fois un conte et un roman de fantasy.
Le style est dense et poétique : les phrases sont travaillées comme de la dentelle, avec un vocabulaire recherché, de nombreux adjectifs et des métaphores filées (p 127). Les tournures de phrases sont typiques du conte.
Léa Silhol s’est inspirée des légendes celtiques, mais aussi du christianisme, pour créer son propre univers. Certain noms sont empruntés à l’allemand (Finstern : de Finsternis, ténèbres ; unseelie : un, préfixe privatif et Seele, l’âme ; Frost : le gel).
L’univers est complexe, pas toujours facile à comprendre (nombreux royaumes et créatures). Il semblerait, pour l’appréhender plus facilement, qu’il faille commencer par certaines nouvelles de l’auteur qui l’évoquent également.
En tout cas, c’est un livre qu’il vaut mieux lire au calme, car il nécessite un minimum de concentration.
Webographie
Site web personnel :
http://www.unseelie.net/
Rachel Gibert, pour la réunion du 7 juin 2009
Publié le 10/06/2009 à 12:11 par arcaneslyriques
Death : La vie n’a pas de prix
Sexton est un jeune homme suicidaire qui en a marre de la vie. Dans une décharge publique, il monte sur un frigo, tombe et va presque mourir écrasé jusqu’à l’arrivée de Didi, une orpheline gothique qui lui avoue être l’incarnation humaine de la mort pour l’espace d’une journée. Sexton va donc la suivre et vivre la journée la plus incroyable de sa vie et rencontrer une multitude de gens tout plus ou plus moins bizarres comme l’Eremite qui veut voler son ankh et Mad Hettie, une sorcière centenaire déjantée qui aurait caché son cœur pour que la mort ne puisse pas la trouver et vivre ainsi éternellement.
Le personnage de Death est une création de l’écrivain Neil Gaiman et est apparue dans la série The Sandman publiée par Vertigo, le label adulte de DC Comics. Assisté du dessinateur Chris Bachalo et de l’encreur Mark Buckingham, Gaiman nous invite à une ballade onirique surprenante poétique où on ne peut pas savoir ce qui va se passer d’un moment à l’autre. Sexton va-t-il se suicider ? Trouver un sens à sa vie ? Didi est-elle réellement ce qu’elle prétend être ? Et si la mort était quelqu’un de sympathique et d’humain ? Le concept de cette BD réside dans le fait que la mort devienne humaine et expérimente les joies et plaisirs de la vie pour pouvoir mourir comme le font tous les êtres humains, car sans la mort, la vie n’aurait pas de sens.
Cette série et sa suite avait été traduite par les éditions Le Téméraire en Janvier 1997 et a été rééditée par les éditions Panini en 2008 accompagnée d’une histoire sur le port du préservatif intitulée Death talks about Life où la mort, en compagnie de John Constantine/Hellblazer, lutte contre le SIDA.
Christophe COLIN, pour la réunion du 7/06/09.
Publié le 11/03/2009 à 12:00 par arcaneslyriques
Âmes perdues
De Poppy Z. BRITE
Etrange et fascinant premier roman de Poppy Z. Brite, Âmes perdues, sorte de road-movie gothique, a offert un nouveau souffle au thème vampirique pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, si les vampires d’Âmes perdues restent des buveurs de sang éternellement jeunes et n’appréciant guère le soleil, l’auteur s’est tout de même affranchi de certaines caractéristiques traditionnelles du mythe. Ses vampires ne craignent nullement les crucifix et autres symboles religieux et, surtout, ils constituent une race à part entière qui, à l’instar des humains, peut se reproduire grâce à l’acte sexuel (avec des humains d’ailleurs). Ainsi l’un des personnages principaux, Nothing, est un vampire mais aussi un adolescent, qui 15 ans auparavant n’était qu’un nourrisson… Bref, le vampire n’est donc pas « parfait » dès sa naissance, contrairement à la vision classique qu’on peut en avoir. Il grandit, apprend, découvre, se découvre... Tout cela lui confère une certaine fragilité et, par là-même, une certaine proximité avec les humains.
