Mythes et Legendes
Posté le 23.04.2008 par arcaneslyriques
LE LORIALET
Le lorialet est un être surnaturel issu de la Mythologie européenne. Il est souvent décrit comme un enfant né de l’union d’une femme et d’un rayon de la lune, ou bien de celle d’un homme et de la lune incarnée pour l’occasion dans un corps de femme. Mais il existe d’autres sources, notamment celles de la mythologie gréco-romaine, qui stipulent que le Lorialet serait le descendant de l’unique fils de Séléné et d’Endymion parti vivre sur terre.
Le lorialet est reconnaissable par sa petite taille car on dit qu’il pousse mal, par ses traits mélancoliques d’enfant toujours en quête de quelque chose. Son visage est souvent décrit comme rond et pâle, son regard est lointain et ses cheveux tout ébouriffés. Il porte des vêtements souvent peu soignés, portés de façon débraillée et négligée car il ne se soucie guère de son apparence. Sa durée de vie est variable, généralement il meurt avant d’atteindre l’âge adulte mais il peut tout de même atteindre ce stade à la condition qu’il s’expose suffisamment aux rayons de la lune. S’il réussit à devenir adulte son apparence vestimentaire sera soit complètement négligée soit au contraire il sera trop raffiné avec des allures de dandy mais toujours de façon exagérée et de peu de goût pour attirer sur lui les regards de la lune ou des fées. Ami de la faune et de la flore, il est souvent suivi par les vers luisants, les phalènes, les éphémères, les lucioles, les hérissons et les champignons.
Sa personnalité est complexe et empreinte d’une très forte mélancolie. Décrit comme quelqu’un de doux et de solitaire, de méditatif et de rêveur, le Lorialet ne se satisfait jamais de la terre et n’aspire qu’à retourner sur la lune qu’il considère comme son unique et véritable patrie. La plupart de ces êtres lunaires restent malheureux toute leur vie et n’arrivent jamais à connaître l’amour ou alors assez rarement. Si un Lorialet arrive à renoncer à la lune et à s’intégrer, exceptionnellement il aura la capacité de devenir un grand séducteur.
Le lorialet est doté d’un imaginaire foisonnant et en cela il sera doué pour la musique, la peinture et l’écriture de nouvelles. Il apprécie les lucarnes, les tours, les greniers, les clairières et les mares lunatiques. En fait tous les lieux de silence lui sont source d’inspiration. Poète, musicien, vagabond ou chercheur de fées ; il percevra l’invisible, le passé et l’avenir et ses sentiments pourront s’extérioriser par la pluie et le beau temps car en plus de sa nature artistique, certaines légendes très anciennes ont attribué aux lorialets des pouvoirs tempestiaires c’est à dire qu’ils influenceraient inconsciemment le temps en fonction de leur humeur et des cycles de la lune. C’est d’ailleurs de ces légendes que le terme « lunatique » a émergé pour désigner une personne qui change facilement d’humeur.
On pourrait penser que les Lorialets sont en fait une représentation des enfants rêveurs et délaissés qui ne perçoivent pas très bien la frontière entre le monde réel et imaginaire. Issus de la lune ils ne songent qu’à y retourner car aucun autre endroit sur Terre ne saurait les rassurer et les rendre heureux. En psychologie le terme de Lorialet peut être utilisé pour désigner un enfant autiste qui refuse de vivre dans la réalité. Après ce terme peut être connoté de manière plus légère pour quelqu’un qui est « toujours dans la lune » qui s’adapte mal au monde qui l’entoure et ne pouvant physiquement rejoindre la lune c’est par ses pensées qu’il va se relier à elle.
Parmi les sources écrites, le Lorialet a été pour la première fois évoqué dans les Chroniques Gargantuesques de Rabelais où celui-ci prétend qu’il s’agit d’un enfant mortel né ou conçu à la lumière de la lune, ou l’ayant regardée trop longtemps et qu’il pourrait être pourvu d’une fine pilosité nacrée et d’ailes invisibles ou simplement d’une apparence humaine. Ou pour les plus rêveurs d’entre nous on dit aussi que le Lorialet est mentionné dans le Légendaire des Astres écrit en l’an II de l’ère Elfique par Maître Herbarius.
