Musique
Posté le 10.05.2008 par arcaneslyriques
QNTAL
Le groupe allemand QNTAL, souvent qualifié d’électro-médiéval, a su développer un style unique, d’emblée reconnaissable. Quelques notes – portées par la voie de la chanteuse Syrah – suffisent pour entrer dans un univers tout à la fois féerique, romantique, mélancolique, mystérieux ou encore épique.
Ce groupe se caractérise avant tout par un mélange de musique médiévale et de sons beaucoup plus contemporains. Electro-médiéval donc, mais pas uniquement.
QNTAL revisite non seulement la musique médiévale - comme les Carmina Burana ou les Cantigas de Santa Maria - mais encore la musique ancienne plus globalement : musique de la Renaissance, musique baroque… Citons par exemple le titre VII « Flow » de l’album Ozymandias qui s’inspire de J. Dowland ou encore le titre XI « Passaglia » de l’album Translucida qui rend hommage à A. Vivaldi.
En outre, les thématiques médiévales, à l’instar de celle de l’amour courtois présente dans l’album Tristan und Isolde, se teintent parfois de romantisme : Ozymandias est ainsi une référence explicite à un poème de Percy Shelley du XIXe siècle ; Emily Brontë est, quant à elle, à l’honneur dans Translucida (cf. titre VII « Words of light »).
Notons enfin que la place de l’électronique varie au gré des albums et des morceaux. Particulièrement audible dans les deux premiers albums, qui semblent d’ailleurs plus expérimentaux que les suivants, elle reste présente mais de manière moins ostensible dans les quatre autres albums.
Finalement, QNTAL est bien plus qu’un groupe d’électro-médiéval parmi d’autres. Syncrétiste, ce groupe allie magistralement musique ancienne et contemporaine. L’œuvre de QNTAL est un pont entre ses diverses sources d’inspiration : la variété des sons (qui sont parfois proches du bruitage) et des instruments ou encore la multiplicité des langues utilisées (français, allemand, anglais…) en témoignent.
Discographie :
1992 : QNTAL
1995 : QNTAL II
2003 : QNTAL III, Tristan und Isolde
2005 : QNTAL IV, Ozymandias
2006 : QNTAL V, Silver Swann
2008 : QNTAL VI, Translucida
Arianne de Blenniac pour la réunion du 20/04/08.
Posté le 13.02.2008 par arcaneslyriques
Stanislas, l’équilibre instable
Stanislas est un chanteur de variété française aux allures de Dandy romantique. Il possède de nombreuses cordes à son arc car il est à la fois chanteur, chef d’orchestre, compositeur, musicien, arrangeur et professeur de musique.
De son véritable nom Louis Stanislas Renoult, il est né à Paris en 1973 et va très vite se passionner pour la musique classique. A 11 ans il s’intéresse au solfège et à la théorie musicale puis fera partie de la chorale des solistes de l’opéra de Paris. A 12 ans, il montera même sur la scène du Palais Garnier pour y interpréter « Macbeth » puis « La Tosca » aux côtés de Luciano Pavarotti. Ce qui ne l’empêchera pas par la suite de chanter dans un groupe de rock, intitulé Lacrima.
Etudiant à l’école normale de Musique, il décroche son diplôme de direction d’orchestre tout en gardant le désir de pouvoir sortir un album en solo. Ses premières maquettes de chansons se font avec son frère Thibault mais celles-ci ne parviennent pas à convaincre les maisons de disques qui trouvent les chansons trop compliquées et la voix de Stanislas trop aiguë.
C’est finalement sa rencontre avec le chanteur Calogero qui va lui ouvrir bien des portes en lui faisant découvrir le monde des variétés. Parallèlement à son futur projet d’album en solo, Stanislas va fonder Pure Orchestra, un groupe d’électro-dance avec Gioacchino, le frère de Calogero.
En 2004 il commence l’écriture de son propre album et décide d’entamer une nouvelle collaboration avec son frère Thibault avec qui il écrira l’album « Les pas perdus ». Mais c’est en novembre 2007, que son tout premier album « L’équilibre instable » sortira enfin chez Polydor/Universal. Les 13 chansons qui le composent puisent leur inspiration musicale dans des genres très différents comme U2, Gainsbourg, Chopin, Vivaldi, Aha, Tears for Fears, Debussy… alliant à merveille la musique classique à une sonorité Pop et contemporaine.
« Le Manège » est le premier extrait de cet album très remarqué par les critiques. La mélodie est aérienne, planante et le texte léger et envoûtant à la fois. Le refrain est facile à retenir et la voix du chanteur très pure, dégagée de tout artifice vocal.