Le renouveau tient aussi au fait que ces créatures improbables s’inscrivent dans un univers très contemporain, aussi ténébreux qu’esthétisant, oscillant entre ambiances trash, punk et gothiques où aucune déviance – viol, inceste, parricide, drogue, alcool - n’est laissée de côté.
Les vampires ne sont donc que le point d’orgue de cet univers très précisément décrit, reposant sur un subtil mélange de violence et de poésie et sur une confrontation permanente entre souillure et pureté. Ils ne sont d’ailleurs pas si différents de leurs frères humains : trois d’entre eux, tels des routards, vivent leur débauche dans une camionnette à bord de laquelle ils sillonnent les Etats unis s’arrêtant de temps à autres dans des boîtes et bars punk où ils mêlent le sang des enfants de la nuit à la chartreuse… En réalité, leur cruauté désinvolte - mêlée à un besoin d’avilissement - semble surtout liée à leur puissance physique et leur quasi immortalité, son exacerbation apparaît alors comme un moyen de meubler une vie terriblement longue et de prouver leur supériorité. On note d’ailleurs qu’on est, là aussi, bien loin de la vision élégante du vampire-dandy que peuvent offrir certains romans vampire, comme ceux d’Anne Rice notamment.
En outre, la symbolique sexuelle du vampire est ici particulièrement évidente. Certes, l’apparition de ces personnages génère toujours une certaine tension érotique. Mais elle est ici singulièrement présente car les vampires peuvent s’unir sexuellement. Là encore, on voit que l’auteur a développé une conception très personnelle du vampire. Il est intéressant de constater que la puissance suggestive du thème n’y perd pas : on aurait pu penser que l’attrait exercé par le vampire était lié à son ambiguïté sexuelle (par exemple, chez Anne Rice, la morsure vampirique est la seule source d’extase). On peut désormais repousser cette hypothèse : l’ambiguïté est remplacée par la frénésie et la sauvagerie et les vampires demeurent pourtant toujours aussi fascinants (ouf !).
Enfin, le thème du vampirisme est ici associé à celui de la différence, ce qui lui donne un surcroît de profondeur. Tous les personnages – vampires ou humains - sont en effet, pour une raison ou une autre, des marginaux. Si le trio de vampires dont Zillah est le leader est quasiment caricatural, le vampire tricentenaire Christian, modeste barman à la Nouvelle Orléans, est plus énigmatique. Quant aux musiciens des « Lost Souls », l’un est alcoolique, l’autre est un medium. Mais tous ces personnages ont un point commun : conscients de leur décalage par rapport à la norme, ils cherchent leur place en ce monde, à l’instar du personnage principal, Nothing, dont le roman retrace la quête identitaire (réussie ?). Elevé dans une famille plutôt conventionnelle, Nothing est un adolescent rebelle qui se sent différent et incompris. Pour calmer son mal-être, il s’adonne à une sexualité débridée et plutôt sans joie avec ses camarades de classe avant de prendre la route et de découvrir sa «vraie famille » (vampirique bien sûr…)
A découvrir, donc…
Arianne De Blenniac, pour la réunion du 22/02/09
Publié le 28/02/2009 à 12:00 par arcaneslyriques
Dreamworld
Sire Cédric
Dreamworld est un recueil de nouvelles de Sire Cédric paru aux éditions Nuit d’Avril en 2007.
Biographie
Sire Cédric est né le 24 octobre 1974 à Saint-Gaudens (Midi-Pyrénées) et a grandi dans un village aveyronnais. Après le lycée à Rodez, il a étudié l’anglais à l’université de Toulouse, ce qui a achevé de le convaincre de l’inutilité des études. Il a alors choisi de voyager (Chine, Italie, Etats-Unis), trouvant ici et là des boulots, comme pigiste et traducteur. Il est auteur depuis janvier 2006.