De nos jours, la symbolique du Lorialet n’est que très peu répandue dans nos œuvres culturelles. On peut citer comme exemple le Pierrot lunaire dont l’imagerie est encore présente dans certaines chansons enfantines ou dans certains textes. L’apparence générale de Pierrot, à la fois mystérieuse et mélancolique est souvent représentée pour des figurines de collection ou pour des costumes de théâtre ou des déguisements.
La chanson « Hijo de la luna » du groupe espagnol Mecano s’en inspire également reprenant quelques légendes gitanes dans lesquelles une femme et son mari ne pouvant avoir d’enfant aurait demandé à la lune d’exaucer leurs prières. De cette demande tant espérée, la gitane aurait mis quelques mois plus tard un enfant au monde. Mais cet enfant aux yeux d’argent et ne ressemblant à aucun autre aurait semé le doute dans l’esprit de son père qui persuadé d’une infidélité de la part de sa compagne décide d’égorger celle-ci sous les yeux apeurés de l’enfant qui saura ensuite trouver refuge auprès de la lune…
La petite Ofelia, héroïne du film le « Labyrinthe de Pan » de Guillermo Del Toro pourrait aussi convenir à la définition du Lorialet par son aspect fragile, son envie d’échapper à une réalité bien trop brutale et son souhait désespéré de rejoindre le berceau originel…
Et puis aussi la série télévisée franco espagnole japonaise : « Marcelino » qui met en scène un petit garçon recueilli par des moines un soir de pleine lune et qui aura le pouvoir de parler aux animaux et donc d’en défendre la cause.
De ces quelques exemples, le Lorialet nous apparaît donc comme un être attachant, solitaire, rêveur et profondément mélancolique. Il ne recherche que la quiétude d’esprit qu’il pense retrouver auprès de sa mère ou plus généralement au sein de son essence et de ses racines. Ce pèlerinage lui est souvent difficile, douloureux et dans la plupart des cas inaccessible tout au long de cette vie terrestre qu’il refuse d’intégrer. Ainsi le Lorialet peut faire partie de la famille des artistes qualifiés de « maudits » qui ont comme lui cette frustration d’appartenir à un monde qu’ils ne comprennent pas et qu’ils n’ont pas choisi…
Odéliane.
Posté le 08.03.2008 par arcaneslyriques
Le Phénix
Le Phénix est un oiseau qui ressemble au héron et bien que celui-ci ait été longtemps vénéré par les Grecs et décrit par les conteurs de l’antiquité, c’est de l’Egypte que va provenir la légende de cette créature perçue comme le symbole de l’immortalité et de la résurrection. Son nom est issu du mot grec qui désignait la couleur rouge en référence à la légende de sa mort et de sa résurrection dans le feu purificateur.
L’origine du phénix vient donc de l’oiseau sacré égyptien Benu, un héron cendré qui fut le premier être à se poser sur la colline originelle issue du limon : il incarnait le Dieu du Soleil et était associé au cycle annuel des crues du Nil. Il était adoré à Héliopolis où on racontait qu’il n’apparaissait que tous les 500 ans.
On rapportait que le phénix ne se nourrissait que de rosée puis qu’il s’envolait alors pour des contrées étrangères où il recueillait des herbes odorantes qu’il amassait ensuite sur l’autel d’Héliopolis, afin de les embraser et de s’y réduire lui-même en cendres. Mais il renaissait trois jours plus tard pour une vie renouvelée. En effet, une fois le corps incinéré, un nouveau jeune phénix naît à partir des cendres chaudes. Après sa naissance, le jeune oiseau porte le corps calciné de son père dans un tronc creux de Myrrhe jusqu’à l’hôtel du Soleil pour être brûlé avec les plus grands soins des prêtres.
Les mythes antiques dépeignirent plus tard le phénix comme paré d’un plumage doré ou multicolore qui luit faiblement dans les ténèbres et selon les différentes descriptions qui en sont faites, les couleurs de son plumage peuvent varier du rouge feu au bleu clair en passant par l’orange, le pourpre et l’or. On peut dire que par ses couleurs royales et sa grandeur, le phénix est un oiseau très impressionnant.