Le clip, quant à lui, vient renforcer les images qui peuvent se dégager de la chanson. On y voit Stanislas dans un décor enneigé. Il semble isolé comme abandonné sur un morceau de glace entouré par les eaux et il tournoie, tournoie sur ce manège précaire qu’il associe volontiers au déroulement de la vie, à son côté étourdissant et surprenant.
Le deuxième extrait « La Débâcle des sentiments » en duo avec Calogero est beaucoup plus rythmée et vient casser la mélodie très douce du départ pour donner un style beaucoup plus rock, plus vif qui va se retrouver en totale harmonie avec le texte de la chanson. Le vocabulaire qui en émerge reprend l’imagerie associée à la guerre, à la violence de ses combats mais aussi à son côté absurde.
C’est une histoire d’amour qui nous est raconté mais une histoire d’amour qui finit mal, comme sur un champ de bataille…
Il est à souligner que la voix des deux chanteurs se marient prodigieusement et qu’il devient parfois difficile de les distinguer.
Tous les titres de l’album sont chantés d’une voix cristalline, épurée et presque aérienne alors que les textes sont plutôt empruntés à une mélancolie langoureuse, bien ancrée et parfois saillante à bien des égards. L’écriture de l’album oscille entre une solitude douloureuse et les aléas d’une vie amoureuse pourtant déstabilisante. D’autres thèmes sont également abordés comme la nostalgie de l’enfance dans la chanson « L’âge bête », la peur face aux lendemains dans « Nouveau Big Bang », au temps qui fuit et qu’on ne peut rattraper dans « Mémoire Morte ». Mais généralement la plupart des chansons fait référence à toutes les étapes d’un amour déçu, manqué ou qui finit par s’éteindre de lui-même comme dans les chansons suivantes : « La Belle de mai », « Les lignes de ma main », « La débâcle des sentiments », « Entre deux femmes », « Ana quand bien même », « Le temps des roses » et « A d’autres » où le chanteur se désole avec poésie d’avoir connu l’amour, de l’avoir pourtant laisser filer pour ensuite voir avec amertume son âme-sœur se blottir dans d’autres bras.
De toutes ces chansons entêtantes et mélodieuses on en garde un souvenir nostalgique et précieux, où le temps d’un album la magie des mots évanescents s’est associée à la voix d’un ange…
Odéliane.
Posté le 26.11.2007 par PerCeVaL
LA FILLE D'OCTOBRE
La Fille d’Octobre est un tout nouveau groupe français qui vient de sortir son premier album le 12 octobre dernier et donné son premier vrai concert le 29 octobre.
La musique et les paroles de ce groupe se composent sous la forme d’un « concept Album ». Concept enrichit et complété par les photographies de Franck Glénisson qui « habille » à merveille l’univers tourmenté du groupe.
Leur album joliment nommé « Hurle-vent » nous entraîne dans une histoire teintée de fantastique et de romantisme. Chaque chanson se déroulant comme les séquences d’un film aux scènes tour à tour bouleversantes et cruelles avec comme point d’orgue un étourdissant final.
Il est très difficile de vouloir comparer La Fille d’octobre avec le paysage musical actuel, inventeurs et pionniers en la matière, ils peuvent se glorifier d’avoir créé un univers particulier, un genre unique qui leur va comme un gant. Qualifions donc leur création de variété pop/ gothique, de lyrique orchestral et cinématographique !
Leurs influences musicales empreintes sur certaines compositions aux arpèges filmographiques de Danny Elfman (compositeur pour les films de Tim Burton) pour par exemple les chansons « Trop d’amour tue » ou encore « Sur ma lune ». D’autres reçoivent de plein fouet les assauts lyriques/gothiques de « Within Temptation » par exemple pour la chanson « Sous les nénuphars » entre autre. D’autres encore resteront dans le schéma classique des compositions musicales à grand spectacle tel « Le Roi Soleil » avec la chanson « Tout doit brûler ». Autant de genres différents qui rassemblés intégralement ou en partie sur certains morceaux donnent (enfin) naissance à un nouveau style musical ! C’est donc un beau tour de force et rien que du bonheur pour nos oreilles !
La Fille d’Octobre se compose de trois grands talents :
- Tout d’abord sa chanteuse, Malaurie Duffaud, possède beaucoup de cordes à son arc, passant avec allégresse du cours Florent au conservatoire à Montpellier, pratiquant entre autre le théâtre, la danse, le piano, et c’est surtout par sa voix que Malaurie trouvera sa vraie…voie ! Participant à divers spectacles musicaux, elle découvre en tant que choriste l’univers Pop/Rock avec le groupe Nova puis devient par la magie des rencontres la chanteuse du groupe et ce pour notre plus grande joie !