Bibliographie
Déchirures (nouvelles), Editions Nuit d’Avril, 2005
Angemort (roman), Editions Nuit d’Avril, 2006
Dreamworld
Le recueil contient 9 nouvelles :
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Cross-Road
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Cauchemars
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Requiem
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Muse
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Babylone
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Elfenblut
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Conscience
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Visionnaires
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Sangdragon
Cross-Road est une nouvelle qui met en scène deux enfants. Sur un thème fantastique, Sire Cédric ajoute de façon habile une fin typique de SF.
Cauchemars parle d’un enfant qui « matérialise » les rêves des autres personnes. La nouvelle est touchante du fait de la détresse de l’enfant, mais un peu compliquée.
Requiem évoque l’ange noir des suicidés et donne lieu à une scène érotique avec morsures vengeresses sur fond musical.
Muse raconte une histoire d’amour entre un auteur au physique spectral et une jolie femme mariée. Là aussi l’érotisme se mêle aux morsures.
Dans la nouvelle éponyme,
Babylone a survécu à la destruction et ses Dieux en peuplent le sommet. L’auteur décrit la cité mythique : les jardins, les matériaux précieux, la luxure et le sang. Il s’applique à dépeindre l’ambiance des lieux et achève sa nouvelle par une réflexion légère sur la vie éternelle. A la page 156 figure un beau truisme : « Elle devra vivre. Jusqu’à sa mort. »
Dans
Elfenblut (« le sang des elfes », en allemand), l’héroïne traque, jusqu’à ce qu’elle découvre le secret de ses origines, des créatures qui se mêlent aux humains et qui ont tué sa mère. Bien qu’elle soit courte, la nouvelle est prenante. C’est dommage que Sire Cédric ne donne pas plus d’informations sur les êtres mystérieux.
Conscience relate comment un jeune homme se débarrasse de l’emprise négative de sa mère et réussit sa vie. A moins que la réalité ne soit ailleurs. La nouvelle prend un sacré virage à 180 degrés à mi-parcours.
Visionnaires conte les mésaventures de deux enfants, des jumeaux aux liens particulièrement étroits, qui, malheureusement pour eux, voient le monde des cauchemars.
La dernière nouvelle,
Sangdragon, se rapproche de la fantasy. Une scientifique dépravée et son photographe suivent les traces du dernier dragon, tué par des moines guerriers. L’histoire est plaisante, mais les religieux romains ne sont pas très convaincants.
Les personnages principaux sont souvent des enfants un peu différents, chahutés par leurs camarades. Le thème du cauchemar est récurrent. Dans deux nouvelles, l’auteur renouvelle le mythe du vampire. Il rend également hommage au corps de la femme. Plusieurs textes sont d’ailleurs dédiés à des femmes… La musique est très présence dans les nouvelles et chacune d’entre elles mentionne une bande son.
L’auteur utilise de préférence des phrases courtes ou rythmées par la ponctuation. Son style est clair. Il parvient à créer une ambiance en quelques phrases.
Le suspense est bien mené. L’originalité de Sire Cédric lui permet d’innover sur des thèmes déjà exploités.
Bref, un assez bon recueil de nouvelles fantastiques.
Webographie
http://www.sire-cedric.com/
Rachel Gibert, pour la réunion du 22 février 2008
Publié le 22/01/2009 à 12:00 par arcaneslyriques
Notre-Dame-aux-Ecailles
Mélanie Fazi
Notre-Dame-aux-Ecailles est un recueil de nouvelles de Mélanie Fazi paru aux éditions Bragelonne en 2008.
Il compte 12 nouvelles :
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La cité travestie
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En forme de dragon
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Langage de la peau
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Le train de nuit
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Les cinq soirs du lion
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La danse au bord du fleuve
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Villa Rosalie
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Le nœud cajun
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Notre-Dame-aux-Ecailles
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Mardi gras
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Noces d’écume
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Fantômes d’épingles
Contrairement au recueil de nouvelles
Serpentine, les personnages ne sont plus aussi souvent des enfants ou des adolescents (sauf dans
En forme de dragon et, dans une moindre mesure, dans
Le train de nuit), mais plutôt des couples (le souvenir d’un couple, dans
La cité travestie, un couple nouvellement formé, dans
Langage de la peau, un couple en danger, dans
Notre-Dame-aux-Ecailles). Mélanie Fazi évoque également la sexualité, alors que ce thème était totalement absent du précédent recueil (
Langage de la peau,
La danse au bord du fleuve). Par contre, comme dans
Serpentine, l’auteur fait des allusions aux gothiques et la musique est omniprésente (
En forme de dragon,
Le train de nuit,
La danse au bord du fleuve,
Notre-Dame-aux-Ecailles).