A travers les différentes époques et pays, le phénix va être considéré sous différentes facettes. Ainsi, il symbolisait dans l’ancienne Rome, la force vitale et toujours renouvelée de l’Empire et c’est pourquoi il apparaissait sur les pièces de monnaie et sur les mosaïques de l’époque impériale.
Les pères de l’église le considéraient comme le symbole de l’immortalité de l’âme et de la résurrection du Christ. D’ailleurs, dans certaines crémations rituelles, le feu est aussi considéré comme véhicule ou messager du monde des vivants vers celui des morts. De même, le phénix porte souvent une étoile qui indique sa nature céleste et la vie dans l’autre monde. La religion catholique considérait que la partie terrestre de cet oiseau représentait le corps du Christ et sa présence sur terre parmi les hommes et que sa partie aérienne représentait Dieu et sa partie spirituelle. Et le cycle vital du phénix restait souvent associé à l’image des « Mille ans de bonheur » qui doivent réunir sur terre le Christ et les fidèles ressuscités.
Dans la symbolique alchimique, il est la destruction et la recomposition de la Materia Prima qui se transforme pour devenir pierre philosophale.
Dans la pensée philosophique et religieuse persane, le farsi (qui est la forme parlée du Persan) a nommé Angha ou Ghoghnous tout oiseau mythique qui se brûle lui-même pour mourir et renaître de ses cendres.
Dans la tradition chinoise, l’oiseau légendaire Feng-Huang qui symbolise le bonheur conjugal est l’équivalent du phénix car il est issu de l’union des forces solaires et lunaires. Pour les Chinois, cet oiseau mythique aurait été de nature androgyne, c’est à dire qu’il serait mâle et femelle à la fois. Dans ce cas, il représenterait la félicité et l’harmonie suprême. Et dans d’autres contrées asiatiques, le phénix ne serait pas hermaphrodite mais bien sexué : le phénix mâle se nommerait Feng et le phénix femelle se nommerait Huang. Les deux unis formeraient ainsi l’allégorie du bonheur conjugal et leur union les conduirait au nirvana, au paradis des immortels.
Alors que dans d’autres légendes, ce qui est étonnant chez cet animal, c’est qu’il n’existe pas de phénix femelle. Il est donc impossible pour eux de perpétuer l’espèce par la procréation. Mais alors afin d’assurer à cette race une certaine survivance, cet oiseau fabuleux est doté d’une extraordinaire longévité pouvant aller jusqu’à 500 ans.
En plus de son prodigieux pouvoir de résurrection, le phénix est doté d’autres pouvoirs magiques tout aussi étonnants : par exemple son chant aurait la capacité de donner du courage à l’homme au cœur pur et de la crainte à l’homme au cœur impur. De plus, ses larmes peuvent guérir tout être vivant, qu’il soit malade, blessé ou à l’agonie.
De nos jours la symbolique du phénix renvoie à l’image de l’âme, de sa renaissance mais aussi à l’esprit et la lumière. Et si plusieurs œuvres littéraires continuent d’utiliser la richesse de ce mythe, comme par exemple le conte philosophique de Voltaire « La princesse de Babylone », les écrits de Rabelais ou encore Harry Potter, c’est parce qu’il symbolise l’un des nombreux rêves de l’homme : celui de renaître de ses cendres, de se délester de ses erreurs passées pour ensuite se reconstruire et poursuivre inlassablement sa quête d’éternité.
Odéliane
Posté le 13.02.2008 par arcaneslyriques
LE GOLEM
Le Golem est un être humanoïde, artificiel. Il est fait le plus souvent d’argile et peut être animé momentanément de vie par l’inscription sur son front (ou sur sa bouche) d’un mot extrait d’un verset biblique.
Dans la culture hébraïque, la première apparition du terme « golem » se situe dans le livre des Psaumes : « Je n’étais qu’un Golem et tes yeux m’ont vu. » Le Golem est alors un être inachevé, une ébauche.
Dans la Kabbale, c’est une matière brute sans forme ni contours alors que dans le Talmud le Golem est l’état qui précède la création d’Adam.
Mais la légende du Golem qui a pris le plus d’importance est celle venue tout droit de la Kabbale (doctrine juive) et qui est apparue au Moyen-Age simultanément en Provence, dans le Languedoc et en Espagne.