- Le parcours du compositeur Christophe Houssin quant à lui passe par les notes du piano, l’envoûtant depuis l’âge de 8 ans ! Eclectique s’il en est, Christophe arrange, réalise et mixe lui-même ses propres compositions… ou celles des autres. Travaillant souvent avec un beau fil d’Ariane nommé Nolwen. Ses œuvres se déclinent par des compositions toujours mélodiques, orchestrales mais flirtant aussi avec les arcanes musicaux du groupe Rock progressif Cafeïne.
- Pour finir les textes du parolier Franck Harscouet conjuguent avec talent toutes ses passions pour le fantastique et le romantisme exacerbé. Exerçant tout d’abord une myriade de facettes artistiques comme la mise en scène, la création de costume, de décors, Franck fait feu de tout bois, et joue aussi la comédie au théâtre ! Venant à la musique tout naturellement après un tel parcours, il écrit en autre une chanson pour Nolwen et poursuit en beauté son aventure en tant que parolier avec La Fille d’Octobre.
De tout le concept général du projet musical d’ « Hurle-Vent » c’est sans aucun doute les textes qui forment l’essentiel de la clé de voûte à l’édifice.
Le mot « poésie » vient de suite à l’esprit et c’est une poésie forcément empreinte d’une forte teneur en mélancolie. Alcool poétique donc qui nous invite à boire toutes ces paroles sans aucune modération.
Quant à la construction des textes même, de nombreuses références sont faites à la mythologie avec par exemple le mythe d’Icare, aux contes de fées avec des allusions à Peau d’âne, la belle au bois dormant, le chat botté, le petit poucet, Aladin… A certains personnages historiques tel Casanova de Seingalt, célèbre aventurier galant de Venise.
Le romantisme littéraire est très présent avec une abondance de termes faisant référence à la faune (L’oiseau, le hibou, le corbeau) et à la flore ( les chardons, les pivoines de Chine, le lotus, les nénuphars…) mais aussi à l’écoulement du temps (Le crépuscule, l’Aube…)et au passage des saisons dont la chanson du même titre est inspiré du poème « Au bord de l’infini » de Victor Hugo.
Passée l’introduction musicale, la première chanson démarre par le titre énigmatique de « Sous les nénuphars ». Notons au passage qu’un fil conducteur s’égrènera tout au long de l’album par de courtes « plages musicales », invitant l’auditeur à la méditation.
L’histoire d’ « Hurle-Vent » débute par la douleur que s’inflige l’héroïne sous la forme métaphysique d’une noyade dans un lac. Ses réflexions devant l’amener à pouvoir surmonter ses peines et voir l’avenir sous un jour nouveau. C’est donc un voyage introspectif et personnel qui nous est proposé, fait de sentiments contradictoires mais toujours empreints de mélancolie et de lassitude.
Recherchant avant tout l’amour, l’héroïne se démène par presque tous les moyens pour y parvenir en usant par exemple de sa séduction exacerbée ou de sa douceur envoûtante. Voulant se débarrasser de son passé pour renaître tel un phénix, La fille d’Octobre se veut au travers de chaque chanson prendre le dessus sur ses souffrances et rencontrer enfin l’amour tant attendu, tant sublimé.
Après un album d’une telle richesse musicale et littéraire, leur concert à « La Boule noire » fut la confirmation d’un réel talent.
Avec un décor intimiste fait de teintes d’Automne ( présence sur la scène de branches et de feuilles d’Automne), une présentation soignée avec par exemple les costumes des musiciens (identiques et originaux faisant parfois penser aux protagonistes du livre d’Anthony Burgess, « Orange Mécanique) et plus encore de la chanteuse qui a chaque tenue ne cesse de nous faire voyager à travers d’autres époques et d’autres mondes imaginaires (robes du 19ème siècle, manteau de contes de Fées, cape du Petit Chaperon rouge…)
L’orchestration était rythmée, précise avec un niveau technique d’une rare qualité. L’amalgame des instruments modernes (Batterie, Basse…) aux instruments classiques (violoncelle, xylophone…) donnait un charme certain à cette musique sans âge, ni époque. Le public pouvait se sentir transporté d’émotions à chaque chanson ; le violoncelle ayant une part importante dans cet effet. La voix de la chanteuse était puissante, maîtrisée, chaque vocalisme venait parfaire cet ensemble. La tonalité musicale du concert apporte donc quelque chose de nouveau aux rythmes de l’album, donnant des accentuations plus fortes à chaque instrument.