Dans ce recueil, le thème de la métamorphose apparaît très souvent (
Langage de la peau,
Les cinq soirs du lion,
La danse au bord du fleuve,
Villa Rosalie,
Notre-Dame-aux-Ecailles,
Noces d’écume). Plusieurs nouvelles font allusion aux rites vaudous :
Le nœud cajun,
Fantômes d’épingles et
Mardi gras, un hommage aux victimes de l’ouragan Katrina.
On a souvent l’impression que Mélanie Fazi parle d’elle-même, sans fausse pudeur. Comme dans le recueil précédent, elle décrit ses personnages avec beaucoup de sensibilité et de compréhension. La narration est introspective et les éléments fantastiques acceptés facilement par les personnages, comme s’ils étaient naturels.
Le style me semble plus maîtrisé que dans
Serpentine. Les termes employés sont précis, les métaphores imaginatives et parfaitement appropriées. Les textes marquent par la justesse de leur style.
A travers ce recueil, Mélanie Fazi confirme son talent. Un auteur à suivre, donc…
Pour la biographie et la bibliographie de Mélanie Fazi, voir l’article sur Arlis des forains :
http://arcaneslyriques.centerblog.net/6522900-ARLIS-DES-FORAINS-Melanie-FAZI.
Rachel Gibert, pour la réunion du 30 novembre 2008
Publié le 14/01/2009 à 12:00 par arcaneslyriques
Y le dernier homme 7 : Le Scoop
Y le dernier homme est la traduction du comic-book Y the last man de Brian K. Vaughan. Il est publié par Vertigo le label adulte de DC Comics qui édite les bandes dessinées de Wonder Woman, Batman, Superman ou Flash.
A l’exception de l’Américain Yorrick Brown et du singe Esperluette, une mystérieuse maladie a décimé tous les hommes de la Terre. C’est un road-movie avec un personnage principal attachant, toujours accompagné de l’agent 355 du Culper Ring, une organisation secrète qui remonte à Georges Washington, et du Docteur Mann, une biologiste qui recherche un remède à cette maladie.
Dans les épisodes précédents, Yorrick a appris qu’il devait sa survie aux microbes dégagés par la fiente de son singe avant que ce dernier ne se fasse enlever par une ninja qui l’emmène au Japon.
Y, 355 et le Docteur Mann poursuivent donc leur voyage à la recherche d’Esperluette avec une courte halte en Australie où Y espère y retrouver la trace de sa petite amie Beth. S’attirant toujours les pires embrouilles, Yorrick est photographié par une paparazzi locale.
Les trois histoires suivantes sont consacrées à la rencontre entre Hero, la sœur de Yorrick et l’autre Beth, une jemme que Yorrick a rencontré et avec laquelle il a eu une relation sexuelle et aux passés respectifs de 355 et d’Esperluette.
Y The Last Man touche bientôt à sa fin (plus que dix-huit numéros en VO et trois albums en VF….) et on sent bien que son scénariste Brian K.Vaughan prend son temps en diluant son intrigue principale avec ses récits courts. Ceux-ci ont l’avantage de rendre son univers cohérent en donnant plus de consistance à tous ses protagonistes. Côté graphisme, nous ne sommes pas en reste avec les excellents Pia Guerra et Goran Sudzuka et les couvertures peintes de Massimo Carnevale.
Cette excellente série dont les deux premiers tomes avaient été publiés par Semic a été reprise par Panini (l’éditeur des albums d’autocollants de foot ou des schtroumpfs).
Il est dommage qu’il subsiste encore quelques petites erreurs de traduction...
Christophe Colin, pour la réunion du 30/11/08