Le Golem est né d’une attente, d’un espoir que les juifs avaient pour tenter de résister aux persécutions et de survivre au temps des croisades. Alors ils créèrent d’un commun accord cette arme terrible mais incontrôlable que fut le Golem. Pour cela, ils devaient pétrir d’argile rouge une statue humaine à peu près de la taille d’un enfant de 10 ans. Lorsqu’ils inscrivaient sur le front de la créature le mot « Emeth » ou « Emet » qui signifie « Vie ou vérité » aussitôt la créature vivait et devenait un esclave docile pour celui qui l’avait créé, pouvant accomplir les plus durs travaux. Le seul inconvénient était que le Golem grandissait avec une grande rapidité devenant dans bien des cas une sorte de géant.
Si au départ le Golem est apparu comme une sorte d’esclave, au 17ème siècle celui-ci devient une sorte de héros nationaliste et le symbole de la défense juive. C’est même la seule figure légendaire d’importance que le judaïsme ait transmise à son environnement européen. Pourtant, c’est une créature imparfaite puisqu’elle est dépourvue d’âme et de parole et qu’elle a la fâcheuse habitude d’échapper au contrôle de celui qui lui a donné la vie…
Le mot « Golem » apparaît une seule fois dans la Bible et s’écrit « Guimel » en hébreu ce qui signifie « Matière informe ». Ses caractéristiques varient un peu selon les époques mais dans la plupart des cas c’est un être fort dont la puissance est associée à l’élément terre. Il est généralement muet, au fil des jours il croît en taille et en pouvoir de destruction. Il est à souligner également que le terme de Golem signifie également « idiot, abruti » ce qui laisse supposer qu’il n’a qu’une très faible intelligence.
Selon la légende, le premier a l’avoir conçu est le Rabbin Loew, nommé Maharal de Prague. Son souhait aurait été de défendre sa communauté. Il aurait donc donné vie à un Golem en inscrivant le mot « Emeth » sur son front et en introduisant dans sa bouche un parchemin sur lequel était inscrit le nom de Dieu.
Pour tuer un Golem, il suffit d’effacer la première lettre du mot inscrit sur son front ce qui donnerait le mot « Meth » qui signifie « Mort ». Ainsi le Golem reprendrait son stade initial : une masse de terre glaise.
Certains racontent que le Rabbin est mort par son Golem, qu’il a été écrasé par sa masse grandissante. La légende veut également que ce soit Dieu qui ait demandé au Maharal de créer un « second Adam ». Une autre légende prétend encore que le corps de ce premier Golem serait toujours à la disposition de la communauté juive et entreposé dans la Genizah (l’entrepôt des vieux manuscrits hébreux).
Selon toutes ces légendes, pour faire un Golem il faut de l’argile ou à défaut une terre ou un support de bonne qualité (pierre, bois, fer, chair…). Il faut maîtriser la prononciation des mots hébreux et effectuer une marche circulaire en récitant 221 formes d’alphabet secret.
Une fois la créature constituée il faut inscrire le mot « Emeth » sur son front. Ensuite on peut lui demander toutes sortes de choses, des plus anodines au plus tragiques mais bien souvent le Golem est utilisé pour se venger de quelqu’un, pour l’assassiner car le Golem ne possède pas d’âme au contraire de l’homme, il peut alors tuer sans remord ni culpabilité.
Le Golem si au départ réagit docilement et simplement aux désirs de son créateur, à mesure qu’il grandit il devient de plus en plus envahissant et destructeur, donc dangereux pour tous ceux qui l’approchent. En ce sens il est vivement conseillé à son créateur de le détruire en effaçant la première lettre du mot « Emeth », encore faut-il être à la hauteur de son front pour le faire…
Une légende raconte qu’un Rabbin nommé Ben Levi, créa quatre Golems en même temps afin qu’ils creusent au sein de sa maison un souterrain de mille pas de longueur dont il avait besoin pour cacher ses trésors et ses livres, à la veille d’une perquisition dont il avait été secrètement averti. Quand le travail fut terminé, le Rabbin se trouva vite embarrassé par la présence de ses Golems toujours plus envahissants. Il fit alors preuve de ruse pour s’en débarrasser : en effet il ordonna respectivement aux Golems de s’agenouiller pour renouer les lacets de ses sandales et ainsi se retrouvant à la hauteur de leurs fronts il put effacer la fameuse lettre.
Le Golem peut être actif autant de temps que son créateur l’aura décidé, excepté le jour du Shabbat où celui-ci ne doit avoir aucune activité comme les autres créatures de Dieu. C’est pourquoi chaque Vendredi, le Rabbin doit ôter de sa bouche le parchemin sur lequel est inscrit le nom de Dieu et si par mégarde il oublie de le faire, le Golem se met alors à dévaster le ghetto.
Etant donné les difficultés et dangers qui peuvent survenir suite aux méfaits de telles créatures, on peut alors s’interroger sur l’utilité d’une telle création. Pour certains, il s’agit de construire une sorte de Messie vengeur et destructeur. Pour d’autres fabriquer un Golem c’est démontrer sa puissance en défiant Dieu et en tentant de maîtriser les énergies et les pouvoirs complexes qui donnèrent le jour à Adam dans la Genèse. En ce sens, il est intéressant de rapprocher la création du Golem à l’obtention de la pierre philosophale dans le grand œuvre des alchimistes.
De nombreuses œuvres sont inspirées directement ou indirectement de ce cette légende. C’est le cas du Frankenstein de Mary Shelley, du Golem des frères et sœurs Murail, (auteurs de littérature jeunesse), du Golem de Gustav Meyrink, de Fantasia de Walt Disney (avec l’apprenti sorcier), du Folklore Yiddish où plusieurs troupes de théâtre juives jouaient des adaptations de la toute première légende du Golem, du cinéma allemand du début du 20ème siècle avec le cinéaste Paul Wegener et son film « Der Golem, Wie er in die welt kan » en 1914 puis en 1920, du film « Le boulanger et l’empereur et l’empereur des boulangers » de Martin Fric en 1951. Du Golem de Louis Pauwels en 1967, du film d’animation « Innocence » de Mamoru Oshie sorti en 2004, d’un épisode de la série X-Files (Saison 4), du Golem 13 qui est un ennemi des San KU Kaï ,d’un soldat de Freezer appelé Golem dans la série Dragon Ball Z ou encore dans « Pieds d’Argile » l’un des romans des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett qui met en scène des Golems qui créent eux-mêmes un Golem pour en faire leur Roi…Pour ne citer que ceux-ci.
Plusieurs jeux de rôles médiévaux et fantastiques mettent également en scène des Golems dont par exemple « Donjons et Dragons ».
Dans la majorité de ces œuvres, le Golem symbolise la peur des hommes face à leurs créations comme par exemple le rejet occidental des robots humanoïdes. Mais de manière plus complexe, le Golem suggère finalement le destin lié de l’homme à son invention. Ce n’est pas un simple instrument qui prolonge l’homme, il est une part intégrante de son être puisque celui-ci doit son existence à la main dont il est issu et qui peut, à tout instant, le détruire, le ramener à la poussière dont il est extrait.
Odéliane.
Posté le 28.11.2007 par Odéliane
La Banshee
« Banshee » est un terme anglais dérivé du gaélique Bean Si ( En Irlande) ou Bean Sith (En Ecosse) signifiant « Femme du Sidhe » (le Sidhe représentant la demeure des fées qui se situe sur une colline).
C’est une créature du Folklore celtique qui porte aussi le nom de « Kannered–noz » en Bretagne, de Dame blanche dans d’autres régions françaises et de « Weir ladies » pour les peuples anglo-saxons.
Avant tout, la Banshee est considérée comme une messagère de la mort, son rôle étant de prévenir du décès d’une personne aux autres membres de sa famille. Pour cela, elle émet un cri perçant ou tout au moins de lascives lamentations qui laissent présager les conditions du décès imminent. En effet, si les gémissements sont doux et plaintifs, la Banshee annonce une fin paisible ; si au contraire elle pousse des cris perçants, la personne succombera à une mort violente. Pour ceux qui l’ont entendu, ils déclarent que son cri est le plus horrible qui puisse s’imaginer. Il tient à la fois du hurlement du loup, des appels de l’enfant abandonné, des plaintes de la femme qui accouche et des cris de l’oie sauvage. Il semblerait que ce cri réveillerait n’importe qui dormant d’un sommeil profond et qu’il resterait parfaitement audible au milieu d’une violente tempête. D’ailleurs, ses cris portent le nom de Keening et les notes qui les constituent montent et descendent comme les vagues de la mer.
Lorsqu’une Banshee émet ce cri, celui qui l’entend sait donc qu’un membre de sa famille est mort ou s’apprête à mourir. Il arrive aussi parfois que des Banshees se réunissent pour hurler à l’unisson, annonçant l’arrivée d’une grande catastrophe ou le décès d’une personne célèbre et importante.
Selon plusieurs sources la Banshee peut revêtir plusieurs apparences. Ainsi on peut la rencontrer sous la forme d’une belle jeune fille au visage dévoré par les pleurs ou au contraire sous les traits d’une vieille femme hideuse aux longs et maigres cheveux, vêtue d’une robe verte ou d’un manteau gris.
En Ecosse, elles peuvent prendre la forme d’une douce vierge chantante, morte jeune ou bien sous la forme d’une femme enveloppée d’un suaire et tapie sous les arbres, en train de se lamenter derrière sa face voilée. Leurs cheveux sont souvent auburn mais peuvent aussi parfois être blancs. Dans presque toutes les croyances, leurs yeux sont rouges du fait de leurs larmoiements continuels et intarissables. Par ces changements d’apparences, elles reprennent la singularité de la Déesse irlandaise de la nature, aux trois noms et trois visages : Babd, Morrigan et Macha. Tout comme elles, les Banshees ont de nombreux pouvoirs et savent généralement voler et pour ce faire, elles se transforment en corbeau : cet animal qui a toujours symbolisé la mort chez les peuples celtes mais peuvent apparaître aussi sous la forme d’une corneille, d’un rouge-gorge ou d’un roitelet.
Du point de vue du lieu où l’on peut l’apercevoir, elle marche souvent dans les landes la nuit ou se situe près d’un cours d’eau où elle se lamente en lavant le linceul du futur décédé. C’est notamment le cas pour les lavandières de nuit bretonnes souvent assimilées aux Banshees.
Chaque grande famille irlandaise avait sa propre Banshee et celle-ci suivait la famille si elle déménageait dans un autre pays.
Des évolutions données à ces créatures de légendes ont montré plus tard que c’est la personne qui entendait la Banshee qui allait mourir dans un avenir proche. Dans d’autres contrées celtiques, elles deviennent carrément celles qui viennent chercher une âme lorsque l’heure dernière a sonné. Dans ce cas, elles sont convoyées par un carrosse fantomatique, guidé par un cocher sans tête.
Certains pensent qu’il s’agit d’une dégénérescence d’une autre déité de la mythologie celtique, la Bandish qui initialement était une messagère de l’autre monde (le Sidh) et servait d’intermédiaire entre les Dieux des Thuata Dé Danann et les hommes.
Mais dans tous les cas, les Banshees ne sont pas des esprits malfaisants, ce sont des esprits neutres qui remplissent leur rôle de messager de la mort et en ceci elles sont respectées.
Plus tard, en France, on a voulu rapprocher la Banshee de la Dame Blanche et il est clair que dans certains cas leur personnage trouble et complexe possède les même caractéristiques, notamment cela a été le cas pour la Dame du palais des Bourbons qui se manifestait la veille de la mort d’un des membres de cette famille. Mais la plupart du temps, la Dame Blanche de nos régions se différencie aisément de la Banshee car son rôle est de prévenir d’un danger, d’être sur un lieu où la mort a déjà frappé pour éviter que le drame ne se répète ou alors dans le pire des cas, la Dame Blanche est un fantôme de l’au-delà qui a été fauchée lors d’un terrible accident et qui veut entraîner avec elle d’autres personnes pour se venger.
Aujourd’hui, la légende de la Banshee est toujours présente dans le monde littéraire de la Fantasy, dans certains jeux de rôles et jeux vidéo mais aussi dans certains comics comme « Les X-Men » où le personnage de la Banshee se prénomme « Le Hurleur », sait voler et détruit ce qu’il veut sur son passage grâce à son cri strident qui peut aussi endormir ou assommer ses ennemis.
Odéliane.